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Breizh Shad : le shad Sakura qui a sorti un brochet de 1,15 m au FC Fight

11 min de lecture

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Un shad de 12 cm sur une tête plombée de pêche en mer, et au bout, un brochet mesuré à 1,15 m en pleine compétition. C’est ce qui est arrivé à Tanguy Marlin pendant le FC Fight, avec un prototype de Breizh Shad qui porte encore les traces du poisson. Sur le papier, ce leurre souple ressemble à n’importe quel autre shad à sardine. Sur l’eau, c’est devenu l’un des incontournables des boîtes de Tanguy, en mer comme en eau douce.

Pour comprendre pourquoi, Tanguy est revenu dans Tous des Tom Sawyer détailler la conception de ce leurre, son histoire avec le crafter Nicolas Bianchini, la tête plombée qui fait toute la différence et les nouvelles tailles qui arrivent. Cet article reprend l’essentiel de l’épisode, complété par quelques retours de terrain.

Ce qu’on apprend dans l’épisode

Le Breizh Shad est un leurre pensé pour le bar, dessiné par un artisan breton et édité par Sakura. Sa silhouette est celle d’une sardine, mais ce qui le distingue tient à trois choses que l’on ne voit pas sur une photo : la matière, dont la dureté change selon la taille, un corps gravé écaille par écaille, et une tête plombée dédiée dont le centre de gravité très bas maintient le leurre droit quoi qu’il arrive. Résultat, un shad qui vibre moins fort que ses concurrents mais qui se met en action plus vite, descend en nageant et frétille en traction. Un leurre qui a été fait pour la mer, et que Tanguy sort aussi sur les grands lacs pour le brochet et le sandre.

La fiche technique du Breizh Shad

CaractéristiqueBreizh Shad Sakura
Tailles82, 100 et 123 mm, 150 mm annoncé
Longueur annoncéeCelle du corps seul, sans la tête plombée (le 123 monté approche 15 cm)
MatièrePVC flottant, sans phtalates ni bisphénol A, dureté ajustée à chaque taille
AttractantIntégré à la matière (anchois, anis, crustacés)
Tête plombée dédiéeBreizh Shad Jighead, six grammages de 8 à 31 g, hameçon Mustad, œil 3D phosphorescent
ConditionnementCorps seuls, têtes seules, ou combo pré-monté (tête peinte dans le coloris du leurre)
ConcepteurNicolas Bianchini (Breizh Bait), pour Sakura

D’où vient le Breizh Shad

Le leurre n’est pas né dans un bureau d’études. Nicolas Bianchini fabrique des leurres souples depuis les années 2000, à une époque où le craft n’avait pas encore de nom en France. Installé dans le Finistère, il a fini par monter sa petite structure, Breizh Bait, d’où le clin d’œil du nom. Pour l’anecdote, Nicolas est aussi un ancien de la maison Sakura : il faisait équipe avec Manu Adam en tant que pêcheur sponsorisé au milieu des années 2000, et moulait déjà ses propres leurres à ce moment-là.

Côté Sakura, le besoin était simple. L’ancien shad de la marque, le Punch Shad de l’époque Guillaume Fourrier, avait vingt ans et ne tenait plus la comparaison avec le marché. Il manquait un shad pour la mer, une imitation de sardine à côté du Magic Eel qui joue le rôle du lançon. Plutôt que de dessiner quelque chose en interne, Tanguy est allé voir Nicolas, qui avait déjà ce modèle dans ses créations. Il a été essayé, retenu, et ajusté.

Ce choix de travailler avec un crafter plutôt que contre lui n’est pas si courant, et Tanguy l’assume sans détour. Il se dit très à l’aise sur les poissons nageurs, qu’il considère comme sa spécialité, mais le leurre souple est un autre métier. Autant s’appuyer sur quelqu’un qui le maîtrise depuis des décennies. Il rappelle aussi que les crafters ont lancé des tendances, dans le swimbait notamment, qui se retrouvent aujourd’hui dans les catalogues du monde entier. Industrie et artisanat ne sont pas antinomiques, et le Breizh Shad en est une démonstration.

Pourquoi ce shad n’est pas un shad comme les autres

De l’aveu même de Tanguy, à l’œil, le Breizh Shad ressemble à n’importe quel shad. La différence se joue dans la conception.

Le premier point est la matière. Elle est souple, mais reste percutante en vibration. Plusieurs prototypes ont été testés, dont des versions beaucoup plus rigides qui vibraient presque comme un poisson nageur. La version finale est plus tendre : c’est la caudale qui entraîne l’ensemble du corps et donne cet effet de basculement, ce rolling marqué, qui fait la signature du leurre.

Le deuxième point, moins connu, est que la dureté n’est pas la même selon la taille. Un 82 monté sur une tête de 15 g est un ensemble léger. Avec une matière trop dure, il vibrerait comme un crankbait, descendrait mal et le paddle ne se mettrait pas en action à la descente. Le shore a donc été ajusté sur chaque taille pour que le leurre travaille correctement avec l’ensemble des grammages prévus. À la marge, les coloris à grosses paillettes sont aussi légèrement plus rigides que les versions transparentes.

Le troisième point est le détail des écailles. Nicolas Bianchini a gravé chaque écaille une par une, avec des proportions différentes, sans copier-coller. Ce n’est pas qu’esthétique : la surface n’est pas lisse, et si vous ajoutez de l’attractant, il se loge dans ces stries et tient plus longtemps.

Enfin, le corps est percé d’un guide d’environ deux centimètres pour la hampe de l’hameçon, avec un trou de sortie. Vous enfilez la tête plombée en suivant le guide, et le leurre est droit à tous les coups. Si vous sentez que vous rentrez dans la matière, c’est que vous n’êtes pas au bon endroit. Un montage que l’on fait sur l’eau, ou de nuit à la frontale, sans se poser de questions.

La tête plombée, l’autre moitié du leurre

C’est le passage de l’épisode à retenir si vous ne deviez en garder qu’un. Pour Tanguy, la tête plombée est aussi importante que le shad lui-même, et c’est l’association des deux qui produit quelque chose que l’on ne retrouve pas ailleurs.

La Breizh Shad Jighead existe en deux formes, une courte et un peu plus large, une plus fine et plus profilée, qui partagent exactement le même contour de jonction avec le corps. Quelle que soit la forme, le leurre vient s’emboîter parfaitement. La tête est très effilée, avec une surépaisseur au niveau de la lèvre qui concentre une bonne partie du plomb et joue le rôle de quille. L’hameçon ressort assez haut, et la masse se trouve majoritairement sous l’axe du leurre.

Ce centre de gravité très bas a deux effets. Il donne un beau rolling au shad, et surtout il le garde droit en toutes circonstances. Que vous tiriez fort en traction, que vous laissiez couler ou que vous le rameniez vite, le Breizh Shad ne part jamais de biais et ne tombe pas sur le flanc. Tanguy explique avoir acheté beaucoup de shads concurrents dont la tête, mal équilibrée, fait partir le leurre en travers dès que l’on tractionne, ou le couche sur le côté à la descente. Ça peut sembler anecdotique, sauf quand vous pêchez le bar dans le courant : un leurre qui descend à plat prend appui sur la veine d’eau et dérive, là où il faut un leurre qui reste contraint et tenu.

Côté grammages, les têtes couvrent de 8 à 31 g sur les tailles actuelles. Pour la nouvelle taille 150, Sakura prépare des têtes plus lourdes, dans une plage de 45 à 60 g environ, ainsi que des têtes dédiées à la pêche du thon.

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Comment Tanguy pêche le Breizh Shad

Deux approches principales ressortent de l’épisode. La première est le linéaire, comme on pêcherait le sandre du bord : on laisse planer, on laisse descendre dans la couche d’eau, ou on fait du lancer-ramener franc. La seconde est ce que Tanguy appelait, avec ses coéquipiers de l’époque sur le lac du Bourget, le cranking shad : on prend un shad de mer, on l’envoie au fond ou pas, et on mouline pour pêcher les couches d’eau comme avec un crankbait. La différence, c’est que les vibrations d’un leurre souple sont moins mécaniques et moins sonores. C’est une approche fine du power fishing, et une pêche de prospection : on ne cherche pas le contact avec le fond, on pêche l’eau.

Sur les petites tailles, le 82 en particulier, Tanguy fait surtout du linéaire. Sur le futur 150, du linéaire aussi, mais les deux techniques marchent sur les deux tailles.

Il y a une troisième chose à savoir, propre à ce leurre. Sur un shad classique, une traction produit une vibration, une torsion, un rolling, puis le leurre redescend et c’est tout. Sur le Breizh Shad, la construction de la tête libère beaucoup de souplesse sur la partie basse du corps : en traction, le leurre frétille. Tanguy le décrit comme un effet qui rend les poissons fous.

De son côté, Yann l’a pêché deux nuits en taille 82 pour le bar, et le trouve moins « tracteur » que les shads de sa catégorie. Là où beaucoup se sentent très fort dans la canne dès qu’ils vibrent, celui-ci se met en action plus vite et plus doucement. Sa façon de faire : laisser le leurre chercher le fond et relâcher dès que les vibrations se font sentir.

Le brochet de 1,15 m du FC Fight

Pourquoi sortir un leurre à bar sur une compétition brochet ? Parce que les proies que Tanguy observait sur place n’étaient pas grosses. Il n’a jamais été convaincu, sur cette eau, par les très gros leurres : personne ne lui a prouvé qu’un leurre de 30 cm y prenait plus de poissons. Il pêchait donc les herbiers aux spinnerbaits et aux chatterbaits, et il a ressorti ses souvenirs du Bourget en cranking shad.

Le gros poisson a été vu et attrapé au live. Tanguy s’était entraîné plusieurs jours en pre-fishing spécifiquement sur cette technique, parce que c’était sa plus grosse lacune. Les poissons visés réagissaient très bien, et chaque présentation du Breizh Shad au sondeur déclenchait quelque chose. Le brochet a mesuré 1,15 m, ramené à 1,13 m après une pénalité pour une queue touchée pendant la mesure. Deux centimètres perdus dans la bataille, un poisson exceptionnel quand même.

Le coloris ce jour-là, c’était Emerald Shiner : vert en transparence, plutôt rose vu de côté, avec des micro-paillettes qui donnent un rendu ultra naturel. Tanguy affirme que cette teinte n’existe nulle part ailleurs, et qu’elle fait une vraie différence en eau douce. Il a aussi pêché ce shad dans les grands lacs suédois, en tête de 45 g et coloris sardine, sans que les rayures ne dérangent les brochets.

Pour compléter, Yann raconte dans l’épisode une sortie estivale du bord, sur un lac à black-bass où les poissons visibles refusaient tout. En cherchant plus creux avec un Breizh Shad 100 au coloris ablette, il a pris cinq sandres en linéaire sur une mise à l’eau. Un leurre à bar qui prend du brochet et du sandre : c’est tout l’intérêt du produit.

Les coloris et ce qui arrive

Au lancement, la gamme est volontairement composée de coloris naturels, parce que le leurre a été orienté vers la mer. Les fluos y ont perdu de leur intérêt. Les deux coloris mis en avant dans l’épisode sont Emerald Shiner, le coloris du FC Fight, et le classique à petites paillettes sur fond bleu, type sardine ou ablette, qui a pris les sandres de Yann.

Maintenant que le leurre a prouvé qu’il fonctionnait aussi bien en eau douce, Sakura travaille depuis plusieurs mois sur des coloris eau douce qui arriveront plus tard. Une version rose, réactive aux UV, est également prévue pour la pêche en traction et la pêche profonde, notamment pour le thon. Et la taille 150 mm, montrée dans l’épisode, est attendue d’ici la fin de l’année, avec ses têtes plombées lourdes.

Le matériel cité dans l’épisode

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Sakura Breizh Shad, le corps seul, en 82, 100 ou 123 mm.

Sakura Breizh Shad Jighead, la tête plombée dédiée, de 8 à 31 g.

Sakura Breizh Shad Combo, le shad pré-monté sur sa tête peinte, pour pêcher sans réfléchir.

Pour en savoir plus sur l’invité, retrouvez le portrait de Tanguy Marlin, de la Marne aux compétitions internationales.

Questions fréquentes sur le Breizh Shad

Le Breizh Shad est-il réservé à la pêche en mer ?

Non. Il a été conçu comme une imitation de sardine pour le bar, mais Tanguy Marlin l’utilise sur les grands lacs pour le brochet, et il prend aussi le sandre. Sakura prépare d’ailleurs des coloris spécifiques eau douce.

Quelles sont les tailles du Breizh Shad ?

82, 100 et 123 mm, mesurés sur le corps seul. Une taille 150 mm est annoncée, avec des têtes plombées de 45 à 60 g environ.

Faut-il obligatoirement la tête plombée Sakura ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est elle qui fait la différence. Son centre de gravité très bas garde le shad droit en traction comme à la descente et lui donne son rolling. Le combo pré-monté est la solution la plus simple pour commencer.

Comment animer le Breizh Shad ?

En linéaire, en laissant planer ou descendre dans la couche d’eau, ou en lancer-ramener continu façon cranking shad. En traction, il frétille, ce qui est propre à ce leurre.

Le Breizh Shad flotte-t-il ?

La matière est un PVC flottant sans phtalates ni bisphénol A. Monté sur sa tête plombée, il coule, mais la flottabilité freine légèrement la descente, et un corps arraché par un poisson remonte en surface au lieu de rester au fond.

Le poisson le plus gros que vous ayez pris au shad ?

Tanguy a accepté de mettre en jeu le Breizh Shad du FC Fight, celui du brochet de 1,15 m, encore marqué par le poisson. Pour tenter de le gagner, racontez en commentaire de la vidéo le plus gros brochet, bar ou sandre que vous ayez pris au shad, et dites à Tanguy ce que vous avez pensé de cet épisode.

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Le matériel cité dans l'épisode

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Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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