Une marque JDM de retour dans les rayons français
DSTYLE avait déjà été distribuée en France il y a une dizaine d’années, à une époque où seuls quelques connaisseurs de chatterbaits gardaient le nom en tête. La marque revient aujourd’hui par un canal beaucoup plus large, avec une distribution européenne et américaine assurée par le groupe Spro, lui-même adossé à Gamakatsu. La différence est de taille : là où les premières importations restaient confidentielles, la gamme se retrouve désormais chez les détaillants, avec des volumes qui permettent de tester sérieusement les produits.
DSTYLE est une marque japonaise pure player, fondée et dirigée par Daisuke Aoki, triple Angler of the Year du circuit JB TOP 50 et compétiteur passé par les Bassmaster Opens. Toute l’énergie de la boîte est concentrée sur le black-bass, du finesse au power fishing, sans dispersion vers d’autres marchés. Cela explique la philosophie produit : ici, un leurre ne cherche pas à tout faire. Chaque modèle répond à une situation identifiée sur l’eau, et c’est précisément ce qui le rend intéressant quand les poissons deviennent difficiles.
Pour le pêcheur français, la traduction est simple. On n’achète pas du DSTYLE pour remplacer son shad passe-partout, mais pour avoir une réponse quand le passe-partout ne fonctionne plus.

Trois matériaux, trois usages
La marque travaille plusieurs matières, et c’est un point que beaucoup de pêcheurs négligent au moment de choisir.
Le PVC classique reste utilisé sur les modèles les plus souples et les plus légers, ceux destinés aux pêches vraiment fines, où l’on veut un leurre qui flotte longtemps dans la couche d’eau et se fait aspirer sans résistance.
Les versions Type HG, pour High Gravity, correspondent au même profil chargé en sel. Le leurre gagne en densité, donc en distance de lancer, et devient un peu plus rigide. Sur les animations latérales, cette rigidité supplémentaire se traduit par une action plus franche. C’est le compromis assumé : moins de moelleux, plus de portée et de nervosité.
Enfin, la série DURAVITY repose sur un élastomère développé maison, dont le nom combine durable et gravity. Le matériau est quasiment indéchirable, imprégné d’attractant et d’arômes, et il flotte, ce qui ouvre des présentations impossibles à obtenir avec un plastique salé classique. Une contrainte à connaître : l’élastomère ne se stocke pas avec du PVC, sous peine de voir les deux réagir. Boîte dédiée, ou conservation dans la pochette d’origine.
Le Geelacanth, la pièce maîtresse de la gamme
Le Geelacanth est le leurre qui a fait parler de la marque au Japon comme aux États-Unis, au point d’être régulièrement en rupture. Conçu par Yui Aoki, c’est un creature bait en élastomère dont la silhouette évoque un petit poisson plat aux arêtes apparentes. Le corps hybride associe une tête réaliste, des côtes en U qui augmentent la résistance à l’eau sur les flancs et génèrent un rolling marqué, et des antennes qui frémissent au moindre filet de courant. La queue reprend le profil signature de la marque : nerveuse sur une animation rapide, simplement vibrante quand on ralentit.
Le montage de référence est le free rig sur hameçon texan, mais le détail qui change tout se situe sous la tête. Un petit trou y est prévu pour clipper un plomb et faire travailler le leurre en position verticale, tête en bas, exactement comme un poisson qui fouille le fond. Sur des zones rocheuses ou sur fond de vase, cette présentation soulève des particules et déclenche des touches franches. Le montage neko et le drop shot fonctionnent aussi très bien, et pour le taux de ferrage, l’hameçon worm à longue hampe donne de meilleurs résultats que l’offset, dont l’ouverture trop large gêne l’aspiration.
Trois tailles sont disponibles en France : le 3 pouces (7,6 cm) pour la perche et les poissons éduqués, le 4 pouces (10 cm, 7 g) qui est la taille passe-partout, et le 5,8 pouces (14,7 cm) pour aller chercher les gros sujets.
Le Mimi King, un ver que peu de pêcheurs osent
Le Mimi King est un long worm en élastomère, décliné en 6,8 pouces et 8,8 pouces, soit 17,2 et 22,3 cm. La taille effraie, et c’est bien le problème : très peu de pêcheurs français montent un ver de plus de 20 cm alors que les poissons, eux, n’ont aucun mal à l’avaler.
Sa force vient du matériau. Là où un gros worm salé classique est un cigare dense qui plie mal et se déchire au deuxième poisson, celui-ci reste fin, mou et flottant. Monté en wacky, il flotte juste sous la pellicule et propose une présentation que les poissons habitués aux senkos n’ont jamais vue. Monté en neko avec une petite ogive de 0,2 à 0,4 g, il travaille sous la surface tout en gardant une posture correcte. Et en free rig sur hameçon worm, il remonte dans la couche d’eau à chaque traction, ce qui est redoutable sur perche comme sur black-bass. Le corps porte une extrémité épaissie côté tête pour recevoir l’ogive, et une queue plus grosse que le corps pour pousser l’eau.
Sur les zones où seul le ver est autorisé, c’est une arme à part. Voir le Mimi King 8,8″ ou la version 6,8″.
Le Torquee Straight Type HG, le worm qui surclasse les autres en finesse
Sur le papier, un worm droit de plus au catalogue n’a rien d’excitant. Dans les faits, c’est le leurre qui a le plus surpris les testeurs européens, avec des sessions entières où il a fait la différence sur sandre et sur perche alors que d’autres modèles passaient sans succès.
Le détail est dans la queue, dont l’extrémité triangulaire donne une action erratique invisible à l’œil dans la main mais très marquée dans l’eau. Trois encoches sous le corps assouplissent la partie la plus raide, ce qui autorise aussi bien le wacky que le texan sur un petit hameçon. Seule la version chargée en sel a été retenue pour l’Europe, justement parce que la densité apporte de la distance sur des pêches où l’on plombe très peu.
Sur la perche, c’est une technique clairement sous-cotée chez nous : le réflexe va vers le crank, la lame ou le drop shot, rarement vers un worm monté texan. Sur le bar aussi, en pêche de nuit près du bord, il y a quelque chose à faire.
Le SVSB Big, un insecte coulant pensé pour le skipping
SVSB signifie Super Vibe Sinking Bug, et le format Big mesure 3,4 pouces, soit 8,6 cm. Sa construction est ce qu’il a de plus intelligent : un cœur très dense chargé en sel, entouré d’une enveloppe en matière plus résistante qui tient l’hameçon. On obtient un leurre qui se skippe tout seul grâce à sa densité, mais qui se pose discrètement parce qu’il reste compact. Sur les postes sous pression, cette réception légère fait une vraie différence face à un leurre lourd qui claque sur l’eau.
Les pattes sont moulées d’un seul tenant avec le corps, ce qui produit une micro-vibration impossible à obtenir avec de la jupe silicone, et deux petites pinces ajoutent de l’appui dès que le leurre coule. Il fonctionne aussi bien en weightless que sur un montage plombé léger. Voir le SVSB Big 3,4″.

Le Freeimo, le petit format à bas prix
Le Freeimo est le ticket d’entrée de la gamme. Format trapu de 6,5 cm pour 7,7 grammes, vendu par cinq, il appartient à la famille des « imo », ces leurres compacts sans appendice qui misent tout sur le profil et la matière. Sa construction dissymétrique, avec une partie avant plus fine et annelée, lui donne la souplesse nécessaire au ferrage : à la touche, le corps se plie au lieu de faire barrage à la pointe de l’hameçon. Une gorge dorsale permet d’ailleurs d’escamoter le texan sans l’enfoncer dans la matière.
La quantité d’attractant est spectaculaire, au point de rendre la pochette opaque, et les coloris restent naturels, du green pumpkin aux déclinaisons crevette. C’est un excellent leurre de backslide le long des berges, et le format idéal pour les grosses perches montées sur tête plombée légère. Voir le Freeimo 6,5 cm.
Pourquoi tous les coloris sont naturels ou transparents
Un détail saute aux yeux quand on ouvre la gamme : presque aucun coloris flashy. Beaucoup de translucides, quelques paillettes, des marrons et des verts, rien de plus. Ce n’est pas un oubli mais une position de la marque, fondée sur des retours de terrain sur poissons très éduqués, où les versions totalement transparentes surperforment.
C’est un point que les pêcheurs français gagnent à intégrer. Nous analysons un leurre vu du dessus et hors de l’eau, alors que le poisson le voit du dessous et dans l’eau, avec une vision qui n’est pas la nôtre. Les proies naturelles sont claires sous le ventre et s’ajustent à leur environnement, comme un bar noir dans les cailloux et jaune sur le sable. Un leurre que vous ne voyez presque pas est souvent celui qui fonctionne le mieux en eau claire, y compris en surface.

Ce que ça vaut, et pour qui
Le positionnement tarifaire tourne autour de 10 à 14 euros la pochette pour les leurres souples salés, et grimpe vers 16 à 18 euros pour l’élastomère, dont la fabrication coûte plus cher. C’est le prix d’une distribution japonaise avec une marche supplémentaire, mais la durabilité de l’élastomère relativise le calcul : là où deux ou trois poissons suffisent à détruire un worm salé, un Geelacanth encaisse une session entière.
Dernier point pratique, et il est loin d’être anecdotique : chaque pochette indique la taille d’hameçon recommandée, le poids des inserts et les diamètres de fil conseillés, avec des schémas de montage sous la languette. Cela évite de rentrer du magasin avec un leurre qu’on ne peut pas monter correctement.
Si vous voulez parcourir l’ensemble des références disponibles, la gamme complète est visible ici.
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