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Brochet

Swimbait ou glidebait : lequel choisir pour le brochet, avec Tom Couchoud

Swimbait ou glidebait : Tom Couchoud pose les définitions et explique quand sortir l'un ou l'autre selon la saison, l'activité des brochets et la pression de pêche. Densité, anneau d'attache, lestage, coloris et animation hivernale, tout y est.

13 min de lecture

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Swimbait ou glidebait : dans le rayon, les deux se ressemblent, coûtent le prix d’un bon moulinet et promettent le brochet d’une vie. Sortez le mauvais au mauvais moment et vous passerez la journée à faire suivre des poissons sans en piquer un. La différence ne tient ni à la marque ni au coloris, mais à ce que le leurre raconte au poisson : un glide imite, un multisegmenté provoque.

Dans cet épisode de La Grange de Tom Sawyer, Yann reçoit Tom Couchoud, pêcheur de gros brochets qui pratique ces leurres depuis des années, de la Suède au Venezuela en passant par les petites rivières de chez lui. Il pose les définitions, explique comment lire une densité en magasin, pourquoi l’orientation d’un anneau d’attache change tout, et surtout quand sortir l’un plutôt que l’autre selon la saison, l’activité des poissons et la pression de pêche.

Cet article reprend ses explications avec le pourquoi derrière chaque conseil ; la vidéo ci-dessus montre les leurres en main. Si vous découvrez ces leurres, le guide complet de la pêche au swimbait pose les bases ; ici, on tranche entre les deux familles.

Swimbait ou glidebait : de quoi parle-t-on ?

Tom commence par calmer les puristes : un glidebait est un swimbait. Aux États-Unis, le mot désigne tout leurre qui nage dès qu’on le ramène, y compris un souple à paddle. Dans cette famille, deux catégories ont des nages radicalement différentes.

Le glidebait est un leurre en deux parties qui ne revient pas droit : il part à gauche, glisse, part à droite, et montre ses flancs à chaque écart. C’est la nage en S. Le swimbait multisegmenté aligne trois, quatre ou cinq sections et revient en ligne droite avec une ondulation, souvent bruyante puisque les articulations claquent. Le monosegment qui glisse, type Salmo Slider, entre pour Tom dans la discussion sur les glides : ce qui compte, c’est le glissement latéral.

Un glidebait, ça s’anime ?

Yann met les pieds dans le plat : il a vu des vidéos très regardées expliquer qu’un glide « s’anime comme ça », à grands coups de scion. Tom est catégorique. Un glidebait est fait pour être lancé et ramené ; on varie les rythmes, on peut taper légèrement dedans, mais au moulinet, pas à la canne. Pour des écarts violents, prenez un jerkbait. Animer un glide sur place fonctionne sur une zone restreinte, mais ce n’est pas l’essence du leurre.

Choisir son glidebait : densité, profil, profondeur

Entre un I-Slide et un Jointed Claw, l’œil non averti voit deux leurres identiques. Tom explique pourquoi c’est faux : les glides haut de gamme sont dessinés par des spécialistes pour un lac, un type de pêche, une vitesse. L’un excelle pour pêcher lentement dans très peu d’eau, l’autre pour passer plus bas, un troisième pour traverser un courant. Plus on monte en gamme, plus le leurre est spécifique. Pour celui qui est en magasin, il donne deux indices à lire.

La densité, toujours notée en anglais

Floating, slow sinking, sinking, plus rarement fast sinking. Cette ligne se croise avec trois paramètres de votre poste : la vitesse de pêche, le courant et la profondeur.

En France, le glide sert surtout au brochet sur des zones peu profondes et encombrées : flottant ou slow sinking, donc. Le flottant ne tombe pas dans les herbiers à la pause et permet d’insister sur une zone précise. Mais entre l’impact et le moment où il devient pêchant, il se passe souvent une cinquantaine de centimètres ; dans un canal ou un polder, c’est déjà trop loin de la berge. Le slow sinking règle le problème : vous posez, vous laissez descendre, vous démarrez, et le leurre pêche directement contre la zone.

Ajoutez du courant et le raisonnement change. Dès que vous accélérez, le courant pousse le leurre vers la surface ; un modèle mal adapté ne nage plus, voire tourne sur lui-même. Tom cherche alors une forme fuselée, un nez pointu et une densité plutôt slow sinking. Et s’il faut passer à trois mètres sous la surface, ce sera un sinking ou un fast sinking, sans discussion.

L’orientation de l’anneau d’attache, le détail oublié

Regardez un leurre de face : l’anneau d’attache est orienté soit à l’horizontale, soit à la verticale. Sur un glide, pour maximiser les écarts, il est très souvent vertical. Si vous pincez un plomb sur cet anneau pour transformer un flottant en coulant, le leurre ne peut plus repartir vers la droite : il se déséquilibre et ne pêche plus. D’où le conseil de Tom : avec un glide, choisissez la bonne densité d’entrée de jeu, votre marge pour la modifier ensuite est minuscule.

Glidebait Megabass I-Slide 265 R vu de profil, corps en deux sections articulées
Le glidebait type : deux sections et une nage en S qui montre les flancs. Tom pêche beaucoup avec le gros I-Slide en eau froide.

Nœud, agrafe et lestage : laisser le leurre libre

Tom compare un glide à un leurre de surface : plus il a de liberté en tête, mieux il s’exprime. Une agrafe anguleuse ou un nœud serré bride la nage. Sur un modèle de trente centimètres, un anneau brisé avec un émerillon rolling convient ; sur les tailles courantes de 17 ou 18 cm, il préfère un nœud à boucle, surtout en fluorocarbone de 65 à 70 centièmes, le minimum pour le brochet.

Pour lester sans casser la nage, il a ramené d’Australie une astuce : remplacer les triples par des modèles à fer plus épais et surdimensionner légèrement les anneaux brisés, puis compléter si besoin par des plaques collées sous le ventre. Inutile de mettre lourd : l’idée du glide est de faire monter les poissons, et les pêches au live montrent un brochet en chasse capable de monter de 8, 10 ou 12 mètres pour frapper le bon glide passé au-dessus de sa tête.

Quand pêcher au glidebait : poissons actifs, zones très pêchées

Voilà le cœur de l’épisode. Pour Tom, le glide est l’imitation la plus proche et la plus discrète d’un poisson qui se déplace : pas de billes, pas de vibration, une ondulation lente. C’est le seul type de leurre avec lequel il a pris du poisson partout, de la Mongolie à l’Amérique du Sud, en mer comme en eau douce.

Ce caractère imitatif dicte le moment où le sortir. Tom l’a compris en Suède, où le nombre de touches permet de comparer les leurres bien plus vite que sur la Loire. Son constat : le glide sort du lot sur les phases d’activité. Un brochet qui mange est attentif à ce qui l’entoure ; capable de cueillir une ablette entre deux herbiers, il n’a pas besoin de billes pour localiser une proie. Il lui faut capter le leurre sans signal parasite, sans bruit qui lui rappelle une mauvaise expérience s’il a déjà été pris. Vous connaissez les fenêtres d’activité de votre secteur, ou autour de vous les copains commencent à prendre : c’est là que Tom sort un glide, surtout sur une zone pressurisée avec de gros poissons éduqués.

Peut-on prospecter avec ? Yann en doute, Tom non. Un Jointed Claw Magnum coulant se pêche très vite et appelle les poissons de loin ; c’est comme ça qu’il a commencé. La vraie frontière avec le multisegmenté n’est pas la vitesse, c’est l’état d’activité des poissons.

Quand préférer le swimbait multisegmenté : provoquer le réflexe

Le multisegmenté est bruyant, agressif, et revient en ligne droite. Ces trois traits en font le leurre des poissons qui ne mangent pas. Face à des brochets apathiques qui ne donnent que des touches courtes, il faut déclencher un réflexe plutôt que convaincre, et c’est exactement ce que fait un leurre articulé qui claque. Sa trajectoire rectiligne permet en plus de varier brutalement les vitesses sans décrocher, là où un glide lancé à pleine vitesse finit souvent sur le flanc.

D’où la réputation de leurre magique du Balam : on le sort quand ça ne mord pas, et on prend quand même des touches. Rien de magique pour Tom, c’est un leurre dessiné pour provoquer un réflexe, pas pour imiter.

Swimbait multisegmenté Madness Balam 300, corps articulé en plusieurs sections avec queue souple
Le Balam 300 : articulations très rapprochées, nage serrée et bruyante. Le leurre de réaction par excellence selon Tom.

Un seul leurre à acheter : swim ou glide ?

Budget serré, un seul achat : Tom part sur un multisegmenté, sans hésiter. La raison est mécanique : ses anneaux sont à l’horizontale, donc il se leste facilement. Un flottant dont vous réglez la densité couvre quasiment toutes les situations, hiver comme été. Il ne pêchera jamais aussi doucement qu’un glide, mais un glide le jour où il faut pêcher vite, c’est compliqué.

Même réponse pour un débutant, avec un argument en plus : la confiance. Un multisegmenté ondule joliment dès les premiers tours de manivelle, là où certains glides sont désespérants tant qu’on n’a pas vingt mètres de tresse dehors. On commence par un swim, puis on ajoute un glide choisi pour son secteur. Pour la canne qui va avec, le guide pour débuter la pêche bigbait détaille les puissances adaptées.

Sur la couleur, une règle constante : du contrasté et de l’agressif pour provoquer un poisson qui ne mange pas, du naturel pour imiter face à des poissons qui mangent. Et pour le débutant, un dos qui se voit bien, pas pour le poisson, pour le pêcheur : voir son leurre permet de le guider le long d’un herbier et d’accélérer ou de marquer une pause quand un suivi se dessine.

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Été ou hiver : quel leurre pour quelle saison

Le raisonnement part de la biologie. Plus l’eau est chaude, plus un brochet digère vite et mange souvent. En été, les poissons sont actifs, mais dans une eau parfois pauvre en oxygène où ils ne vont pas sprinter derrière une proie. Un glide lent et imitatif coche toutes les cases : il colle à un poisson qui mange, ne l’effraie pas, et il est facile à attraper.

En hiver, on entend partout qu’il faut pêcher tout doucement. Tom n’est pas d’accord, et il le présente comme son point de vue. Un poisson qui digère lentement ne mange pas ; lui passer lentement ce qu’il voit défiler toute la journée ne le provoque pas. Il préfère donc mettre du rythme en eau froide. Le multisegmenté le fait très bien, mais un glide aussi : Tom pêche énormément l’hiver avec le gros I-Slide, qui lui a donné beaucoup de gros brochets de mi-décembre à la fermeture, sans qu’il sache pourquoi ce modèle surpasse alors le Jointed Claw.

L’animation hivernale n’a rien du linéaire lent : deux ou trois mètres d’accélération très rapide, une longue pause, un redémarrage, toute la journée. La touche vient à la pause ou au redémarrage, par réflexe. En été, cette même animation fait rater ou renoncer les poissons : du continu et du lent répond bien mieux.

Leurre dur ou souple : la question du bruit

Tom raconte une histoire de chez lui. Pendant quatre ou cinq ans, la dizaine de pêcheurs de sa petite rivière a cartonné au Balam dès qu’il y avait un peu de débit. Puis les gros ont cessé de mordre franchement : ils suivaient ou tapaient du bout du bec. Son analyse : tous avaient déjà été touchés avec ce leurre, et le claquement des articulations était devenu un signal parasite.

Amortir le bruit avec du caoutchouc entre les segments ? Impossible sur un Balam, dont les articulations très rapprochées ne tolèrent aucune cale. La solution est venue d’un multisegmenté souple au profil très proche, le Mag Draft en grande taille : même silhouette, même nage, aucun claquement. Des poissons qu’il ne faisait plus que suivre ont pris franchement, dont un brochet de 1,20 m venu l’engamer contre le bord, marqué partout autour de la bouche.

Sa conclusion : le souple a toute sa place sur les zones très pêchées quand on veut le silence absolu, car même un glide fait claquer sa queue à chaque changement de direction. Pour approfondir, les six familles de leurres souples pour le brochet donnent le cadre.

Les variantes malignes : double nage et bottom tapping

Deux familles méritent un détour. D’abord les modèles trapus à trois articulations dont la dernière est souple, type Jointed Claw Ratchet : à vitesse lente ils font des écarts comme un glide, à vitesse rapide l’articulation souple fait rebond et le leurre ne décroche pas. Pour un débutant qui veut un seul leurre faisant un peu les deux, Tom trouve ça vraiment intéressant.

Ensuite les multisegmentés à bavette (sur un glide, une bavette tuerait les écarts). Leur intérêt est celui d’un crankbait : taper volontairement dans les obstacles, frotter le tas de branches pour provoquer un écart, la bavette protégeant les triples. Du bottom tapping avec un swim, dans moins d’un mètre d’eau, là où on peut aller se décrocher. Tom comprend le blocage lié au prix, mais il a vu des poissons péter les plombs sur un gros leurre qui heurte une branche et s’écarte, alors que le même leurre passé proprement devant n’aurait rien déclenché. Pour lui, c’est l’étape d’après de la pêche au swim en France.

Swimbait Gan Craft Jointed Claw Ratchet 184 à trois sections, vu de côté
Le Ratchet : trois sections dont une articulation arrière souple, pour glisser à vitesse lente et tenir à vitesse rapide.

Ferrage et armement : la canne avant tout

On rate beaucoup de poissons avec ces leurres, surtout en version dure. Avant de doubler les anneaux brisés ou de grossir les triples, regardez votre canne : si on décroche trop, c’est très souvent qu’elle est trop raide et n’amortit pas. Et quand une semaine les poissons avalent le Balam et la suivante ne le touchent que du bout du bec, l’armement n’y est pour rien : ce n’est plus ce leurre qu’ils veulent. Le comparatif des cannes à brochet aide à trouver l’action adaptée.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Côté glides, le Gan Craft Jointed Claw 178 en slow sinking, 17,8 cm pour 57 g, est la référence que Tom cite le plus, souvent en coloris naturel ; notre avis sur le Jointed Claw revient sur son histoire. Le gros Megabass I-Slide 265 R, 26,5 cm, est son glide d’hiver, celui des accélérations et des longues pauses. Le Salmo Slider en 10 cm coulant représente la famille des monosegments glissants évoquée au début.

Côté multisegmentés durs, le Madness Balam 300, 30 cm pour 168 g, flottant évoluant juste sous la surface, est le leurre de réaction dont Tom parle toute la vidéo ; le Balam 245, 24,5 cm pour 104 g, est la taille en dessous pour les cannes moins puissantes. Le Gan Craft Jointed Claw Ratchet 184, 18,4 cm pour 70 g, est la variante à double nage conseillée pour débuter. Enfin, le souple qui a relancé les gros poissons de sa rivière correspond au Megabass Mag Draft en 20 cm, pré-armé avec un aimant qui tient l’hameçon. Pour élargir, le guide pour choisir son swimbait brochet complète la boîte.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un swimbait et un glidebait ?

Le glidebait est un leurre en deux sections qui nage en S, glisse d’un côté puis de l’autre et montre ses flancs, le plus souvent en silence. Le swimbait multisegmenté aligne plusieurs sections, revient en ligne droite avec une ondulation et fait du bruit par le claquement de ses articulations. Techniquement, les deux sont des swimbaits, mais ils ne s’utilisent pas dans les mêmes situations.

Quand pêcher au glidebait ?

Selon Tom Couchoud, le glide donne le meilleur sur les phases d’activité, quand les brochets mangent, et sur les zones très pêchées où les poissons se méfient des leurres bruyants. L’été, avec une eau chaude et des poissons qui s’alimentent régulièrement, est sa saison de prédilection, en récupération lente et continue.

Faut-il animer un glidebait ?

Pas à la canne. Un glidebait est conçu pour être lancé et ramené au moulinet, en variant les vitesses et les pauses. On peut taper légèrement dedans au moulinet pour insister sur une zone, mais les grands écarts à la canne sont le travail d’un jerkbait.

Swimbait ou glidebait pour débuter ?

Un swimbait multisegmenté. Il se leste facilement grâce à ses anneaux horizontaux, couvre toutes les saisons et nage bien dès les premiers tours de manivelle. Le glide vient ensuite, quand on connaît son secteur et qu’on peut choisir précisément la densité et le modèle adaptés.

Comment lester un glidebait ?

Évitez le plomb sur l’anneau d’attache, souvent vertical sur un glide, qui déséquilibre la nage. Remplacez plutôt les triples par des modèles à fer plus épais, surdimensionnez légèrement les anneaux brisés, puis complétez éventuellement par des plaques collées sous le ventre, en dosant.

Pour aller plus loin

Retenez l’idée maîtresse : le glide imite un poisson qui se déplace, le multisegmenté provoque un poisson qui ne mange pas. Densité, saison, couleur et animation découlent de cette distinction. Tom Couchoud revient d’ailleurs sur la chaîne pour un épisode consacré à la recherche des gros brochets du bord, où ces leurres sont de nouveau de la partie.

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Le matériel cité dans l'épisode

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Leurre

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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