Aller au contenu

Brochet

Leurres Fox Rage brochet : la boîte d’ouverture de Sylvain Legendre

Sylvain Legendre ouvre sa boîte de début de saison : poissons nageurs Salmo, Bladed Jig et trailers, swim jig, grubs, Zander Pro Shad, anguilles et Réplicants Fox Rage. Avec sa méthode pour aborder un poste et choisir taille, vitesse et bas de ligne.

13 min de lecture

Choisir ses leurres Fox Rage pour le brochet en début de saison, c’est le genre de question qui revient chaque printemps dans les commentaires. Dans ce nouvel épisode de « Ouvre-moi ta boîte » sur La Grange de Tom Sawyer, Sylvain Legendre, compétiteur, détaillant et concepteur de leurres pour la marque anglaise, pose un tas de boîtes sur la table et explique ce qu’il va sortir pour l’ouverture du carnassier, et surtout pourquoi.

Le fil rouge : des eaux qui se réchauffent, des herbiers qui poussent, des brochets et des perches qui retrouvent de l’activité, donc des leurres qui brassent de l’eau et couvrent du terrain. Poissons nageurs, chatterbaits et trailers, swim jig, spinnerbait, grubs, shads, anguilles et Réplicants, tout y passe.

Cet article reprend chaque famille de leurres avec la logique qui va derrière, puis la méthode de Sylvain pour aborder un poste et son avis sur les bas de ligne. Si vous avez lu le portrait de Sylvain Legendre, vous ne serez pas surpris : rien n’est laissé à la couleur du jour.

La philosophie de Sylvain Legendre pour l’ouverture

Avant d’ouvrir la moindre boîte, Sylvain pose le cadre. Il ne sait pas encore où il pêchera à l’ouverture, mais les grandes tendances ne bougent pas : les poissons sortent de l’eau froide, les herbiers démarrent, l’activité remonte. Il choisit donc des leurres qui déplacent de l’eau et permettent de prospecter vite.

Deuxième choix : les espèces. Dans l’épisode, Sylvain explique qu’il ne cherche ni le sandre, probablement sur les nids, ni le black-bass pour la même raison. Il raisonne brochet, et perche quand le milieu en abrite une bonne densité. Il assume aussi un goût pour le leurre dur : c’est ludique, visuel, et les brochets dans peu d’eau se prêtent bien au poisson nageur.

Les poissons nageurs qui font des écarts

Salmo Sweeper et Slider

Ceux qui suivent Sylvain connaissent son leurre fétiche : le Salmo Sweeper, principalement en 14 cm, la taille la plus passe-partout (il existe aussi en 10, 12 et 17 cm). Un jerkbait en résine pleine, quasi indestructible, silencieux, dense, qui se lance très bien. Sylvain le pêche tel quel, sans lest : grands écarts, pauses, et une nage juste sous la surface qu’on suit à l’œil en eau claire.

Le Salmo Slider, en 10 et 12 cm et de préférence en version coulante, complète le duo. Ramené tout droit, il décrit de grands S nonchalants, parfait sur les vastes plateaux d’herbiers. Mais Sylvain le pêche surtout à coups de canne, sur des actions courtes : longer un arbre mort, les premiers nénuphars, une structure, pour faire sortir un poisson de son obstacle.

Le retour du jerkbait minnow

Vient ensuite un leurre que plus personne ne sort : le jerkbait minnow. Sylvain cite le KVD de Strike King, devenu dur à trouver, et le Pointer de Lucky Craft. Un minnow de 110 est pour lui un excellent leurre d’ouverture qui garantit des touches : belles perches, brochets pas forcément énormes. Pour cibler le brochet, il monte entre 110 et 130, le 128 restant un classique, et ça prend des poissons de 50 comme des poissons d’un mètre.

Détaillant, il confirme que ces leurres se vendent peu, comme les lipless : les gros swimbaits se sont vendus par palettes le temps que tout le monde s’équipe, alors que les minnows traînent dans les boîtes depuis vingt ans. Ce serait pourtant une erreur de ne pas en avoir un ou deux. Dernier conseil contre-intuitif : certains jours, il faut le ramener tout droit, sans jerks ni pauses. Sylvain avoue avoir du mal à s’y résoudre, et pourtant ça marche.

Cranks et lipless

Sylvain préfère le crankbait à partir de la mi-août, mais il en prend dès l’ouverture. Le Salmo Hornet 5.5 est son gabarit de petit milieu : bruiteur, compact, idéal sur les petites rivières où l’on veut attraper un peu de tout, un brochet de 50, une perche de 30. Le Hornet 9, à la bavette grosse et ronde mais courte, plonge autour de deux mètres, prend de jolis brochets et se montre redoutable sur les silures.

Le lipless rejoint cette famille : sans bavette qui freine, il se ramène vite et droit, s’accroche peu et prospecte plus vite les zones peu profondes, en version à billes quand l’eau est chargée.

Coloris : eau claire ou eau teintée, mais toujours un firetiger

Sur les couleurs, la règle tient en une phrase : la couleur de l’eau avant tout. Avec une exception : le firetiger est fortement UV et les brochets peuvent y réagir même en eau claire. Sa base est donc un coloris marron-vert pour les herbiers et un firetiger, quelles que soient les conditions.

Chatterbait, swim jig, spinnerbait : les leurres à vibration

Le Bladed Jig et le choix du trailer

Le chatterbait revient chez tous les invités de la série, et Sylvain ne fait pas exception. Il utilise le Fox Rage Bladed Jig, qu’il a conçu et décrit comme un excellent rapport qualité prix, presque toujours avec un trailer. C’est là que la pêche se dessine.

Chatterbait Fox Rage Bladed Jig en coloris pike, jupe silicone et palette articulée
Le Bladed Jig, conçu par Sylvain Legendre, se pêche avec un trailer finesse pour aller vite ou un grub pour ralentir.

Pour une pêche rapide et quand il y a des perches à prendre, il monte un Slick Finesse 13 ou 16 cm. Pour le brochet, il passe au Pro Grub 12 cm : le grub freine le chatterbait, la vibration reste intense, et surtout la queue en faucille ralentit la descente. Sylvain peut faire des pauses le long des branches et laisser son chatterbait descendre en parachute. Il réserve l’écrevisse au black-bass et n’utilise jamais de shad en trailer, à l’inverse de Yann qui pêche les polders hollandais très lourd avec un shad de 15 cm dans un mètre d’eau, pour aller très vite. Deux philosophies, deux milieux. Pour approfondir ces leurres, lisez notre guide chatterbait et spinnerbait pour les carnassiers.

Le swim jig, un chatterbait sans palette

Sylvain présente le swim jig comme un chatterbait discret : pas de palette, moins de bruit à l’impact, une descente plus naturelle, une récupération menée à la canne avec quelques à-coups. Il y met volontiers une écrevisse, même pour le brochet, parce que tout le monde s’en nourrit à un moment donné. Sur les endroits très pêchés où les poissons sont rodés aux fortes vibrations, si le chatterbait ne marche pas, le jig prendra peut-être le relais.

Le rubber jig dans les arbres, il le sort dans très peu d’eau, quarante centimètres entre deux touffes d’herbiers, là où un gros leurre ferait un plouf énorme et manquerait d’espace pour nager. Le swim jig prend tout son sens quand on le pose dans l’obstacle puis qu’on le fait nager en pleine eau jusqu’au bateau.

Le spinnerbait, l’arme non sélective

Sylvain a longtemps fait ses débuts de saison presque exclusivement au spinnerbait, à l’époque où il pêchait le Lot : silures, brochets, perches, même des sandres, un « carnage » selon son mot. Le spinnerbait se perçoit de loin, vibre et flashe, reste compact, ne s’accroche pas et se ramène tout droit : idéal pour un débutant pas encore précis au lancer. Sans trailer, c’est un excellent leurre à grosses perches ; avec un Pro Grub, il prend du volume et ralentit, ce qui le recentre sur le brochet.

Grubs, shads et anguilles : les souples de la boîte

Le Pro Grub et l’astuce de l’hameçon ouvert

Le grub a un côté old school, mais pour Sylvain c’est un sacré leurre. Il en utilise deux montages : un petit lest sous la gorge avec un triple en dessous, pour passer au-dessus des herbiers quand il y a un peu de place, et une Flashy Swimmer de chez Owner montée en texan. Ce dernier montage rate beaucoup de brochets. Son astuce : ouvrir légèrement la pointe de l’hameçon vers le haut avec une pince, sans fendre le grub, en laissant environ un centimètre entre le corps et la pointe pour que le leurre s’écrase et dégage l’hameçon. Le ratio devient bien meilleur.

Le Zander Pro Shad et l’armement au tiers avant

Un de ses shads préférés pour le brochet reste le Fox Rage Zander Pro Shad en 14, 16 et 18 cm, monté sur tête à visser avec un triple. Le triple se place au tiers avant du leurre, là où tapent les brochets, soit en dessous avec un anneau brisé et un émerillon, soit au-dessus. Son modèle fluo a le triple en dessous, pour pêcher profond, et son coloris motoroil, un tueur dans les herbiers, l’a au-dessus. Pour situer le shad parmi les autres souples, l’article sur les six familles de leurres souples pour le brochet fait le tour de la question.

Leurre souple Fox Rage Zander Pro Shad en coloris lemon tiger
Le Zander Pro Shad, monté sur tête à visser avec un triple au tiers avant.

Les anguilles : Shocktail, Dexter Eel, Slick Eel

Pour lancer plus gros dans l’esprit du grub, Sylvain passe à l’anguille : Iris Shocktail de Spro, Dexter Eel d’Illex, Slick Eel de Fox Rage en 28 et 35 cm. Un bonheur à brochet selon lui : bien lestée, ça se ramène tout doucement et prend vie à la moindre sollicitation.

Les Réplicants : Wobble ou Jointed

Sylvain ne sort jamais sans ses Réplicants, mais pas dans les tailles qu’on imagine. Il aime les touches et ne lancera pas un 32 toute la journée, même si ça prend des poissons. Sa zone de confort se situe entre 18 et 23 cm, avec deux familles employées de façon presque opposée.

Le Replicant Wobble en 23 cm sert quand le leurre doit être perçu de loin : eau un peu piquée, luminosité faible, poissons dans les herbiers qui ont besoin d’un signal fort pour le localiser. Le Replicant Jointed, en 15 ou 18 cm, est son leurre d’eau claire, pêché assez haut dans la couche d’eau et plutôt vite, parce que les poissons montent facilement dessus. Pour les subtilités de montage et de lestage, le guide technique du Réplicant Fox Rage détaille toute la gamme.

Swimbait souple Fox Rage Replicant Wobble en coloris super natural roach
Le Replicant Wobble, le choix de Sylvain quand l’eau est teintée ou la lumière faible.

Ajouter une palette sous le ventre

Sur ses Réplicants comme sur ses shads, Sylvain visse une petite palette sous le ventre quand l’eau se charge en plancton et que les herbiers sont denses : des vibrations en plus sans changer la silhouette. Il l’a fait en compétition sur un Zander Pro Shad lors d’une manche du Fishing Club où il prenait très bien les brochets, et va jusqu’à couper la queue d’un shad pour y mettre une palette, surtout jusqu’à la fin de l’été. Cette logique se retrouve dans sa méthode de compétition.

La newsletter

Friture sur la Ligne

Chaque jeudi soir, l'actu de la pêche au leurre qui pique un peu : compétitions, business, tendances et coulisses. Gratuit, désinscription en un clic.

Taille, vitesse, couleur : l’ordre des paramètres

Sylvain garde aussi quelques petits leurres, parce que la taille est un élément indispensable quand on pêche le brochet. Un Slick Shad de 11 ou 13 cm sur une spinning fine a sauvé bien des journées difficiles. Entre un leurre de 10 cm et un de 40, l’écart de vibration et de silhouette est énorme, et il arrive que les brochets ne veuillent que du petit. L’inverse existe aussi : un brochet de 45 cm pris sur un Réplicant Jointed de 32. Le réflexe, c’est de tâtonner dans les tailles jusqu’à trouver la gamme du jour.

L’autre paramètre capital est la vitesse : certains jours il faut ralentir à l’extrême, d’autres c’est en allant très vite qu’on déclenche des réactions. Côté couleurs, une base transparente, une opaque, un fluo et un naturel suffisent à dégrossir.

Comment Sylvain aborde un poste

Commence-t-il toujours par le même leurre sur un poste ? Non. Sylvain part avec un leurre de confiance adapté à la profondeur et à la couverture, et préfère multiplier les types de postes plutôt que de passer toute sa boîte sur un seul : berge opposée, autre couverture végétale, autre profondeur. Quand il a plusieurs suivis et sait que les poissons sont là, il bascule sur le leurre : plus vite, plus lourd, moins lourd, plus lentement, autre taille. La couleur arrive presque en dernier, quand les touches prouvent que le leurre plaît, ou lors d’un changement de luminosité.

Sa hiérarchie : d’abord pêcher là où il y a des poissons, ensuite passer un leurre du bon gabarit à la bonne hauteur d’eau et à la bonne vitesse. Un coloris quelconque bien employé prendra toujours plus de poissons que la couleur du jour mal présentée. On retrouve cette rigueur dans sa pratique du mid-strolling, où hauteur et vitesse font tout.

Cannes, bas de ligne et tresses

Cette approche permet un attirail restreint : une canne H, une XH et une petite spinning légère qui reste dans le coffre comme joker. Si elle sort, c’est que la journée ne se passe pas comme prévu.

Côté bas de ligne, dans neuf cas sur dix c’est du fluorocarbone en 90 centièmes, Réplicants comme leurres durs. Il descend en 60 ou 70 centièmes sur un jerkbait minnow quand un gros fluoro entraverait la nage, à condition d’avoir une canne plus légère en face : une canne raide avec un bas de ligne fin est une hérésie, on se fait couper. Le titane léger fonctionne aussi dans ce cas. Notre guide pour choisir son bas de ligne brochet détaille ces options.

Pour les tresses, Sylvain pêche volontairement gros parce qu’il se connaît un défaut au ferrage, un excès de nervosité qu’il compense avec des tresses un poil plus fortes : rarement sous PE 1.5 en casting, parfois PE 0.8 en spinning. Il fait un nœud sur ses bas de ligne de 75 à 90 centièmes et ne met d’agrafe que sur les jerkbaits minnows, pour changer de modèle facilement, et sur les petits leurres.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Les références posées sur la table se trouvent chez votre détaillant habituel. Chez Salmo : Sweeper 14 cm, Slider 10 et 12 cm coulants, Perch, Hornet 5.5 et Hornet 9. En jerkbait minnow, le Strike King KVD et le Lucky Craft Pointer. Côté Fox Rage : le Bladed Jig avec Pro Grub 12 cm ou Slick Finesse 13 et 16 en trailer, le Zander Pro Shad 14, 16 et 18 cm, le Slick Shad 11 et 13 cm, la Slick Eel 28 et 35 cm (aux côtés de la Spro Iris Shocktail et de l’Illex Dexter Eel), le Replicant Wobble 23 cm et le Replicant Jointed 15 et 18 cm. Le Pro Grub se pêche aussi seul, lesté sous la gorge ou sur Flashy Swimmer Owner.

Questions fréquentes

Quel leurre Fox Rage choisir pour le brochet en début de saison ?

Dans l’épisode, Sylvain Legendre privilégie les leurres qui brassent de l’eau et couvrent du terrain : le Bladed Jig avec un Pro Grub 12 cm en trailer, le Zander Pro Shad en 14 à 18 cm armé au tiers avant, et le Replicant Wobble 23 cm quand l’eau est teintée. Le Replicant Jointed 15 ou 18 cm prend le relais en eau claire.

Replicant Wobble ou Replicant Jointed : quelle différence ?

Le Wobble émet un signal fort, perçu de loin : Sylvain l’utilise en eau piquée, par faible luminosité ou quand les brochets sont dans les herbiers. Le Jointed est son leurre d’eau claire, pêché haut dans la couche d’eau et assez vite, parce que les poissons montent facilement dessus. Deux leurres, deux usages presque opposés.

Quel trailer mettre sur un chatterbait pour le brochet ?

Selon Sylvain Legendre, un grub comme le Pro Grub 12 cm est le meilleur trailer pour cibler le brochet : il ralentit le chatterbait, conserve une vibration intense et freine la descente, ce qui permet des pauses en parachute le long des branches. Pour les perches et une pêche rapide, un Slick Finesse 13 ou 16 fait mieux l’affaire.

Faut-il changer de couleur quand ça ne mord pas ?

Pas en premier. Sylvain change d’abord de poste, puis de vitesse, de lestage et de taille. La couleur vient presque en dernier, une fois que les touches montrent que le leurre plaît, ou quand la luminosité change. Une base transparente, une opaque, un fluo et un naturel suffisent pour dégrossir la plupart des situations.

Quel bas de ligne pour pêcher le brochet aux leurres Fox Rage ?

Sylvain utilise dans neuf cas sur dix un morceau de fluorocarbone en 90 centièmes, pour les Réplicants comme pour les leurres durs. Il descend en 60 ou 70 centièmes sur un jerkbait minnow, avec une canne plus souple pour ne pas se faire couper. L’important est l’homogénéité entre la puissance de la canne et le diamètre du bas de ligne.

Pour finir : se faire plaisir à l’ouverture

Le dernier conseil de Sylvain n’est pas technique. L’ouverture est l’occasion de sortir les techniques qui font plaisir : les poissons sont dans peu d’eau, autant chercher les attaques à vue au jerkbait. Si une pêche à l’aveugle prend quatre fois plus de touches il l’appliquera, mais il ira quand même tenter le poisson nageur sur une bordure ensoleillée dans la journée. Si vous aimez ce genre de boîte ouverte sans filtre, la newsletter Friture sur la Ligne arrive chaque jeudi soir dans votre boîte mail, avec un peu moins d’hameçons mais tout autant de mauvaise foi sur les coloris. Inscrivez-vous, vos parents ne la liront pas non plus.

La newsletter

Friture sur la Ligne

Chaque jeudi soir, l'actu de la pêche au leurre qui pique un peu : compétitions, business, tendances et coulisses. Gratuit, désinscription en un clic.

Leurre

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

Qui suis-je ?