Aller au contenu

Leurre

Leurres pour pêcher le black-bass en vacances : la boîte de Yann pour le Portugal

Deux boîtes, un float tube et quinze jours au Portugal : Yann détaille les leurres qu'il emmène pour le black-bass, famille par famille. Trois souples incontournables, des frogs, des chatterbaits et une méthode pour pêcher un plan d'eau inconnu sans tout emporter.

13 min de lecture

Certains liens de cet article sont affiliés : si tu achètes via ces liens, Pesketaer touche une petite commission, sans surcoût pour toi. Ça participe à la vie des chaînes.

Deux boîtes, un float tube à caser dans un coffre déjà plein, et quinze jours de vacances au Portugal devant soi : c’est le point de départ de cet épisode de La Grange de Tom Sawyer. Choisir ses leurres pour pêcher le black-bass en vacances est un casse-tête que beaucoup connaissent. On ne sait pas exactement quels plans d’eau on va trouver, on n’a pas la place d’emmener tout le garage, et on a envie de tester les leurres qui dorment dans les tiroirs depuis des mois.

Dans la vidéo ci-dessus, Yann prépare son matériel black-bass sous vos yeux. Il le dit d’entrée : le bass n’est pas la pêche dans laquelle il excelle, c’est une pêche qu’il pratique peu mais qu’il adore, sur laquelle il s’est beaucoup renseigné et échange avec des spécialistes. Sa sélection est donc celle d’un pêcheur curieux, pas d’un compétiteur, et c’est justement ce qui la rend utile à ceux qui partent dans la même situation.

Cet article reprend l’épisode famille par famille, avec les raisons derrière chaque choix et les règles de bon sens qui en découlent pour pêcher un plan d’eau inconnu.

Comment composer sa boîte de leurres pour le black-bass en vacances

La contrainte dicte tout : tout doit tenir dans un sac à dos, parce que le float tube, les moulinets et les cannes prennent déjà la place. Yann choisit donc deux boîtes, dont une étanche : de l’eau finit toujours par entrer dans une boîte classique et on retrouve ses hameçons rouillés, et on ne tremble pas quand elle tombe à l’eau depuis le float tube.

Deuxième idée : partir avec un patchwork plutôt qu’une sélection parfaite. Il rassemble ce dont il a parlé dans l’année et ce qu’il a envie de tester, en sachant que certains leurres ne sortiront jamais de la boîte. Le black-bass se prête à des pêches très différentes, de la surface au fond, et les vacances sont le bon moment pour essayer sans pression.

Troisième idée, qui revient plusieurs fois dans l’épisode : quand on ne connaît pas le plan d’eau, on fait confiance à des coloris dans lesquels on croit plutôt qu’aux coloris réputés les meilleurs. Ses watermelon ne sont pas forcément les meilleurs coloris du monde, dit-il, mais ce sont ceux dans lesquels il a confiance, et c’est l’essentiel. Si vous débutez complètement, le guide pour débuter la pêche du black-bass avec Jean-Christophe David pose les bases avant de remplir une boîte.

Les gros leurres : tenter le bass avec des leurres à brochet

Yann commence par des big baits qu’on réserve d’habitude au brochet, en les trouvant presque petits pour lui, alors qu’ils ont la bonne taille pour un bass posé le nez dans les poissons blancs le long d’une bordure. Le Gan Craft Jointed Claw ouvre la boîte, suivi du Nays TRN en 19 cm, une de ses découvertes de l’année, dans le même registre de glide bait un peu cannibale.

Il ajoute le Jackall Flatbone Clicker en noir, un leurre de surface conçu à l’origine pour le bass, qui fait un bruit d’enfer à la récupération. Dans l’interview qu’il avait réalisée avec Hiroshi, celui-ci expliquait qu’il fonctionne aussi très bien à l’arrêt, parce que sa petite queue réagit à la moindre ride. Suivent le Spro BBZ-1 en 6 pouces et surtout le BBZ 5 pouces, pas encore armé, un petit swimbait auquel il promet un bel avenir ramené à l’ombre des bordures. Le Megabass High Slide complète la rubrique, en écho à l’échange avec Tom Couchoud sur les glide baits. L’enseignement : la frontière entre leurre à brochet et leurre à bass est surtout dans la tête du pêcheur.

Frogs et crawlers : la pêche de surface qu’il adore

La frog est, de son propre aveu, inévitable. Il en emmène plusieurs versions : une en mode popper, une avec de petites palettes, et surtout la Spro Flappin’ Frog, qu’il a hâte de mettre à l’eau pour le bass. Présentée dans une masterclass orientée brochet avec Guillaume de chez Spro, elle lui semble une bonne alternative au buzzbait, ramenée en buzzing continu. Son matériau est très résistant, mais il ne faut pas la laisser cohabiter avec d’autres souples dans la boîte. Il prend une noire et une verte.

La très grosse frog Spro reste à la maison : trop grosse pour le bass, à son avis. En revanche la Deps Basirisky fait le voyage dans ses deux déclinaisons, hard belly et soft belly. Ce n’est pas vraiment une frog mais un crawler : ses deux appendices la font se déhancher de droite à gauche en surface, et Yann estime qu’elle a pris des milliers de poissons dans le monde, sinon des millions. Pour approfondir les animations et le matériel, le guide complet de la pêche du black-bass à la frog est le bon complément.

Topwaters et poppers : la deuxième boîte

La deuxième boîte reçoit les petits leurres de surface : le Megabass Giant Dog-X dans un vert qu’il juge très sous-estimé, le Lucky Craft Sammy 65 en baby bass, un stickbait minuscule de pêcheur de perche qui a pourtant vu des brochets énormes et des quantités de bass, à lancer en bordure avec une canne fine, et le Dog-X Diamante, un peu plus bruiteur.

Deux leurres de mer passent à l’eau douce : le Xorus Asturie 90, qu’il avait trouvé redoutable sur le bar l’année précédente, et son grand frère en 110. L’Asturie ne sélectionne pas trop la taille des poissons, ce qui en fait un bon leurre de prospection. Suivent le Megabass Pop-X et sa petite plume, puis un Illex Bonnie 85 que les pêcheurs de bar connaissent bien. Si le popper vous intrigue, l’article sur la pêche du bass au popper détaille les cadences et les postes.

Jerkbaits et cranks : peu de pièces, mais choisies

Sur les jerkbaits minnow, Yann reste léger : trois leurres de 11 cm. Le Megabass Vision One Ten, la légende, le Nays MDMX qu’il teste, et le Sakura BulWip, plus abordable, déjà éprouvé en mer. Ce dernier a été travaillé par Tanguy Marlin chez Sakura, grand spécialiste de la technique, ce qui lui inspire confiance. L’article sur la pêche du black-bass au minnow explique comment animer ces leurres suspendus.

Côté cranks, un Illex DD Squirrel 79 pour gratter les bordures, « ça ne mange pas de pain », et un leurre qu’il assume malgré les moqueries de son ami : le Zip Baits B-Switcher 4.0 en coloris écrevisse. Pas la référence japonaise la plus clinquante, mais il a pris de la perche, du brochet et de gros sandres en Seine avec : c’est son crank passe-partout. Pour les réglages de profondeur et les vitesses, voyez notre dossier sur le crankbait pour le black-bass.

Chatterbaits : la question du poids et de la solidité

Le Z-Man / Evergreen Jackhammer est là, évidemment. Mais le leurre que Yann a hâte de tester, c’est le Sakura Cajun Bladed Jig, qu’il déballe à l’écran en 14 g et 10,5 g, en coloris rouge écrevisse. Ce qui l’a convaincu : un hameçon solide, pas un fil de fer, et une ligature de jupe qui semble protégée par une épaisseur au niveau du plomb retenant le trailer. Pour le brochet, il estime que ce détail le rendra plus durable qu’un Jackhammer. Il croit se souvenir, sans certitude, que Jean-Christophe David avait participé à sa conception aux États-Unis, d’où le nom « Cajun ».

Une préférence utile : il aime les chatterbaits assez lourds, autour de 14 g, parce qu’il pêche creux et vite, et qu’un 7 g remonte trop à toute allure. Le petit BIM Tackle Lion, très léger, part aussi pour un usage différent. Notre guide sur le chatterbait pour le black-bass détaille ces questions de poids, de trailer et de vitesse.

Chatterbait Sakura Cajun Bladed Jig de 14 g avec sa jupe et sa palette
Le Cajun Bladed Jig de Sakura, en 14 g : l’hameçon solide a convaincu Yann de lui faire une place.

Spinnerbaits et buzzbait : sortir des coloris brillants

Yann admet une habitude : il est très « palettes brillantes », ses OSP en témoignent. Tanguy Marlin le pousse à essayer autre chose, d’où un Sakura Cajun spinnerbait en noir qu’il emmène pour la première fois. On a tous nos habitudes, dit-il, et ça ne fait pas de mal de changer. Un spinnerbait Elite Lure, distribué par BIM Tackle, retient son attention pour un détail : un décroché sur l’armature bloque la palette en position haute au lieu de la laisser redescendre jusqu’à l’agrafe, ce qui doit la faire travailler plus vite et limiter les emmêlements. Enfin, sur la recommandation de Jean-Christophe David, deux buzzbaits simples pour prospecter vite en été : ils ont fait du poisson depuis des années, donc il continue.

La newsletter

Friture sur la Ligne

Chaque jeudi soir, l'actu de la pêche au leurre qui pique un peu : compétitions, business, tendances et coulisses. Gratuit, désinscription en un clic.

Rubber jig et spin tail : au cas où

Une paire de rubber jigs part aussi, même si ce n’est pas la meilleure période et qu’il va pêcher du caillou, des gravières et des lacs de barrage : au cas où une intuition le prendrait. Le Nays BLD RNNR, un spin tail, joue le rôle du passe-partout : quand on ne trouve pas les poissons ou qu’on pêche avec son fils qui veut lancer et ramener, il prend du poisson sans trop effrayer les autres.

Leurres souples black-bass : trois incontournables et des tests

C’est la partie la plus utile pour qui part sur un plan d’eau inconnu. Yann cite trois must have. Le premier est celui qu’il utilise le moins, le Gary Yamamoto Fat Ika, un hybride avec une petite queue qui se monte dans un sens ou dans l’autre selon qu’on veut pêcher le fond ou planer dans les frondaisons.

Les deux autres sont ses favoris absolus quand il découvre un plan d’eau : il en a toujours un sur la canne, voire un sur chacune. Le Gary Yamamoto Senko, un worm lourd, dense et salé dans la matière, qui se lance loin sans aucun lest. Il le pêche en 5 pouces watermelon, de préférence red flake, le coloris passe-partout pour les « noobs » comme lui qui n’ont pas envie de réfléchir. Son résumé : vous envoyez ça au bord, s’il y a un bass, il ne peut pas résister.

Leurre souple Gary Yamamoto Senko, worm dense et salé posé à plat
Le Senko : le worm que Yann monte en premier quand il ne connaît pas le plan d’eau.

Le troisième, celui qu’il utilise « tout le temps » au point de lui dédier presque une canne, est la Gary Yamamoto Fat Baby Craw. L’exemplaire qu’il montre est en lambeaux, ce qui en dit long. Une écrevisse qui coule facilement et que les bass aspirent sans effort ; dans peu d’eau, sur des poissons à vue, il la lance bien au-delà du poisson et la ramène vers lui. Un des tout meilleurs leurres pour le black-bass selon lui, à monter en Texan : le guide du montage Texas explique le montage pas à pas.

Leurre souple écrevisse Gary Yamamoto Fat Baby Craw de 9,5 cm
La Fat Baby Craw : la créature que Yann monte quand il pêche à vue dans peu d’eau.

Les écrevisses pour les postes encombrés

Pour ceux qui ont plus de budget, la OSP DoLive Craw : plus fine, deux grosses pinces, des repères sur le dos pour sortir l’hameçon en Texan. Puis la Imakatsu Dynagone Néo, longtemps difficile à trouver, dont le principe est différent : montée à l’envers, l’écrevisse plane à la descente et va se glisser toute seule sous un arbre, un herbier ou un roncier, et on la leste plus ou moins pour régler sa trajectoire. Yann y voit la solution pour les zones très encombrées quand on n’a pas le matériel de flipping. Le Fat Ika, abordé avec Nicolas Cadiou pour le bar, joue dans le même registre. Il emmène aussi quelques créatures Googan Baits, très longues, introuvables en France, qui partiront dans les zones encombrées « pour faire plaisir à Gérard Sposito », sur un fluorocarbone costaud.

Les coups de cœur à tester

Trois références trouvables en France ferment la rubrique. Le BIM Tackle Lethal Tusk en 76 mm, essayé en mer : une grosse crevette très fine dans un matériau hyper résistant, idéale pour les pêches finesse et le drop shot. Attention, la matière fond au contact d’une jupe de jig. Les Nays CRD 35, des écrevisses dont les pinces ont une forme particulière qui les fait nager, contrairement aux craws classiques, avec un attractant crevette dans la matière. Il part avec les coloris C27 et C05, avec un faible pour le C27, marron pailleté d’un côté, plus foncé de l’autre. « Si je suis un black-bass, je ne résiste pas. »

Leurre souple écrevisse Nays CRD 35 de 8,9 cm avec ses pinces nageuses
La CRD 35 de Nays : des pinces qui nagent, ce qui la distingue des craws classiques.

Enfin la BIM Tackle Panthera, une craw aux pinces qui flappent, en coloris BIM spécial, 8,2 cm pour 7 g : assez lourde pour se pêcher en Texan non lesté, envoyée sur la bordure. Il la pêche déjà pour le bar et compte la monter sur de petits rubber jigs de 7 g. Les tubes Sakura Tubflow complètent la boîte.

La terminaison et les accessoires

La boîte de terminaison contient des hameçons Texan, surtout en wide gap, des hameçons à worm à courbure plus basse, des hameçons trailer, des balles tungstène, des plombs drop shot, des têtes plombées et des stop-flots. Côté outils, une pince à anneaux brisés pour armer le BBZ 5 pouces et des ciseaux céramique.

Pêcher le black-bass au Portugal l’été : prendre soin du poisson

Yann termine par un message qu’il juge essentiel. En pleine chaleur, avec des rivières très basses, on évite de pêcher aux heures les plus chaudes et quand l’eau est trop chaude, on laisse les poissons tranquilles en pleine journée, on se mouille les mains avant de les toucher, on ne les garde pas deux heures dans l’épuisette, la bourriche ou le bateau, et on oublie les séances photo à rallonge. Il préfère viser les levers de soleil et les soirées, les créneaux qu’il arrive à gratter pendant les vacances.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Quelques piliers à retrouver facilement. En leurres souples, le trio Gary Yamamoto : Senko en 5 pouces watermelon red flake, Fat Baby Craw et Fat Ika, complétés par les écrevisses nageuses Nays CRD 35. En surface, la Spro Flappin’ Frog pour le buzzing, l’Asturie 90 venu de la pêche du bar et le Megabass Pop-X. Pour pêcher creux et vite, le Sakura Cajun Bladed Jig en 14 g.

Le reste de la boîte (Jointed Claw, TRN, BBZ, Basirisky, Vision One Ten, MDMX, BulWip, Squirrel, B-Switcher, Jackhammer, Panthera, Lethal Tusk, DoLive Craw, Tubflow) figure dans la liste du matériel sous la vidéo. La Dynagone Néo est indisponible pour le moment, et le Flatbone Clicker, le Sammy 65, les Dog-X et les Googan Baits ne sont pas distribués par le marchand : on les cite pour information.

Questions fréquentes

Quels leurres emmener pour pêcher le black-bass en vacances ?

Si vous ne connaissez pas le plan d’eau, partez d’un worm dense type Senko en watermelon et d’une écrevisse type Fat Baby Craw montée en Texan : ce sont les deux leurres que Yann monte en premier partout. Ajoutez un leurre de surface (frog ou petit stickbait), un chatterbait ou un spinnerbait pour prospecter vite, et un crank passe-partout. Le reste dépend de la place dans le sac.

Quelle couleur de leurre souple pour le black-bass ?

Le watermelon, avec ou sans paillettes rouges, est le coloris passe-partout cité dans l’épisode, celui qui évite de réfléchir quand on débute. Plus que la couleur idéale, choisissez des coloris dans lesquels vous avez confiance : Yann insiste sur ce point, c’est ce qui vous fera pêcher sérieusement.

Peut-on pêcher le black-bass avec des leurres à brochet ?

Oui. Un glide bait de 13 à 19 cm ou un swimbait de 5 pouces reste crédible pour un bass qui chasse des poissons blancs en bordure. Yann emmène un Jointed Claw, un Nays TRN et des BBZ pour cette raison, en les présentant à l’ombre des bordures.

Quel chatterbait choisir pour le black-bass ?

Le poids se choisit selon votre vitesse de pêche. Yann préfère 14 g pour pêcher creux et vite ; un 7 g remonte trop si on accélère. Regardez aussi la solidité de l’hameçon et la protection de la ligature de jupe, deux détails qui font la différence sur les poissons qui mâchent.

Comment pêcher le black-bass en été par forte chaleur ?

Visez les levers de soleil et les soirées, évitez les heures les plus chaudes et renoncez quand l’eau est trop chaude. Mouillez-vous les mains, limitez les manipulations et les photos, relâchez vite et ne gardez jamais un poisson dans l’épuisette ou la bourriche.

Conclusion

La boîte de Yann n’est pas parfaite et il le revendique : c’est un mélange de valeurs sûres, de leurres de mer détournés et de tests qu’il a envie de faire tranquillement pendant les vacances. Mais la méthode tient la route : un trio de souples en qui on a confiance, de quoi prospecter vite, de quoi gratter la surface, et une attention particulière au poisson quand il fait chaud.

Et si vous aimez ce genre d’inventaire de boîte où l’on apprend plus en vidant un bac qu’en lisant un catalogue, Friture sur la Ligne, la newsletter des pêcheurs passionnés, arrive chaque jeudi soir dans votre boîte mail. Elle ne prend pas de place dans le coffre, elle, et personne ne vous engueulera pour l’avoir embarquée.

Le matériel cité dans l'épisode

La newsletter

Friture sur la Ligne

Chaque jeudi soir, l'actu de la pêche au leurre qui pique un peu : compétitions, business, tendances et coulisses. Gratuit, désinscription en un clic.

Black-bass Voyages de pêche

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

Qui suis-je ?