Adrien Hillion et son Shocktail : portrait d’un duo qui sort des brochets trophées

Brochet

Il y a des leurres qui passent, et il y a ceux qui restent. Ceux qu’on retrouve dans la même boîte cinq ans plus tard, déformés, mâchés, tachés, avec des cicatrices de dents qu’on n’a pas envie de gommer parce qu’elles racontent quelque chose. Pour Adrien Hillion, ce leurre, c’est l’Iris Shocktail de SPRO. Une virgule géante qui ne quitte presque jamais sa canne, et avec laquelle il a sorti l’un des plus beaux poissons de sa vie.

On l’a rencontré en marge d’un tournage pour évoquer ce leurre qu’il connaît mieux que personne, et essayer de comprendre pourquoi cette grosse virgule en plastique souple a fini par devenir, pour lui, presque une signature.

Un leurre qui ne quitte pas la canne

Adrien pêche essentiellement en lac de barrage. Des grandes étendues, de trente hectares pour les plus modestes jusqu’à quatre cents hectares pour les plus impressionnantes. Des eaux qui changent de couleur d’une saison à l’autre, des poissons qui se déplacent beaucoup, des structures profondes, des grands plats où il faut savoir prospecter loin. Un terrain de jeu exigeant, où tout le monde n’a pas la patience de s’investir.

Sur ces eaux, il a essayé beaucoup de choses. Mais il revient sans cesse au Shocktail. « C’est un leurre qui quitte rarement ma canne, très peu », raconte t il. La phrase pourrait paraître convenue dans la bouche d’un pêcheur sponsorisé. Sauf que les photos parlent pour lui : des brochets, des beaux brochets, et beaucoup. Tous, ou presque, capturés sur cette virgule.

Sa préférence va sans hésiter à la version 30 cm, qu’il utilise environ neuf fois sur dix.

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Pourquoi le Shocktail, et pas un autre

Sur le marché des grosses virgules, le choix ne manque pas. Mais Adrien identifie plusieurs raisons pour lesquelles ce modèle de SPRO se détache.

D’abord, il y a l’imitation. La forme anguilliforme, le flagelle long et fin, la nage très droite : tout ramène à l’anguille. Or sur les lacs qu’il fréquente, l’anguille est une proie de choix pour le brochet, particulièrement pendant sa période de reproduction. « J’ai remarqué une augmentation de touches en période de reproduction des anguilles, je crois de mars à juillet », observe t il. Ce qui ne veut pas dire que le leurre s’arrête de prendre du poisson le reste de l’année, mais qu’à cette période précise, il fait clairement la différence.

Ensuite, il y a la nage. Là où beaucoup de virgules ondulent leur flagelle comme un drapeau, le Shocktail a un comportement particulier en queue. La pointe finit par fouetter, comme si elle claquait. Cette signature vient d’une astuce de conception : la matière du bout de queue est légèrement plus rigide que celle du reste du flagelle, ce qui étire le mouvement et lui donne ce petit coup sec final. C’est une nuance, mais elle change la signature vibratoire du leurre.

Enfin, il y a la stabilité. Deux ailerons stabilisateurs, un à l’avant et un plus fin à l’arrière, maintiennent le corps parfaitement droit en récupération, peu importe la vitesse. C’est un point souvent négligé sur les grosses virgules, dont beaucoup partent en vrille dès qu’on accélère un peu. Le Shocktail, lui, tient sa ligne.

La question des tailles

L’Iris Shocktail existe en trois formats : 20 cm, 30 cm et 40 cm. Trois mondes différents, comme le formule Adrien.

Le 20 cm pèse 18 grammes. C’est le format le plus discret, paradoxalement, même si à 20 cm on n’est pas dans la pêche fine. Adrien le réserve plutôt à des montages en tête plombée, et le considère comme un bon choix pour pêcher en sélectivité moindre, ou pour le monter en trailer derrière un chatterbait.

👉 Voir le 20 cm

Le 30 cm pèse 60 grammes. C’est sa taille de prédilection, celle qu’il utilise le plus, sans exception. « Pour moi, c’est vraiment la taille qui passe réellement partout, aussi bien sur des poissons plus modestes que des gros poissons », explique t il. Une bouchée déjà conséquente, mais qui ne décourage pas les brochets de cinquante ou soixante centimètres, lesquels n’hésitent pas à décoffrer entièrement le leurre. Ce n’est pas un format qui sélectionne, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

👉 Voir le 30 cm

Le 40 cm pèse 140 grammes. Un autre exercice, qui demande une canne dédiée, une bobine adaptée, et une approche différente. C’est la taille des chasseurs de records, celle qu’on sort quand on veut sélectionner et qu’on accepte d’attendre.

👉 Voir le 40 cm

Comment il le monte

Adrien privilégie le shallow rig dans la grande majorité des cas. Ce montage, qui consiste à utiliser un hameçon double avec attache rapide glissée à travers le corps du leurre, présente un double avantage : il permet de pêcher avec une nage planante, et il assure un meilleur ferrage sur les touches courtes en queue de leurre, fréquentes avec ce type de bigbait.

C’est ici que le Shocktail brille par sa conception. SPRO a directement intégré sur le corps du leurre tous les repères de montage. Sur le ventre, des indicateurs précisent où placer le stinger. Sur le dos, trois petits ronds indiquent les sorties d’hameçon possibles selon la taille de la tête plombée employée : 6/0 et 8/0 pour le 20 cm, 8/0, 10/0 et 12/0 pour le 30 cm, 10/0 et 12/0 pour le 40 cm. « Vous n’avez pas besoin de vous prendre la tête, il y a directement les emplacements indiqués », résume t il. Même un débutant peut monter le leurre proprement du premier coup. Plus de découpage approximatif, plus de doute sur l’alignement.

Sur le 20 cm, Adrien admet que la tête plombée se prête mieux à la pêche, vu le format plus modeste. Mais sur les 30 et 40 cm, le shallow rig reste sa configuration par défaut.

À noter que la gomme du Shocktail, ferme et tonique, accepte également un montage texan, ce qui en fait une option crédible pour pêcher dans les nénuphars, les herbiers denses, ou les bois immergés. La matière s’étire de presque un tiers de sa longueur, ce qui la rend nettement plus résistante aux dents que la moyenne des virgules de cette catégorie.

Une animation qui se résume à trois mots : lancer, ramener, relancer

Sur l’animation, Adrien est sans détour. « Y’a pas besoin d’un Bac plus 10, du lancer ramener powerfishing, c’est un leurre qui marche tout seul, y’a pas besoin de faire d’action de manche ou quoi que ce soit. » Le flagelle fait le travail. La queue ondule. Les ailerons stabilisent. Tu n’as qu’à choisir ta vitesse.

Et sur la vitesse, justement, il a sa préférence. Pas de récupération trop lente, pas de speed non plus, mais une cadence intermédiaire, régulière, qui semble faire l’unanimité chez les brochets actifs. La récupération lente reste pertinente quand on veut prospecter au dessus d’un herbier ou faire passer le leurre dans une zone précise. La récupération rapide trouve son intérêt sur des poissons en chasse, particulièrement en été. Mais pour le tout venant, c’est le tempo moyen qui ressort.

Adrien précise un point intéressant : il a très peu de touches sur les phases descendantes avec ce leurre. « Pour le coup, sur des phases assez planantes, en fonction des profondeurs de pêche, on va dire… mais j’ai eu très peu de touches sur les phases descendantes. » Ce n’est pas un leurre qu’on doit faire mariner dans la couche d’eau. C’est un leurre qu’on doit faire nager. La touche se déclenche à la traction, pas à la chute.

Les coloris : deux nouveautés à connaître

La gamme Shocktail s’est récemment enrichie de deux coloris qu’Adrien identifie comme particulièrement complémentaires.

Le Yellow est le coloris flashy de la gamme. Il capte la lumière efficacement et sort vraiment du lot dans les eaux teintées, chargées, sales. Typiquement, c’est le choix logique après une crue, en sortie d’hiver, ou sur les retenues qui brassent beaucoup et restent troubles plusieurs jours d’affilée.

Le Sexy Elevator joue une partition plus subtile. Plus naturel, doté de petits reflets de paillettes sur le ventre, c’est le coloris qu’Adrien réserve aux eaux claires, où il a obtenu d’excellents résultats. C’est le choix de l’imitation discrète, quand la visibilité est bonne et que la signature visuelle agressive risquerait plutôt de braquer les poissons.

Au delà de ces deux nouveautés, la gamme propose plusieurs coloris classiques (fire tiger, naturel, perche) qui couvrent les autres situations.

L’anecdote qui dit tout

Quand on lui demande une anecdote marquante avec ce leurre, Adrien hésite. Il en aurait beaucoup. Il finit par choisir la plus parlante : son premier brochet de plus de 1m20. Un poisson de 128 cm, capturé au Shocktail 30 cm, et dont les cicatrices sont encore visibles sur la queue du leurre. « C’est celui que j’ai dans mes mains, il a encore des cicatrices sur la queue. » Le leurre est encore en activité aujourd’hui, après plusieurs saisons d’utilisation et un certain nombre de poissons. Une longévité qui en dit long sur la résistance de la matière.

C’est aussi ça, peut être, qui explique pourquoi certains leurres deviennent fétiches. Pas seulement parce qu’ils prennent du poisson, mais parce qu’ils accompagnent. Parce qu’ils traversent les saisons. Parce qu’on finit par les connaître par cœur, par savoir à quoi s’attendre dans telle ou telle configuration, et qu’on les retrouve toujours en première ligne au moment de remplir la boîte du jour.

Pour passer commande

Si tu pêches en grand lac, en réservoir ou en grande rivière, et que tu veux mettre toutes les chances de ton côté à l’ouverture, l’Iris Shocktail mérite vraiment qu’on s’y arrête. À titre indicatif, si tu n’en prends qu’un seul, le 30 cm est la taille recommandée par Adrien lui même.

👉 Iris Shocktail SPRO 20 cm : pour la tête plombée et les pêches plus fines

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