Alban CHOINIER : parcours d’un passionné de pêche (🔥+ code PROMO RAPALA / VMC)

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Quand vous sortez un Rapala de votre boîte, vous tenez entre vos mains bien plus qu’un simple morceau de bois et de métal. Vous tenez le fruit d’un processus de création minutieux, orchestré par un homme discret mais omniprésent dans l’industrie de la pêche depuis 25 ans. Son nom ? Alban Choinier.

Responsable du développement produit chez Rapala pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud, Alban est l’architecte invisible de ces innovations qui ont transformé notre façon de pêcher. Plus encore, c’est lui qui a introduit en France le float tube moderne, popularisé le casting, et importé les premiers Lucky Craft. Pourtant, son visage reste méconnu du grand public.

Rencontre avec un homme qui préfère façonner l’avenir de la pêche plutôt que collectionner les likes sur Instagram.

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L’Histoire commence devant un poissonnier

L’anecdote pourrait sembler inventée, mais elle dit tout de la vocation d’Alban. « Ma mère m’a toujours raconté qu’un jour elle m’a perdu au marché. Elle m’a retrouvé devant le poissonnier, en train de toucher les poissons. Une autre fois, même scénario. » Le gamin fasciné par les écailles deviendra l’un des acteurs les plus influents de l’industrie de la pêche.

Sans aucun pêcheur dans sa famille, Alban découvre sa passion au Bois de Vincennes, ces deux lacs parisiens où tant de carrières se sont forgées. C’est là qu’il fait la rencontre déterminante : John Lee Welling, membre de l’équipe d’Angleterre de pêche à la carpe, qui s’entraîne pour les Jeux Olympiques de Séoul.

« Il pêchait avec du matériel hyper moderne, aux cheveux, à la bouillette. Il prenait des carpes que nous on ne voyait jamais, » raconte Alban. Cette rencontre sera le premier maillon d’une chaîne de relations qui le mènera au sommet de l’industrie. Car si Alban a réussi, c’est avant tout grâce aux rencontres. « Dans la vie, c’est que des rencontres, comment tu évolues et les personnes que tu rencontres. »

De Pacific Pêche à l’aventure Florida Fields

En 1999, Alban doit partir faire son service militaire en Forêt-Noire. Pas franchement emballé par cette perspective, il décroche un CDI chez Pacific Pêche pour y échapper. « J’étais vraiment pas ultra motivé pour aller faire des truites dans la Forêt-Noire alors que je devais partir sur un truc passionnant en Afrique. »

Ce qui devait être un simple arrangement devient une révélation. En six mois, Alban double le chiffre d’affaires du rayon mer. Le PDG Paul Herrera le remarque, le teste incognito (Alban le prend pour un client lambda), et lui confie la direction de Pacific Adventure, le magasin premium de Paris-Bercy. « C’était un magasin vraiment haut de gamme. On avait des gens du monde entier qui venaient. »

Mais la vraie révolution commence en 2004 avec Florida Fields, la société d’importation qu’il crée avec son ami Gilles. Leur mission ? Apporter en France les innovations américaines qui manquent cruellement aux pêcheurs européens. Au catalogue : les cannes 5 Csaint croix, les moulinets Lews, les lunettes Costa, et surtout… les float tubes Outcast.

« Quand j’arrivais dans les magasins pour vendre des float tubes, les gens me prenaient pour un fou. Ils me disaient ‘personne ne va monter là-dessus pour aller pêcher le carnassier’. » Vingt ans plus tard, le float tube est devenu incontournable.

Le Pionnier de la pêche moderne en France

Ce que peu de pêcheurs savent, c’est qu’Alban est directement responsable de plusieurs révolutions techniques dans la pêche française.

Le fluorocarbone ? « Je suis le premier à avoir apporté du fluorocarbone en France, à avoir écrit des articles dessus. Maintenant tout le monde trouve ça normal. »

La pêche au jerkbait ? « Les premiers articles sur le jerk, c’est moi qui les ai écrits. »

Le casting moderne ? Encore lui, qui s’est « défoncé pour les magasins pour vendre des cannes Monobrein, pour expliquer comment on s’en servait. »

Cette obsession du partage traverse toute sa carrière. Pendant dix ans, Alban donne des cours dans une école de guide de pêche. Parmi ses élèves : Pierre Mongeret, aujourd’hui guide reconnu. « Pierre, je l’ai eu en cours quand il prenait son diplôme, » sourit-il.

Les magazines aussi ont été un vecteur de transmission. Predator Magazine (où il fait la couverture du numéro 1), Voyage de Pêche, Media Carp, Top Carp… Alban a écrit des centaines d’articles techniques, filmé des dizaines de vidéos avec Videotel. « Pour moi, c’est vraiment le plus important, c’est le partage. »

Dans les coulisses de l’empire Rapala

Après sept ans chez Pure Fishing (où il dirige notamment la marque Berkley pour l’Europe), Alban rejoint Rapala en 2021. Un retour aux sources pour celui qui a commencé à pêcher avec des Rapalas offerts pour ses anniversaires. « C’était tellement précieux que je n’osais même pas les mettre dans l’eau. Ou alors je les lançais là où il n’y avait aucun poisson. »

Aujourd’hui, il est aux commandes du développement produit pour une grande partie de la planète. Les chiffres donnent le vertige : entre 500 000 et 600 000 leurres produits chaque mois, deux usines (Finlande et Estonie), six designers, 200 personnes en production. « Rapala, c’est le plus gros fabricant de leurres au monde. »

Ce qui impressionne le plus Alban ? La dimension artisanale malgré l’échelle industrielle. « Chaque leurre en bois est testé manuellement. Des nanas sont devant une baignoire, elles prennent le leurre, le mettent dans l’eau, vérifient si ça nage droit. Si ça nage pas droit, elles le règlent. » Un savoir-faire unique qui explique pourquoi un Rapala en bois nage toujours parfaitement droit, même après des années dans votre boîte.

Comment naît un leurre Rapala ?

Le processus fascine. Tout commence par un simple dessin sur papier dans le bureau d’Alban. « Voilà comment ça commence. J’ai mes dessins, » nous montre-t-il en ouvrant son carnet. Ces croquis avec leurs côtes et proportions sont ensuite transformés en modèles 3D par les designers finlandais. Puis vient la magie de l’impression 3D pour les premiers tests de nage dans les bassins de l’usine.

« Quand ça nous plaît à peu près, on crée un moule avec une seule cavité. Là on peut injecter du vrai ABS, du vrai plastique, et on a un prototype péchant. » Ces prototypes partent ensuite aux quatre coins du monde, vers un réseau de testeurs triés sur le volet. « C’est clair avec les testeurs : tu envoies un prototype, le produit il est bon, deux semaines plus tard il t’appelle ‘je l’ai perdu, est-ce que tu peux m’en envoyer un autre’. Si le truc il est pas bon, t’as pas de son, pas d’image. »

L’innovation la plus visible ? Le Screwdriver System, ce système de lest en tungstène qui se visse sous le leurre pour modifier sa profondeur de nage. « Sur le marché, ça n’existait pas. Tu n’avais aucun leurre sur lequel tu peux changer le poids pour que ton leurre change de profondeur. » Une vraie révolution, désormais présente sur presque toute la gamme brochet.

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L’Engagement écologique caché

Ce que personne ne sait, c’est que Rapala est probablement la marque la plus écologique du marché. « Notre CEO est très strict là-dessus. La Finlande est un pays extrêmement drastique sur l’écologie. »

Concrètement ?

– 50% de plastique recyclé dans les coloris opaques
– Packaging 100% carton sans plastique pour les nouvelles références
– Production sans plomb depuis des années
– Peintures non polluantes

« Tous nos leurres, c’est 50% recyclé. Tu ne le vois pas, mais ils sont noirs en dessous. Le plastique recyclé est noir, donc on s’en sert pour les coloris opaques où on ne voit pas en dessous. »

Et contrairement aux leurres chinois qui traversent la planète, les Rapala sont livrés en 24 heures depuis l’Estonie. « Nous on est livré en 24 heures, on a un impact environnemental qui est très faible. »

40 Pays et un Tarpon de 116 Kilos

Au-delà du bureau de design, Alban est avant tout un pêcheur. Un vrai. Quarante pays visités, plus de 150 voyages de pêche. « Je pars entre deux et cinq fois par an à l’étranger. » Guinée-Bissau, Sénégal, Indonésie, Norvège, États-Unis… La planète entière est son terrain de jeu.

Le souvenir le plus fort ? Un tarpon de 116 kilos capturé en Guinée-Bissau avec son ami Patrick Sébile. « C’est un poisson que j’ai combattu 3h30 sur une canne spinning de 2m10 en 30 livres. C’est le seul tarpon que j’ai tué. J’en ai pris plus d’une centaine. » Ce poisson reste l’un des plus gros tarpons jamais capturés au monde.

Autre souvenir marquant : le record du monde d’oilfish à 80 kilos en Indonésie. « Les locaux nous parlaient d’un poisson qui a une chair magique, qui vit très profond avec les yeux bleus. On s’est mis à 600 mètres avec des jigs de 700 grammes. » Une espèce rare, une nouvelle découverte, un ami avec qui partager. « Pour moi, tu as tous les ingrédients pour faire un super souvenir. »

Car c’est là le secret d’Alban : pour lui, le poisson n’est jamais seul. « Mes souvenirs de pêche sont liés avec les personnes avec qui je les partage. Tu peux faire le plus gros poisson tout seul, c’est pas pareil que si tu le partages avec un ami. »

Quand le Live Sonar chamboule tout

Responsable d’un territoire immense, Alban suit de près l’évolution des marchés. Et ce qui se passe actuellement aux États-Unis le passionne autant que ça l’inquiète. Le Front Facing Sonar (Live Sonar) est en train de révolutionner la pêche du black bass.

« Aux États-Unis, le marché du leurre dur est en train de descendre et le marché du leurre souple remonte. On est à moins 20% sur les crankbaits. » Les pêcheurs américains, habitués aux crankbaits et aux spinnerbaits, se convertissent massivement aux leurres souples finesse. « Maintenant avec l’apparition des nouvelles technologies, les gens trouvent ça normal de pêcher avec un leurre souple finesse de 20 cm. »

La réponse de Rapala ? Crush City, une gamme complète de leurres souples qui cartonne déjà outre-Atlantique. « C’est la première fois que Rapala arrive avec des leurres souples. Aux États-Unis ça fait un carton. » Le modèle phare ? Le Freeloader, « une sorte de finesse un peu plus gros devant, un truc qui ressemble à pas grand chose mais qui correspond vraiment au black bass. »

Le marché français, une exception mondiale

Après avoir visité des magasins sur tous les continents, Alban a une certitude : les pêcheurs français sont parmi les meilleurs techniciens au monde. « Tu ne trouveras jamais une telle profondeur d’offres et un nombre aussi important de marques que dans un magasin français. Tu vas chez Bass Pro Shop aux États-Unis, tu as dix fois moins d’offre. »

La raison ? « On n’a pas beaucoup de poissons. On est obligé de pêcher un peu plus fin, de se creuser les méninges. » Cette contrainte a forgé des pêcheurs polyvalents, capables de maîtriser toutes les techniques : du power fishing américain à la finesse japonaise, de la verticale au big bait. « Tu prends un bon pêcheur français, il est aussi bien capable de faire du power fishing que d’aller pêcher en drop shot ou en verticale. »

Autre atout : l’influence multiculturelle. La France a été le premier pays européen à recevoir Lucky Craft fin des années 90 grâce à Hiroshi Takahashi et son Yellow Bass. « On a eu les leurres japonais avant tout le monde. On est beaucoup plus en avance que les Américains. » Résultat : les magasins français proposent simultanément des produits américains, japonais et européens, créant une richesse d’offre unique.

La philosophie du leurre ultime

Si Alban ne devait garder qu’un seul leurre jusqu’à la fin de ses jours ? « Une cuiller ondulante. » La réponse surprend, mais la logique est imparable. « Ça ne s’use pas, ça ne s’abîme pas, ça se lance loin, ça pêche à toutes les profondeurs. J’ai tout pris à l’ondulante partout dans le monde. »

En mer comme en eau douce, du peacock bass aux carangues, de la truite au brochet, la cuiller ondulante fonctionne toujours. « Si je devais me nourrir, si j’avais que ça toute l’année, je prendrais ça. »

Et la couleur universelle ? « Le orange. Tu peux pêcher partout dans le monde avec du orange et tu prendras des poissons. Même en mer, ça fonctionne. » Une couleur qui ne ressemble à rien de naturel mais qui déclenche les attaques sur toutes les espèces.

« Je ne cours pas après la gloire »

Voilà 25 ans qu’Alban évolue au plus haut niveau de l’industrie. Il a côtoyé Patrick Sébile, Hiroshi Takahashi, Tanguy Marlin, Thomas Vogels, Sylvain Legendre. Il a écrit pour tous les grands magazines, tourné des films primés (dont « Katrina After the Storm » qui a remporté un Telly Award), guidé des centaines de pêcheurs sur tous les continents.

Pourtant, son visage reste peu connu du grand public. Pourquoi ? « Parce que je ne cours pas après. Ma satisfaction, c’est de voir les produits que j’ai conçus sur les rayons dans le monde entier. C’est de voir les guides de pêche que j’ai formés il y a 15 ans qui ont super bien évolué. C’est d’emmener des gamins à la pêche et de leur faire prendre leur premier brochet. »

Une humilité qui tranche avec l’époque des réseaux sociaux. « Savoir que t’as 20 000 ou 30 000 personnes qui te suivent, c’est comme être riche au Monopoly. Ce qui me fait vraiment plaisir, c’est les gens qui viennent me voir et qui me disent ‘Rapala, sur les dernières années ça a vachement évolué’. »

Son message aux jeunes pêcheurs est limpide : « Pêchez avant tout pour vous faire plaisir, avant de pêcher pour vos réseaux sociaux. Des fois j’ai l’impression qu’ils ne vivent pas leur moment. Au lieu d’en profiter de leur poisson, ils sont juste en train de se demander si la photo va être belle. Détends-toi, regarde où t’es, profite de ton poisson. »

L’héritage d’un discret révolutionnaire

Quand on dresse le bilan, la contribution d’Alban Choinier à la pêche française est immense. Il a introduit le float tube moderne, popularisé le casting, importé le fluorocarbone, écrit les premiers articles sur le jerkbait, formé des dizaines de guides, créé des centaines d’innovations chez Rapala.

« Ce qui me fait plaisir, c’est d’avoir fait évoluer ma passion. Le fluorocarbone, le float tube, le casting… Maintenant tout le monde trouve ça normal. Mais en fait, moi ce qui me fait plaisir, c’est d’avoir fait évoluer tout ça. »

Aujourd’hui, à chaque fois que vous pêchez en float tube, que vous montez un bas de ligne en fluorocarbone, que vous lancez un jerkbait en casting, vous profitez du travail de cet homme discret qui a consacré sa vie à faire progresser notre passion.

Et quand vous sortirez votre prochain Rapala de la boîte, vous saurez qu’il a été dessiné, testé, affiné par quelqu’un qui connaît la pêche de l’intérieur. Quelqu’un qui a pris un tarpon de 116 kilos après 3h30 de combat. Quelqu’un qui préfère partager que paraître.

Quelqu’un qui, au fond, est exactement le pêcheur que nous devrions tous aspirer à être.