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Carnassier

Pêcher l’aspe du bord : la masterclass de Tony Doury, saison par saison

Tony Doury, quinze ans de pêche de l'aspe sur la Loire, détaille où trouver le poisson, quels leurres lancer de l'ouverture à l'hiver, à quelle vitesse ramener et quel matériel utiliser du bord.

20 min de lecture

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Vous avez été nombreux à réclamer cet épisode. Tony Doury pêche l’aspe quasi exclusivement depuis quinze ans sur la Loire, du bord à 99 %, et il a accepté de tout poser sur la table dans cette vidéo de La Grange de Tom Sawyer : où se tient le poisson, ce qu’il faut lancer de l’ouverture à la fermeture, à quelle vitesse ramener (beaucoup plus vite que vous ne le pensez), dans quel sens attaquer le courant, et avec quel matériel ne pas se faire embarquer par un poisson de 80 cm dans le jus.

L’entretien commence par une provocation de Yann, qui résume l’aspe à un gros chevesne. Tony répond point par point, et le reste de l’épisode démontre surtout une chose : ce poisson a ses propres codes, et c’est en oubliant ses réflexes de pêcheur de brochet ou de sandre qu’on commence à le prendre régulièrement. Cet article reprend la masterclass dans l’ordre, saison par saison, puis liste tout le matériel cité avec des liens vers les références.

Ce qu’on apprend dans l’épisode

Trois idées structurent tout le discours de Tony. La première, c’est que l’aspe est un poursuiteur, pas un embusqué. Il n’attaque pas par réflexe territorial comme un brochet posté derrière une souche ; il court après une proie qui fuit. La meilleure façon de déclencher une attaque est donc de ne pas lui laisser le temps de réfléchir, autrement dit de ramener vite, parfois très vite, à des vitesses qui font halluciner les copains la première fois.

La deuxième, c’est que l’aspe se pêche en descendant le courant, trois quarts amont, à rebours de ce que font la plupart des pêcheurs de carnassiers. Le poisson a le nez dans le jus. Un leurre qui arrive par devant et lui passe sous le museau est bien plus intéressant qu’un leurre qui lui remonte sur le flanc et lui fait peur. Cette règle vaut pour toutes les saisons.

La troisième, c’est que la boîte se réduit à très peu de références, mais que la taille du leurre suit la taille des proies disponibles. Du 11 à 12 cm en sortie de fraie, du 7 à 9 cm pendant les deux tiers de la saison, du 6 cm en plein été quand les alevins sont partout, puis des casting jigs ramenés en linéaire dès que l’eau redescend. Tony le dit sans détour : si vous prenez des perches, des sandres et des chevesnes en croyant pêcher l’aspe, c’est que vous ne pêchez pas l’aspe.

Un gros chevesne ? Non, un poisson de courant à part entière

Tony a découvert l’aspe il y a 25 ans, par un camarade d’école d’aquaculture venu de Strasbourg, à une époque où l’espèce n’existait que dans l’est de la France. Elle est arrivée sur la Loire il y a une quinzaine d’années, puis a colonisé une bonne partie du territoire : la Seine et ses affluents comme la Marne, la Saône, le Rhône, tout le bassin de la Loire avec l’Allier, la Creuse et la Vienne, et jusqu’à la Garonne et la Dordogne où des collègues de Tony en prennent. Sur la Saône et le Rhône, des poissons de plus de 70 cm sortent de plus en plus souvent, alors qu’on n’en parlait pas il y a quelques années.

Au passage, Tony règle la question du chevesne : la confusion est fréquente, surtout dans les secteurs où l’aspe vient d’arriver, mais la morphologie ne trompe pas. L’écaille est différente, les nageoires sont nettement plus développées parce que c’est un poisson de courant, la caudale est plus puissante et la bouche est orientée vers le haut. Il a promis deux photos comparatives à Yann pour l’incruster dans la vidéo.

Espèce envahissante ou aubaine pour la pêche sportive ?

Yann relaie une inquiétude entendue en préparant son épisode sur le silure : l’aspe serait plus problématique encore, parce qu’il tape dans les boules d’alevins. Pour Tony, c’est un faux sujet. Le bassin de la Loire héberge l’aspe depuis au moins vingt ans et il n’y a pas moins de poisson blanc ni moins de chevesnes. Les milieux se régulent, les gros aspes mangent les petits comme les gros silures mangent les petits silures, et s’il n’y avait plus d’alevins il n’y aurait plus d’aspe non plus. Son constat est plutôt inverse : sur des parcours où le brochet et le sandre se sont raréfiés, l’aspe est devenu le poisson de sport qui met des jeunes à la pêche. Les pressions qu’il pointe sont ailleurs, dans l’agriculture et dans les prélèvements professionnels que les milieux n’encaissent plus.

Le boom, puis la retombée

Les pêcheurs de l’est avaient prévenu Tony dès ses premières photos de Loire : profitez-en, c’est le boom démographique, ça ne durera pas. Le scénario s’est reproduit à l’identique. Une phase d’explosion où les poissons sortent dans tous les sens, puis une régulation naturelle doublée d’une éducation très rapide des poissons sous la pression de pêche, que Tony reconnaît avoir lui-même alimentée en médiatisant l’espèce. Il voit aujourd’hui le même cycle démarrer sur la Saône, le Rhône et la Seine. Moins de poissons, et des poissons plus difficiles à leurrer : c’est le sens de l’histoire.

Combat, et à partir de quand un aspe est gros

La réputation de combat mou vient surtout des poissons pris dans une eau à 25 degrés, apathiques et en manque d’oxygène. Le même aspe dans une eau à 10 ou 12 degrés, en plein courant à 70 mètres, met des coups de boule et râle comme un sandre de 80 pris dans le jus. Ce qui caractérise vraiment l’espèce, c’est la touche, d’une violence qui arrache la canne des mains parce qu’on pêche vite. Tony change d’ailleurs de matériel entre l’été et l’automne : mêmes tailles de poissons, pas la même énergie.

Ses repères personnels : un aspe de plus de 70 cm est un joli poisson, l’équivalent d’un brochet de 80. À partir de 80 cm, et jusqu’à 85, on est sur un très gros poisson, un « parpaing » selon son expression, l’équivalent d’un brochet de 90 ou d’un métré. Le 90 cm reste le Graal, et il y a longtemps qu’il n’en a pas croisé.

Où trouver l’aspe : le jus, les radiers et les piles de pont

Tony prévient qu’on peut le trouver partout, en eau profonde comme dans quelques dizaines de centimètres, dans le courant comme dans les zones calmes. Mais dans les grandes généralités, l’aspe se tient sur les zones de courant ou d’accélération : les culs de grève comme on les appelle sur la Loire, les piles de pont, les radiers. Et contrairement à l’image classique du carnassier posté derrière l’obstacle pour attendre que la nourriture arrive dans le calme, l’aspe peut se tenir devant le radier, là où le courant monte et accélère. C’est un poisson qui aime le jus.

Il s’adapte ensuite à son milieu. Dans l’est, les aspes ont souvent la bouche abîmée et blanchie parce qu’ils mangent des gobies au fond, parfois par 12 ou 13 mètres. Sur la Loire, ils poussent les ablettes et les alevins en surface et viennent les shooter en haut. Un aspe de Seine, où 1,50 m d’eau est un banc de sable, ne se comporte pas comme un aspe de Loire, où 1,50 m est déjà un trou. Ce sont les choix de leurres et de techniques qui changent, pas la nature du poisson.

Dernier point, et pas le moindre : les aspes bougent énormément. Le poisson trouvé en plein jus aujourd’hui sera peut-être demain matin à vos pieds, en bordure d’herbier, en train de chasser. Tony pêche aussi bien le plein courant que les bordures de jussie selon la saison et l’heure.

Du bord plutôt qu’en bateau

Bonne nouvelle pour les pêcheurs du bord, qui sont la majorité de l’audience de la chaîne : Tony pêche l’aspe du bord 99,9 % du temps, et il est persuadé qu’on y est plus efficace et plus discret qu’en bateau sur la Loire. Le réflexe en bateau est de se mettre dans le jus pour pêcher le calme, alors que les poissons sont précisément dans le jus : on les dérange plus qu’on ne les pêche. Un de ses amis les pêche en bateau et atteint des zones inaccessibles à pied, mais avec des résultats et des manières de prendre différents.

Sortie de fraie : pêcher gros, vite, et chercher les regroupements

L’aspe fraie dans une eau de 12 à 13 degrés, sur des zones caillouteuses avec du courant. À l’ouverture du carnassier, les poissons en sortent ou en finissent, ils sont encore regroupés à proximité et ils ont faim. Il faut donc cibler ces secteurs pierreux et courants, accepter de traverser du désert entre deux, et surtout ne pas hésiter à pêcher gros : des leurres de 11 à 12 cm, qui envoient de la vibration, se lancent loin et présentent une grosse bouchée. Utiliser un leurre de 8 cm à cette période est, selon Tony, peine perdue.

Leurre Duo Bayruf Seek 108 S, stick coulant de 10,8 cm pour le début de saison aspe

Trois leurres lui suffisent pour couvrir ce début de saison. Un Xorus Asturie 110 Silent pour la surface, qu’il anime doucement, avec de grands écarts, en laissant le leurre glisser dans la veine d’eau sans trop provoquer. Un gros leurre de surface blanc est très bon à cette période, et même quand le poisson ne se pique pas, le voir monter suffit à le localiser. Un Duo Bayruf Seek 108 S, un stick coulant de la famille des pencils, ramené en linéaire pur, qui vibre fort et passe dans n’importe quelle profondeur. Et un Duo Spearhead Ryuki 95, un jerkbait à bavette qu’il sort dès que la Loire est chargée, parce que les poissons montent moins bien en surface quand l’eau est trouble.

Jerkbait Duo Spearhead Ryuki 95, poisson nageur coulant à bavette pour l'aspe en eau chargée

Sur le jerkbait, précision importante : « pêcher vite » ne veut pas dire taper dedans. On peut jerker ou twitcher, mais ce qui compte, c’est la vitesse de récupération. Le leurre doit donc supporter d’être ramené à fond de balle dans le courant, ce qui élimine beaucoup de références du marché. Tony résume sa philosophie en une phrase : le leurre et la canne sont des outils, et ce n’est pas au pêcheur de s’adapter à l’outil. Si vous avez besoin de ramener vite, votre leurre doit tenir cette vitesse.

Le joker des eaux sales : la lame

Quand l’eau est vraiment chargée, et sur les rivières plus creuses comme la Seine, la Saône ou le Rhône, Tony ajoute une lame vibrante, mais pas n’importe laquelle. Il cherche un modèle dont la masse est centrée plutôt que concentrée à l’avant, de celles qui ont été conçues au Japon pour être ramenées en linéaire sur les pélamides. Elles sont plus confortables à la canne et faites pour être récupérées, pas pour sauter sur le fond. Une lame d’une vingtaine de grammes et de presque 8 cm, ramenée régulièrement dans 2 à 4 mètres d’eau, est selon lui très prenante et beaucoup trop oubliée. Son coloris de prédilection : les dos bleus, ceux qu’on appelle sardine en mer, efficaces par eau claire comme par eau chargée.

Début d’été : la bascule vers le 8 cm et le leurre de l’année

Le signal du changement, ce n’est pas une date, ce sont les conditions. Quand l’eau redevient claire, quand les bords se remplissent de petits poissons blancs, et surtout quand l’Asturie 110 se met à provoquer des suivis sans prise, Tony sait que les aspes se focalisent sur des proies plus petites. Il passe alors sur ce qu’il appelle les leurres conventionnels, entre 7 et 9 cm, ceux qu’il utilisera près de 70 % de l’année.

Leurre Duo Bayruf Seek 85 S, stick coulant de 8,5 cm pour la pêche de l'aspe

Et là, une référence écrase les autres dans sa boîte : le Duo Bayruf Seek 85 S, 8,5 cm, en coloris Sexy Magic, un corps presque transparent avec une pointe de violet sur la tête. Tony l’utilise depuis quatre ans et en a testé des dizaines d’autres : s’il devait partir au bord de l’eau avec un seul leurre pour toute l’année, ce serait celui-là. C’est encore lui qui avait pris les poissons le matin même de l’enregistrement. Il existe aussi en version Bayruf Seek 85 HW, plus dense, qui coule plus vite et creuse quelques centimètres de plus, ce qui fait parfois toute la différence au printemps et à l’automne.

Autour de lui, la logique reste la même : un leurre par couche d’eau, dans les mêmes tailles. Le Ryuki 80 ou le Ryuki 70 pour prospecter un peu plus creux, entre 1 m et 1,50 m selon le diamètre de tresse. Un petit stick de surface de 8 cm comme le Tackle House Cronuts CR79 pour la couche du dessus. Et le Bayruf Seek pour la couche intermédiaire, celle qui se pêche à toutes les vitesses.

Des poissons éparpillés : couvrir du terrain

À cette période, les poissons quittent les regroupements de fraie et se dispersent partout : une bordure de jussie, un arrière de radier, un poisson par-ci, un poisson par-là. Rester deux heures au même endroit, c’est perdre deux heures. Tony parcourt des kilomètres de berge, brûle du gasoil, et c’est la seule période où il recommanderait une descente en float tube, avant que les eaux ne deviennent trop basses et trop chaudes.

Trois quarts amont, et descendre le courant

Yann pose la question que tout le monde se pose : amont, aval, ou en travers comme pour le saumon ? La réponse de Tony tient en un principe. On lance trois quarts amont et on se sert du courant pour faire descendre le leurre, la pression de l’eau venant s’appuyer sur son flanc. L’aspe a le nez dans le jus, le leurre doit arriver par devant et lui passer sous le nez, pas lui remonter sur le côté. Et la récupération reste rapide, parce qu’on descend avec le courant. Cette règle est valable à toutes les saisons.

Plein été : la saison la plus compliquée, et pourquoi Tony va voir ailleurs

C’est le contre-pied de l’épisode. Beaucoup découvrent l’aspe l’été, en surface, comme on pêche le chevesne. Pour Tony, c’est la saison la plus difficile à négocier. Il y a peu d’eau, les poissons se concentrent sur quelques postes que tout le monde connaît, la pression de pêche devient phénoménale et les aspes, en manque d’oxygène, sont peu actifs. Il s’autorise alors des leurres minuscules : le Bayruf Seek 68 HW, un petit Megabass Dark Sleeper 2,4 pouces, des sticks de surface de 6 à 6,5 cm. Lancer ça à 70 mètres relève de l’exploit, et il le reconnaît.

Les belles pêches d’été se font au lever du jour, à la surprise, quand les poissons viennent taper dans les bancs d’ablettes en bordure d’herbier. Ensuite, Tony va chercher le barbeau ou le chevesne, qu’il adore pêcher du bord, et il laisse les aspes tranquilles. Pendant les épisodes de canicule, il limite ses sorties à deux heures le matin, pour lui comme pour les poissons.

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Automne : subsurface, casting jigs et vitesse maximale

Dès que les premières fraîcheurs arrivent, souvent avant même la fin de l’été, le signal s’inverse. Les aspes répondent de moins en moins aux petits leurres de surface, et tout ce qui se pêche vite en subsurface prend le dessus. C’est la meilleure phase de l’année, celle où les poissons respirent, ont la patate et se nourrissent avant le froid, et celle où il faut pêcher ultra vite.

C’est aussi la vraie fenêtre des casting jigs. Il y a quinze ans, ils prenaient toute l’année ; d’après les carnets que Tony tient depuis une dizaine d’années, leur efficacité s’est resserrée sur l’automne, jusqu’au cœur de l’hiver. Et leur usage n’a rien à voir avec le casting jig conventionnel qu’on fait sauter sur le fond. Ici, le jig est ramené en linéaire rapide, tenu par l’avant, et c’est la seule pression de l’eau qui le fait s’articuler sur l’arrière, à 10 ou 15 cm sous la surface, canne haute. Le modèle sans palette est le Duo Drag Metal Cast en 20 g, et en 30 g pour lancer plus loin ou passer quelques centimètres plus creux.

Tony raconte une session où son ami pêchait en 20 g sans toucher un poisson. Il passe en 30 g, coloris pétard, et enchaîne six aspes qui étaient là cinq minutes plus tôt. Même histoire en début de saison avec deux Bayruf de couleurs différentes : un seul prenait. La leçon est claire : le bon leurre est celui qui passe à la bonne profondeur, au bon rythme, avec la transparence ou l’opacité que les poissons cherchent ce jour-là. Un leurre d’une autre marque qui coche les mêmes cases fera la même différence. D’où l’intérêt des versions S et HW d’un même modèle.

C’est enfin la période des rassemblements. Le poisson blanc se regroupe, les aspes aussi, et il arrive de tomber sur des chasses dignes d’une chasse de thons, avec les oiseaux au-dessus, les aspes en dessous et les ablettes prises entre deux. Sept, huit, dix, douze poissons, et un ami de Tony en a fait 21 un jour. C’est rare, pas tous les ans, et il faut être au bon endroit au bon moment.

Hiver : un poste, des heures, et du mental

L’hiver, il ne reste que les acharnés, et Tony admet que son expérience y est plus limitée parce qu’il va aussi chercher le brochet et le sandre. Mais ce qu’il observe est constant : les aspes sont là, ensemble, dans des eaux froides et chargées, mais très peu actifs. Il n’a jamais eu le sentiment d’arriver sur un troupeau et de les enchaîner d’emblée. Il a souvent eu l’impression inverse, du mal à en déclencher un, puis deux, trois, quatre derrière une fois le premier pris.

L’approche change donc du tout au tout. Plus question de couvrir du terrain : on cible une zone précise où l’on sait que les poissons se tiennent, parce qu’il y a du blanc, parce que la zone est belle, parce qu’on les y trouve depuis quatre ou cinq ans à cette période, et on y reste deux, trois, quatre, cinq heures. C’est dans la tête que ça se joue, et il faut être courageux.

Casting jig Duo Drag Metal Cast Shot 20 g avec palette, le leurre d'hiver pour l'aspe

Deux leurres pour cette saison. Le Bayruf Seek, encore lui, mais exploité autrement : lancé trois quarts amont, laissé partir dans la couche d’eau, puis animé de petites tirées très douces juste pour le faire vibrer au-dessus du fond où les aspes sont calés. Et un casting jig à palette, le Duo Drag Metal Cast Shot en 20 g (ou en 30 g), ventre rose, ramené en linéaire très lent au-dessus du fond. La palette ajoute un signal vibratoire dans des eaux chargées, et c’est tout l’intérêt : ce jig ne donne presque rien à l’automne, mais l’hiver il est largement au-dessus du lot.

Cannes, moulinets et lignes : le matériel pour pêcher vite et loin

Canne spinning Tenryu Injection SP 82 M de 2,50 m, le standard de Tony Doury pour l'aspe

Toutes les cannes de Tony font 2,50 m, pour deux raisons : aller chercher la distance de lancer, et dégager la tresse de l’emprise du courant, surtout en surface, pour garder le contrôle du leurre et du combat. Entre 2,30 m et 2,60 m, on est bien. L’action est de type regular fast, avec une pointe rapide pour animer, mais beaucoup de conicité et de progressivité jusque dans le talon, ce qui évite les décrochés à longue distance. Ce ne sont donc pas les cannes très sèches et nerveuses que les pêcheurs français aiment d’habitude.

Côté puissance, le standard confortable toute l’année se situe autour de 7-28 g ou 5-30 g. L’été, il descend sur une canne light de 3-20 g qu’il utilise aussi sur le chevesne, une Tenryu Lunakia en 2,50 m. L’automne et l’hiver, il monte à 14-45 g, pour lancer des casting jigs de 30 g et tenir dans le jus des femelles pleines d’œufs qui peuvent peser 6, 7 ou 8 kilos. Ses modèles sont les Tenryu Injection de la série 82 : la SP 82 ML, la SP 82 M et la SP 82 MH. Il en a essayé beaucoup d’autres, et ce sont pour lui les outils les plus adaptés à ce qu’il cherche à faire sur l’aspe, le chevesne ou le barbeau.

Le moulinet est en taille 2500, 3500 ou 4500 selon la canne, mais le critère qui compte est le ratio. Pêcher vite avec un moulinet qui ramène 60 cm par tour de manivelle, ce n’est pas pêcher vite. Le minimum pour l’aspe se situe à 85-87 cm par tour, le standard que Tony préfère tourne autour de 92-93 cm, les modèles que Shimano appelle HG, et son plus rapide est un Daiwa en 3500 qui ramène 105 cm.

En ligne, du PE 1.2 partout, ni trop fin ni trop gros, pour résister à l’abrasion et à la puissance des poissons, avec du PE 0.8 sur la canne light d’été pour lancer les petits leurres. Le bas de ligne est en fluorocarbone 27 centièmes la plupart du temps. À l’automne, quand les poissons s’enchaînent, il passe en 50 centièmes sans que ça les gêne : le fluoro s’abîme dans l’épuisette et sur les bordures, et le 50 évite de casser sur la touche suivante dans l’euphorie. Son conseil reste de pêcher en 27 à 30, mais de savoir que sur un leurre de 8 ou 9 cm le diamètre ne change strictement rien pour le poisson.

Le poisson aux 1 000 lancers : les erreurs à éviter

Tony termine par ce qui fait, selon lui, la vraie difficulté de cette pêche. Le gars qui a le bon leurre et tombe au bon endroit fera dix poissons sans difficulté. Le plus dur, c’est d’être régulier sur toute la saison, dans toutes les conditions, y compris pendant une période d’algues filamenteuses où il avait ressorti un vieux Megabass Pivot, une grenouille en forme de poisson, pour sauver deux aspes.

On l’appelle le poisson aux 1 000 lancers, parfois aux 2 000, 3 000 ou 4 000. Il faut parcourir du terrain, sortir de sa zone de confort parce que la Loire bouge et que les spots connus sont pêchés par tout le monde, et avoir confiance en son matériel, en ses leurres et en ses postes. La première erreur à ne pas commettre est de vouloir faire le poisson qui mord : si vous prenez des perches, des sandres ou des chevesnes, vous ne pêchez pas l’aspe, parce que très peu d’espèces interceptent un leurre à cette vitesse. La deuxième est de lâcher l’affaire : les débuts sont déroutants, la première chance vient vite puis tout se durcit, et c’est avec le temps et le mental que les automatismes se mettent en place. Et la troisième, c’est de pêcher l’aspe comme un brochet, un sandre ou un chevesne. C’est un poisson à part, qui casse les codes, et c’est exactement ce qui a passionné Tony pendant quinze ans.

Le matériel cité dans l’épisode

Toutes les références ci-dessous sont celles que Tony montre ou nomme dans la vidéo. Les liens sont des liens affiliés : ils ne changent rien au prix et aident à financer les prochains épisodes. Vous pouvez aussi passer par votre détaillant.

Questions fréquentes sur la pêche de l’aspe

Quel leurre choisir pour pêcher l’aspe ?

Dans l’épisode, Tony Doury désigne le Duo Bayruf Seek 85 S, un stick coulant de 8,5 cm en coloris transparent, comme le seul leurre qu’il emmènerait toute l’année. Il l’entoure d’un jerkbait de 7 à 9 cm pour pêcher plus creux et d’un petit stick de surface, puis passe aux casting jigs ramenés en linéaire à l’automne et à l’hiver.

À quelle vitesse faut-il ramener pour l’aspe ?

Vite, et souvent très vite. L’aspe est un poursuiteur : la vitesse de récupération déclenche l’attaque en ne lui laissant pas le temps de réfléchir. Tony conseille un moulinet qui ramène au moins 85 à 87 cm par tour de manivelle, idéalement 92 à 93 cm, et des leurres capables de tenir une récupération à fond dans le courant.

Où se tient l’aspe dans une rivière ?

Majoritairement dans le courant ou à proximité des accélérations : radiers, piles de pont, culs de grève. Il peut se tenir devant le radier, là où le courant accélère, et non derrière. Il se déplace beaucoup et peut aussi chasser le matin en bordure d’herbier, à vos pieds.

Peut-on pêcher l’aspe du bord ?

Oui, et c’est même la façon dont Tony le pêche 99,9 % du temps sur la Loire. Selon lui, on y est plus efficace et plus discret qu’en bateau, parce que le bateau se place souvent dans le jus, là où se tiennent précisément les poissons.

Quelle est la meilleure saison pour pêcher l’aspe ?

L’automne, quand l’eau redescend en température : les poissons sont actifs, se regroupent sur le poisson blanc et répondent aux leurres de subsurface et aux casting jigs ramenés très vite. L’été est au contraire la période la plus compliquée, avec peu d’eau, des poissons concentrés et une forte pression de pêche.

Quelle canne pour pêcher l’aspe ?

Une canne longue, autour de 2,50 m, à action regular fast, avec une pointe rapide mais beaucoup de progressivité jusque dans le talon pour ne pas décrocher à longue distance. Une puissance de 7-28 g ou 5-30 g couvre l’année ; Tony monte en 14-45 g à l’automne et l’hiver pour les casting jigs de 30 g et les gros poissons.

Quel est votre leurre fétiche pour l’aspe ?

Yann le dit dans l’épisode : il existe une autre grosse référence bien connue des pêcheurs d’aspe, et le débat est ouvert. Si vous êtes un spécialiste et que votre leurre numéro un n’est pas le Bayruf Seek, dites-le en commentaire sous la vidéo, un sondage suivra. Et pour suivre Tony au jour le jour, son compte Instagram est en description de la vidéo.

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Leurre Technique

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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