Il y a des marques qu’on associe à une époque. Pour beaucoup de pêcheurs aux leurres qui ont commencé dans les années 2000, HPA, c’était une évidence. La sacoche HPA, les pinces HPA, les petits accessoires qui passaient de génération en génération sans jamais lâcher. Puis la marque s’est faite plus discrète, d’autres acteurs ont occupé le terrain, et toute une nouvelle vague de pêcheurs a grandi sans jamais entendre parler d’elle.
2026 marque son retour assumé. Nouveau mouvement de Pro Staff, communication relancée, gamme retravaillée. Et au-delà du buzz, ce qui frappe quand on remet les mains sur leurs produits, c’est que les pinces qu’on avait achetées il y a 15 ou 20 ans fonctionnent toujours. Pas usées, pas désaxées, pas rouillées malgré des voyages en Sibérie, des étés en polder hollandais, des hivers à traquer le bar sur les côtes de la Manche.
C’est cette permanence qui méritait qu’on s’y attarde. On a passé un long moment avec Milan Ometak, guide de pêche qui partage son temps entre le brochet en mer Baltique et le thon rouge sur la côte d’Audierne, pour comprendre ce qui fait la singularité de cette gamme et comment elle s’utilise vraiment sur le terrain.
Le profil de Milan : un couteau suisse de la pêche aux leurres
Avant d’entrer dans le détail des pinces, un mot sur l’homme qui nous les présente. Milan pêche de la truite à la mouche jusqu’au thon en spinning sur chasse, sans hiérarchie entre les espèces. Il guide professionnellement sur deux fronts très différents :
- Le brochet en mer Baltique, une pêche ciblée dans un milieu particulier où les poissons cohabitent avec une eau saumâtre et des conditions exigeantes,
- Le thon, le requin et le multi-espèces en Bretagne, du côté d’Audierne, dans cette zone qui s’étend de la Rade de Brest aux Glénan en passant par la baie de Douarnenez, Penmarc’h et le Pays Basque pour les très gros poissons.
Cette polyvalence en fait l’interlocuteur idéal pour parler d’accessoires : il use chaque outil dans des contextes radicalement différents et finit par savoir exactement lequel sert à quoi.

Ce qui distingue techniquement une pince HPA
Trois éléments reviennent systématiquement quand on examine la gamme, et ils expliquent à eux seuls la longévité dont parlent les anciens utilisateurs.
La charnière centrale
C’est probablement le point le plus important et le moins visible. Sur la plupart des pinces du marché, deux pièces de métal viennent se croiser et tourner l’une contre l’autre. Avec le temps et la contrainte (surtout sur les gros diamètres), elles finissent par bailler, ce petit jeu latéral qui transforme une pince précise en outil approximatif.
HPA utilise un système où l’axe traverse une pièce en U plutôt que de simplement assembler deux plats. Conséquence mécanique : la pince ne peut pas se désaxer, même après des années d’utilisation intensive sur des anneaux brisés costauds ou des bas de ligne épais.
L’inox qualité marine
Toute la gamme est taillée dans un inox marine. Pour un pêcheur qui alterne eau douce et eau salée, ce qui est de plus en plus courant en France, c’est une vraie tranquillité. Un rinçage à l’eau claire après une sortie en mer, un coup de chiffon, et la pince repart pour une saison.
La garantie à vie
C’est l’engagement qui change l’équation économique. À 40-60 € selon les modèles, une pince HPA peut sembler plus chère qu’un premier prix. Mais sur 15 à 20 ans d’utilisation (et c’est la durée réaliste, pas une promesse marketing), le coût annuel devient ridicule. Si la pince rouille, casse ou se désaxe, elle est remplacée.
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Le tour de gamme avec Milan
Pour couper : Hulkcut et HD Cut
La première chose qu’on fait en arrivant au bord de l’eau, c’est monter son bas de ligne. Et donc couper du fil. HPA propose deux paires de ciseaux complémentaires.
Le Hulkcut est une petite paire de ciseaux à lames céramique. Une lame droite, une lame micro-crantée. La céramique offre une coupe nette sur la tresse (même les plus grosses) et sur le fluorocarbone jusqu’à 35-40/100. La lame crantée empêche le fil de glisser au moment de la coupe, détail anodin en théorie, libérateur en pratique quand on fait dix nœuds de raccord dans la journée.
💡 À savoir : la céramique ne s’aiguise pas et ne s’use pas, mais elle casse. Ne les faites pas tomber sur les cailloux, et surtout ne les utilisez jamais sur du métal, vous les détruiriez instantanément.
Le HD Cut prend le relais sur les gros diamètres. Capable de couper du fluoro jusqu’au 90-100/100, il intègre aussi une petite zone coupe-métal qui sectionne proprement les bas de ligne titane et les barils. Pour les pêcheurs de brochet qui montent leurs propres bas de ligne, ou pour les pêcheurs en mer qui travaillent avec des shock leaders importants, c’est l’outil qui remplace plusieurs accessoires d’un coup. Bonus discret : trois petits trous dans la lame permettent d’y passer un hameçon pour serrer le nœud sans risquer de se piquer le doigt.

Pour les anneaux brisés : trois calibres selon la pratique
Ouvrir et refermer un anneau brisé sans le déformer, c’est l’opération la plus banale et la plus mal maîtrisée de la pêche aux leurres. Une pince inadaptée transforme un anneau parfaitement rond en ovale qui finira par lâcher sur la touche qu’on n’attendait pas. HPA décline trois modèles principaux.
La Deluxe Mini Player s’adresse aux pêcheurs de truite, de chevenne, de perche ou de petits bars. Acier inox chirurgical, becs très fins, ergot pointu au bout qui s’insère dans des anneaux jusqu’à 3 mm sans les forcer. Légère, pas de revêtement plastique sur les manches, parfaite pour les gilets de pêche à la mouche ou les ceintures street fishing.
La HPA Trooper est la polyvalente de la gamme. Elle couvre la pêche du bar, de la perche, du black-bass et du brochet sur des leurres standards, du jerkbait au swimbait moyen, du crankbait au shad monté. Charnière centrale, ressort de rappel, partie coupe-fil intégrée. C’est probablement la pince qu’utilise la majorité des pêcheurs aux leurres au quotidien.
La Seabass Player est sa grande sœur, légèrement plus longue, légèrement plus polyvalente. Si on ne devait recommander qu’une seule pince à un pêcheur qui débute en multi-espèces, c’est celle-ci. Elle gère les anneaux brisés du brochet comme du bar, elle dépanne pour décrocher quand on n’a pas mieux sous la main, et elle vit sur la ceinture toute l’année sans broncher.
🔧 Le détail qui change tout : privilégiez les anneaux brisés avec un méplat sur le côté plutôt que parfaitement ronds. La face plane résiste mieux à la déformation, exactement comme un tube de cuivre se tord facilement alors qu’un profilé rectangulaire est intordable. Combiné à une bonne pince, c’est l’assurance de moins perdre de poissons sur ouverture d’anneau.
Pour le gros : Big Game Player 250 et 350 livres
Ceux qui sont passés au big bait, au glidebait XXL ou aux swimbaits de 200-300 g connaissent le problème : les anneaux brisés des leurres haut de gamme sont calibrés en livres, plus en millimètres. On parle d’anneaux 250 livres, 350 livres, parfois équipés de barils à roulement aiguille type Torpedo. Aucune pince classique ne peut les ouvrir sans soit forcer (et les déformer), soit échouer purement et simplement.
La Big Game Player 250 livres ouvre les anneaux jusqu’à environ 8 mm. C’est la pince du pêcheur de brochet en big bait, mais aussi celle qui dépanne sur du thon léger en Méditerranée ou au Pays Basque.
La Big Game Player 350 livres est l’outil ultime, recherché dans le monde entier par les pêcheurs de gros (Amérique, Japon, destinations exotiques) parce qu’il n’a quasiment pas d’équivalent. Course d’ouverture très importante, capacité à travailler sur les barils Torpedo et les anneaux les plus massifs du marché. Milan en a deux en permanence sur son bateau quand il guide au thon : une à la ceinture, une dans la boîte, prête à prendre le relais.
⚠️ À noter : une pince ne développe sa pleine force qu’en position fermée. Utiliser une Big Game Player sur un petit anneau de jerkbait est contre-productif, vous risquez de le déformer. Le bon outil pour le bon calibre, toujours.
Pour décrocher : la Pike Plier
C’est l’outil que Milan recommande pour tous les pêcheurs de brochet, et plus largement pour ceux qui traquent des poissons à grande bouche : sandre, silure, mérou en voyage, gros bar.
La Pike Plier est une pince à long bec droit, conçue exclusivement pour extraire des hameçons piqués profondément. Pourquoi un bec droit et pas courbé ? La réponse est purement mécanique : un objet droit transmet la force jusqu’à son extrémité, un objet courbé non. Avec un bec droit, on voit ce qu’on fait, on garde toute sa force au bout, on extrait proprement. Les longues pinces à becs courbés qu’on voit fleurir un peu partout sont un compromis raté, perte de visibilité et perte de puissance.
Petit raffinement appréciable : la Pike Plier dispose d’un jeu en bas des manches qui permet, une fois la pince fermée sur l’hameçon, de continuer à appliquer de la pression. Quand un triple est piqué dans du solide, c’est cette course supplémentaire qui fait la différence entre un décrochage propre et une bataille de cinq minutes au-dessus de l’eau.
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Décrocher ou couper l’hameçon ? Une vraie question d’éthique
L’échange avec Milan nous a amenés sur un terrain plus large, qui dépasse la simple question de l’outil. Quand un brochet (ou n’importe quel poisson destiné au no-kill) est piqué dans une zone sensible, à proximité du cœur, derrière les arcs branchiaux, voire dans les arcs branchiaux eux-mêmes, deux écoles s’affrontent.
L’école traditionnelle décroche systématiquement, en estimant qu’un hameçon laissé dans le poisson finira par poser problème.
L’école plus récente considère qu’au-delà d’un certain seuil de piqûre profonde, couper l’hameçon est moins traumatisant que de tenter une extraction. Plusieurs grands brochets ont été recapturés avec preuves photo à l’appui après cette technique sur des poissons identifiés, ce qui semble valider l’approche pour les piqûres les plus délicates.
Milan reconnaît être en transition sur ce sujet : il décroche encore majoritairement, mais a commencé à couper sur les cas vraiment compliqués. Le débat reste ouvert et chacun se positionnera selon son éthique et son expérience. Mais dans les deux cas, vous avez besoin d’une pince adaptée, Pike Plier pour décrocher, ciseaux HD Cut ou pince coupante puissante pour sectionner.

Pour quel pêcheur, quelle pince ?
| Profil | Pinces recommandées |
|---|---|
| Pêcheur de truite, perche, chevenne | Hulkcut + Deluxe Mini Player |
| Pêcheur de brochet débutant | Pike Plier + Trooper |
| Pêcheur polyvalent (brochet + bar) | Pike Plier + Seabass Player + HD Cut |
| Pêcheur big bait / glidebait | Pike Plier + Big Game Player 250 lbs |
| Pêcheur exotique / thon / requin | Big Game Player 350 lbs + HD Cut |
L’esprit HPA, ou le pari de la durabilité
Au fond, ce qui ressort de cette traversée de gamme avec Milan, c’est moins une question d’outils qu’une question de philosophie d’achat. À une époque où le matériel de pêche se renouvelle à un rythme accéléré, où l’on est tenté de craquer pour la nouveauté à chaque salon, HPA propose un autre rapport au temps : on achète une fois, on garde longtemps.
Ce n’est pas la promesse la plus excitante du marketing moderne. Mais quand on croise des pêcheurs qui sortent leur Pike Plier de 2005 ou leur Seabass Player rapportée de Sibérie en 2008, encore parfaitement fonctionnelles, on se dit que cette approche a peut-être plus de sens qu’on ne veut bien l’admettre.
C’est probablement ce qui explique le retour en force de la marque en 2026 : à l’heure où les pêcheurs s’interrogent sur l’empreinte de leur pratique, sur la qualité réelle de leur matériel, sur la cohérence entre leurs valeurs et leurs achats, une pince garantie à vie a soudain beaucoup plus de sens qu’il y a dix ans.