Kevin Hernandez : 100 brochets métrés en un an sur le Léman, et pourquoi il a tout lâché
Interview au bord de l'eau avec Kevin Hernandez : les 100 brochets métrés d'une saison sur le Léman, la méthode pour trouver les 120+, l'histoire de l'AT Minnow, son regard sur le live, et pourquoi il est revenu à la carpe.
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Il y a une dizaine d’années, un pêcheur de 25 ans a posé un chiffre sur la table qui a fait tourner les têtes de tout le milieu carnassier français : cent brochets de plus d’un mètre en une seule saison, sur le Léman, à la pêche au leurre, sans sondeur live. Puis il a plus ou moins disparu des réseaux. Kevin Hernandez a accepté de revenir sur tout ça dans Tous des Tom Sawyer, et il l’a fait depuis sa chaise de pêche à la carpe, au bord du barrage de Grangent, en pleine préparation d’une compétition. Avec un départ en direct au milieu de l’interview, pour un poisson qu’il préfère qu’on oublie.
Pas de langue de bois, comme promis dans l’intro : la jalousie, les gens qui s’invitent sur son bateau, les équipes françaises en compétition internationale, le live et ses dégâts, les sponsors qu’il a quittés. Cet article reprend l’épisode dans l’ordre, avec les méthodes qu’il détaille et les anecdotes qu’il n’avait jamais racontées en vidéo.
Ce qu’on apprend dans l’épisode
Kevin a 37 ans, il est né près du barrage de Grangent dans la Loire, il vit dans le Jura et travaille en Suisse, au bord du Léman. Technicien de maintenance de formation, il a toujours travaillé les week-ends, ce qui lui a laissé un temps de pêche que les professionnels de la pêche eux-mêmes n’ont pas. Sa définition d’un bon pêcheur tient en un mot, la polyvalence : truite au ruisseau dans les bras de ses parents, pêche au coup en concours à 12 ans, carpe en club à l’adolescence jusqu’au championnat de France jeunes avec son frère, puis dix ans à 90 % de pêche au leurre, et depuis le Covid un retour franc à la carpe et au silure.

Deux idées structurent toute sa façon de pêcher. La première : il faut connaître par cœur trois choses, les mœurs du poisson, le milieu, et les caractéristiques mécaniques de chaque leurre, puis résoudre l’équation à plusieurs inconnues jusqu’à ce que le poisson soit dans l’épuisette. La seconde : il y a deux pêches qui ne s’opposent pas, celle du rendement et celle des très gros. Alterner les deux, c’est ce qui permet de garder la motivation, et surtout d’apprendre. Celui qui ne prend qu’une poignée de gros poissons dans l’année n’a rien compris, dit-il, il a eu de la chance. Pour comprendre, il faut en attraper beaucoup.
Un brochet de 1,21 m, une pochette de leurres et une bonne dose de rancune
L’histoire commence sur un salon à Clermont. Kevin, adolescent, publie ses prises sur un forum local. Sur le stand Savage Gear, Denis Cuereau le reconnaît grâce à la photo d’un brochet pris au 4Play, et lui glisse une pochette d’une dizaine de leurres. Pour Kevin c’est un trésor, et il pêche comme un fou pour le mériter. Quinze jours plus tard, fin janvier, en Loire, il sort une femelle de 1,21 m estimée à 17 kg avec un de ces leurres. Son premier métré.
Il le partage, et il découvre les travers de la pêche. Insultes, coups de chance, « il n’en attrapera jamais un autre ». Ça le blesse, et ça le nourrit. Il se jure d’en attraper un autre, se renseigne sur les eaux à gros brochets, découvre les lacs alpins dont presque personne ne parlait à part Sylvain Legendre et quelques pêcheurs à la traîne, et commence à faire trois heures de route depuis la Loire pour pêcher Annecy du bord, trois jours d’affilée, pour deux ou trois poissons de 90. Deux ans plus tard, un 15 août, il prend un 1,27 m du bord à Annecy, en passant la canne à son frère pour sauter une barrière d’1,50 m et plonger dans le lac. Ses parents sont là. Il a répondu à ceux qui l’avaient insulté, et il est accro.
Tout quitter pour le Léman : la voiture, la douche dans le lac et le camping
À force de traîner au bord des lacs, des pêcheurs qui travaillent en Suisse lui disent qu’avec son métier il trouverait du boulot là-bas. Il quitte son emploi dans la Loire, part un mois en Nouvelle-Zélande, et au retour attelle le bateau au 4×4 pour l’ouverture fin avril au Léman, à 23 ou 24 ans. Il pêche cinq jours par semaine, dort dans sa voiture, se douche dans le lac, et cherche du travail à la française, avec un CV misérable qu’il tend aux agences d’intérim. On lui explique que ça ne marche pas comme ça en Suisse : CV de trois pages, contacts de tous ses anciens employeurs, postuler en ligne d’abord. Il s’adapte, trouve une mission de trois semaines puis le poste qu’il occupe encore aujourd’hui. Deux mois au camping avec le biwy, le bed chair et le bateau à côté, puis un logement à l’automne, et il pêche, pêche, pêche.

Pour ceux que le métier intéresse, Yann a glissé dans la conversation qu’il connaît le sujet par cœur, et la fiche métier de technicien de maintenance industrielle est en lien dans la description de l’épisode.
Objectif 50, puis 100 : les 22 jours de sondage qui ont tout changé
La première saison est aléatoire, comme toujours sur un lac immense qu’on ne connaît pas. Kevin se replie souvent sur Annecy. En 2013 il finit à 34 ou 35 métrés, quand Arnaud Philippi, le guide de référence du Léman, finit la saison à 50 avec ses clients. Kevin se dit : pourquoi pas 50 l’an prochain. Pour y arriver, il passe l’hiver à sonder. Vingt-deux jours, seul, en janvier et février, à parcourir l’intégralité du pourtour du Léman de 0 à 30 mètres de fond, au 2D et au scan, sans cartographie. Mille points GPS : cassures, structures, herbiers, tout ce qui sort du lot.
Beaucoup de ces points ne serviront à rien, et certains auxquels il croyait énormément se révèleront nuls. D’autres, insignifiants à l’écran, une pente douce et sableuse sans rien de visible, se révèleront incroyables parce que les courants y passent et y amènent les poissons. Un poste très visuel attire les pêcheurs, pas forcément les brochets. Et pour trier les bons des mauvais, il n’y a qu’une méthode : les essayer, plusieurs fois, et accepter qu’un poste pêché trente fois dans l’année ne donne qu’une touche. Sauf que cette touche-là faisait 1,30 m et demi.
La saison 2014 démarre fort. À la mi-année il est déjà à l’objectif des 50. À l’automne il arrive vers 70-80 et l’idée des 100 s’installe. Il la médiatise sur les blogs Pure Fishing, surtout pour se forcer à cravacher, parce qu’une saison entière à chercher des métrés par tous les temps est éprouvante. Puis vient novembre, le froid, les traversées du désert à une touche par jour à la tombée de la nuit. 92, 93.
Endormi au ralenti dans la rade de Genève
Kevin le raconte pour la première fois en vidéo. Il travaille parfois de nuit. Un lundi matin, après sa nuit, incapable de perdre une journée de pêche à 90 métrés, il attelle son Nitro Z7 et part sur l’eau sans dormir. À 11 heures il réalise qu’il s’endort en crankant et ferre une touche par réflexe au milieu d’une micro-sieste. Il décide de manger un bout, moteur au ralenti, et il s’endort. Un petit choc le réveille : il est contre les quais de Genève, à cinq mètres du bord, le moteur en sécurité après avoir touché le fond. Des gens le regardent depuis le quai. Il se retourne, et le bateau des gendarmes arrive à 200 mètres. Les Mouettes, les petits bateaux jaunes qui traversent la rade, avaient appelé parce qu’un homme à bord d’un bateau ne répondait ni aux signaux visuels ni sonores. Tout le monde le croyait inerte. Il aurait pu percuter un gros bateau ou s’encastrer dans le pont du Rhône.
Cet épisode résume sa fin de saison : épuisé. Il se jure que le jour où le centième tombe, il ne fera plus un lancer. Le centième arrive un matin, vers 9 heures, dans le brouillard. Il reste une heure et demie assis dans son bateau sans bouger, descend voir des amis dans les Alpes du Sud comme promis, et tombe malade dans la foulée, le corps relâché d’un coup. Cent pile. Première fois qu’il se poussait à bout sur une saison entière, et pas seulement sur deux jours de compétition.
Comment attraper des brochets de plus de 120 cm
C’est la question qu’on lui a le plus posée, et sa réponse tient en une image : chercher des 120+, c’est comme chercher des centenaires dans la rue. On a plus de chances devant la maison de retraite que devant l’école maternelle. Ces poissons n’ont pas les mêmes besoins, ne vivent pas comme les autres, et il y a une vraie différence de comportement entre les moins de 120 et les plus de 120. Sur une cassure, les petits sont cachés dans les herbiers, juste derrière on trouve les 110, et les 120+ sont encore plus loin derrière, ou alors ils montent sur certaines zones uniquement à certains horaires. Quand ils sont là, les autres disparaissent. D’où ce schéma que tout le monde connaît : trois heures sans touche sur un poste qui mord d’habitude, et la seule touche de la journée est un gros.
Kevin remarque aussi des constantes dans les pics d’activité, à certains horaires, au point de presque pouvoir les prédire avec Arnaud Philippi, avec qui il échange tout, sans concurrence, et avec Quentin Dumoutier, hydrobiologiste de la team Pure Fishing, qu’il appelle quand il est planté et qui lui donne toujours un truc à tester. Il tente aussi des choses farfelues : ramener un leurre à deux mètres sous la surface par 70 mètres de fond pendant des heures, pêcher en surface, au jig, à l’écrevisse. En 2015, en appliquant tout ça, il multiplie ses 120+ et éclate ses chiffres de 2014 dès la mi-année. Il se fixe un 140. Il prend des 130, 131, 133, 135, et jamais le 140. Il s’en est fait une raison : le Léman a autant de légendes qu’il est grand, et il attend toujours de voir un vrai géant bien mesuré. Si un jour il en prend un, ce sera par hasard, sur un petit crank en bordure.
L’histoire de l’AT Minnow
Sylvain Legendre dit que c’est Kevin qui a popularisé l’AT Minnow sur les gros brochets. Kevin nuance, mais raconte. Au début, il trouve le leurre bizarre : paddle presque rectangulaire, un trou dedans qui le fait siffler au lancer, pas la forme la plus sexy. Puis, lors d’une pêche bateau à bateau, Sylvain le lance depuis le bateau d’Arnaud Philippi et prend un 1,11 m, probablement le premier métré de l’histoire du leurre. Kevin creuse. À l’époque, ils remarquent que les gros brochets sont attirés par les leurres qui poussent beaucoup d’eau mais font peu de bruit, comme les tubes ou les grubs. L’AT Minnow, avec sa section triangulaire et son paddle souple qui se déforme plus qu’il ne bat, est exactement dans ce registre, à l’opposé d’un Replicant ou d’un shad au plastique dur. Il se lance loin, accepte un plombage lourd, et Kevin le tient au bout de sa canne comme un obsédé. Il prend un 129,3 avec. Les couleurs n’étaient pas folles, on pêchait surtout le bleu.
Le leurre a été arrêté, réédité, et les premières versions se revendent à prix d’or. Kevin en tire une leçon qui dépasse l’AT Minnow : un leurre est bon pour une application donnée, et les succès commerciaux se font souvent sur l’esthétique plutôt que sur les caractéristiques mécaniques. Le Replicant, que Sylvain a dû défendre chez Fox, se vendait à 200 ou 250 exemplaires en Europe en 23 cm pendant qu’ils déchiraient les lacs alpins avec. Le Berkley PowerBait AT Minnow 250 est aujourd’hui de nouveau disponible, et le Biwaa Baltik Swimbait 18 cm, que Kevin a dessiné pendant ses années chez Biwaa, est l’autre leurre qui porte sa signature.
Pure Fishing, Fox, et le choix de rester libre
Pure Fishing était le groupe dont il rêvait. L’aventure s’arrête quand Sylvain part chez Fox et lui propose de le suivre. Kevin y va, et au bout de six mois constate des choses qu’il ne veut pas cautionner dans le développement du matériel. Il arrête tout en cours de route, sans rien derrière. Sa formule est crue : il n’a jamais voulu être la prostituée d’une marque. Il fait même une saison de compétitions internationales sans sponsor matériel, pour montrer qu’on peut aller chercher des podiums européens en s’investissant personnellement. Il garde une reconnaissance éternelle à Pierre-Luc Doraigne, de Lowrance, qui l’a fait évoluer d’un Cap 400 à moitié fracassé jusqu’à un Ranger, et de très bons souvenirs de Biwaa, petite société de passionnés à taille humaine. Détail amusant : tous ses records ont été pris sur de petites coques.
Pourquoi il a levé le pied sur les réseaux
Après les 100 métrés, les salons se remplissent de gens sympathiques, et aussi d’intérêt. Il reçoit des centaines de messages de pêcheurs qui veulent monter sur son bateau. Beaucoup repartent déçus, parce qu’il n’y a rien de magique à voir : il lance et il ramène. La magie est dans le pourquoi, pas dans le geste. Il emmène des ados dont les parents le contactent, et certains sont devenus de très bons pêcheurs, c’est le souvenir qu’il garde.
Sur l’eau, son bateau est reconnu et devient un aimant. Les gens viennent pêcher à dix mètres, lui coupent ses dérives, et il en vient à faire de grandes boucles pour semer ceux qui le suivent. Il découvre la course à la photo : au Léman, si tu n’as pas fait ton gros, tu es nul. Pour lui, dans la pêche des gros, le plus plaisant est la quête, la capture dure cinq minutes. En compétition internationale, le principal problème de son équipe était de gérer les Français, qui coupent les dérives sans respect là où un Luc Coppens fait tout le tour du plateau pour ne pas gêner. Il finit par devenir hostile, et constate que c’est malheureusement plus efficace pour la tranquillité. Son père, qui avait songé à acheter un bateau, a renoncé en voyant tout ça. Et Kevin reconnaît sa part de responsabilité : il a nui à certains milieux en les médiatisant, et s’il pouvait refaire, il ferait autrement.
Le live, les géniteurs et la réglementation qui ne bouge pas
Kevin a eu le live gratuitement par son sponsor, l’a monté un hiver, puis tout démonté. Trop facile. Son constat sur ses eaux est sans appel : les poissons pélagiques, autrefois protégés par la profondeur comme dans une réserve naturelle, étaient les géniteurs. Entre ceux remontés de profondeurs inadaptées et retrouvés en surface, et ceux prélevés parce que devenus accessibles, les reproducteurs ont pris cher. À Grangent, là où il faisait un sandre de 80 par hiver, on en fait maintenant un par sortie, et depuis deux ans la fréquentation s’effondre parce que ces poissons ne sont plus là. Les mêmes pêcheurs qui annonçaient 40 ou 50 sandres de plus de 80 en font 20 l’année suivante, puis 5.

Ce qui le dérange, c’est que la réglementation n’évolue pas au rythme de l’électronique. Il propose des réserves temporaires ou permanentes sur un tiers d’un lac, et surtout que l’effort vienne des marques. Il a monté avec Lowrance une action concrète à Grangent : 1 000 euros de la marque, 1 000 euros d’une AAPPMA et 1 000 euros récoltés par tombola auprès des pêcheurs pour relâcher 92 carpes. Son idée : obliger les pro staffs à s’investir dans une AAPPMA locale, et faire que chaque compétition compense sa nuisance par une action pour le milieu. Il trouve aussi que le live appauvrit la diversité des techniques : avant on partait avec sept ou huit cannes, maintenant une seule.
Compétitions internationales, et pourquoi pas les championnats de France
Avec son coéquipier Jordan, Kevin a fait quatre Predator Tour consécutifs en Hollande, trois podiums sur quatre face à 100 à 130 bateaux, la crème des Allemands, Hollandais et Belges, et il a gagné plusieurs fois les compétitions au crank, sa technique préférée. On lui a demandé de faire le championnat de France pour postuler à l’équipe de France. Non merci : pêcher un endroit avec un cheptel inadapté pour faire un podium avec deux perches et un brochet de 50,5, ça ne l’intéresse pas. Quand plus de la moitié des équipes font capot, ce n’est ni vendeur ni une image de la pêche au leurre. Il rêve d’un circuit européen de cinq dates dans cinq pays avec les trente meilleurs, pour que la pression tourne et ne pèse pas toujours sur les mêmes lacs et les mêmes locaux.
Le retour à la carpe et le silure albinos de Camargue
Après le Covid, le tour des compétitions fait, Kevin refait de petites pêches à la carpe en bas de chez lui et réalise que ça lui manquait énormément. Au carnassier, il est concentré du lever au coucher du soleil au point de ne pas voir un chevreuil sur la berge. À la carpe, une fois le travail en amont fait et les montages déposés, il profite des lumières, de la faune, du décor. Un capot à la carpe devient une bonne journée. Et il réutilise tout ce qu’il imaginait au scan en pêchant le carnassier : ce muret, ce poste, c’est là qu’il mettrait ses montages. La nuit précédant l’interview, sept poissons entre 20 h et 7 h, et une nuit blanche.
Sa plus belle histoire de pêche est un poisson qu’il n’a pas pris : le record du monde de silure albinos qui traînait en Camargue. Cinq semaines consécutives sur la zone, en rentrant travailler le week-end, le bateau laissé chez Tristan Poulain, sans jamais braver l’interdiction de l’anguille. À chaque touche, une seule question : est-ce qu’il va être blanc ? Il n’était jamais blanc. Et pourtant tout ce chemin de recherche et de rêve en fait un de ses plus beaux souvenirs.
Les questions rituelles
Son meilleur souvenir : sa première compétition carnassier avec son frère au Grand Large à Lyon, capot le premier jour, puis une deuxième manche entièrement dans le canal, plus profond et avec du courant, pour finir deuxièmes au général et premiers de D2 devant des équipes qu’ils voyaient dans les magazines. Sa plus grosse galère : il n’en a presque pas, parce qu’il visualise ses pêches des dizaines de fois à l’avance et n’a jamais décroché un gros poisson à l’épuisette. Sa technique préférée : le crank. Le spot où il se sent le mieux : un lac de barrage à la carpe, au calme. Le poisson qui le fait rêver : un poisson sain dans un milieu sain, immaculé. La destination : le lac Balaton en Hongrie, et le plus bel endroit qu’il ait vu reste le delta du Danube. Le pêcheur qui l’inspire, et qu’il aimerait entendre dans le podcast : Franck Ribarnes, pour sa polyvalence, carpes à Saint-Cassien, sandres sur le Rhône, brochets au Salagou et pêche en mer.
Les leurres dont on parle dans l’épisode
Deux références seulement, et elles racontent toutes les deux une partie de l’histoire. Le Berkley PowerBait AT Minnow 250, le leurre qui pousse de l’eau sans faire de bruit et qui a sorti le 129,3 de Kevin. Et le Biwaa Baltik Swimbait 18 cm, dessiné par Kevin lui-même. Liens affiliés, le prix ne change pas pour vous et ça participe à la vie de la chaîne.
Les épisodes cités
Au fil de l’échange, Kevin et Yann renvoient à plusieurs épisodes de Tous des Tom Sawyer : Gaël Even sur l’impact du GPS et du sondeur, Fred Jullian sur la compétition, Patrick Sébile, le concepteur de l’AT Minnow, et Sylvain Legendre, qui revient dans presque chaque chapitre.
Cent exactement, en 2014, à la pêche au leurre et sans sondeur live. Il a arrêté de pêcher le jour même du centième, pris un matin dans le brouillard, après avoir frôlé l’épuisement en fin de saison.
Il compare ça à chercher des centenaires devant une maison de retraite plutôt que devant une école. Les 120+ ne vivent pas comme les autres : plus loin derrière les cassures, ou sur certaines zones à certains horaires seulement, et quand ils sont là les petits disparaissent. Il faut accepter des postes qui donnent une touche en trente passages.
Parce qu’il pousse beaucoup d’eau sans faire de bruit, grâce à sa section triangulaire et à son paddle souple, un registre que peu de leurres couvrent. Sylvain Legendre a pris le premier métré avec, puis Kevin l’a pêché intensivement sur les lacs alpins jusqu’à un 129,3.
Il l’a testé un hiver et l’a démonté : trop facile. Il constate sur ses eaux une disparition des géniteurs, autrefois protégés par la profondeur, et regrette que la réglementation n’évolue pas au rythme de l’électronique. Il propose des zones de réserve et une implication des marques dans des actions concrètes.
Pour la contemplation. Au carnassier, il est concentré du matin au soir et ne profite de rien. À la carpe, une fois les montages déposés, il profite du décor, de la faune et des lumières, et même un capot devient une bonne journée.
Et vous, le live, vous en pensez quoi ?
Kevin a un avis tranché et il le défend. Dites le vôtre en commentaire sous la vidéo, Yann lit tout, et si quelqu’un a le numéro de Franck Ribarnes, il est preneur.
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