Gros brochet du bord : la boîte de Tom Couchoud pour la rivière et le fleuve
Tom Couchoud ouvre sa boîte minimaliste pour les gros brochets du bord en fleuve : une canne, sept leurres et une lecture des conditions entre niveau bas et niveau haut. Chaque leurre, pourquoi, et quand le sortir.
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Prendre un gros brochet du bord, en rivière ou en fleuve, tient rarement du hasard : il y a une saison, un signal d’eau à guetter, une hauteur de nage à respecter au-dessus des herbiers, et une poignée de leurres qui font le travail avec une seule canne et un petit sac.
Dans cet épisode de « Ouvre-moi ta boîte » sur La Grange de Tom Sawyer, Yann reçoit Tom Couchoud, pêcheur de la Loire amont qui travaille chez Ultimate Fishing, et qui vide sa sacoche version minimaliste : une canne, une boîte, et une logique d’adaptation entre niveau bas et niveau haut. Même invité, autre angle que l’épisode swimbait ou glidebait pour le brochet : ici on parle terrain et choix leurre par leurre.
La meilleure période pour un gros brochet du bord en fleuve
Pour Tom, la fenêtre se situe à la transition août, septembre, parfois début octobre selon l’année. Les premiers coups d’eau et de fraîcheur relancent les gros poissons, qui acceptent encore de monter en surface. Selon lui, c’est la meilleure période de l’année pour pêcher du bord, sur la Loire comme sur la plupart des rivières françaises. L’article sur la transition été automne du brochet complète le propos.
Le signal du barrage : eau qui monte, fraîche et claire
L’astuce de Tom vaut partout où un barrage se trouve en amont. Tenues à cote pleine l’été pour les activités nautiques, les retenues relâchent de l’eau vers la mi-septembre pour produire de l’électricité. Le fleuve en aval prend un gros coup d’eau, sauf que cette eau vient du fond du lac : fraîche et, surtout, claire, là où un coup de pluie teinte presque toujours la rivière. Niveau qui monte, débit qui accélère, eau claire : « chez moi, c’est le feu vert pour aller prendre un gros poisson ». Mais la vanne peut être fermée à l’arrivée, ou s’ouvrir en pleine session. D’où une boîte capable de couvrir les deux situations.
Pêcher le brochet du bord léger : le sac, l’épuisette et la pince
Tom part avec un sac et deux ou trois leurres, de quoi parer une casse ou une coupe. Son setup commence par une épuisette, pas pour épuiser le poisson : il attrape ses brochets à la main, les décroche, puis les pose dans l’épuisette, tête dans l’eau, le temps de préparer caméra ou photos. Sans ça, « je tue tous mes poissons ». Vient ensuite une petite sacoche en bandoulière ou en banane : une pince longue type crocodile, une toise, une bobine de fluorocarbone et une seule boîte, une Meiho VS 3020 NDDM sans ses compartiments, choisie pour sa solidité. Pour l’épisode, Tom l’a remplie plus que d’habitude ; le jour où il pêche, il la divise par deux.
La pince mérite un détour. Un brochet de 1,10 ou 1,20 m a une gueule qui peut faire 35 à 40 cm de fond : sans pince longue, impossible de décrocher un leurre avalé sans y mettre le bras. Ce poisson arrive une ou deux fois dans une vie, mais c’est pour lui qu’on y va, et s’il se présente quand on n’est pas prêt, « ça devient un cauchemar alors que ça devrait être un rêve ».
Choisir ses couleurs : contraster ou se fondre
Avec deux types de couleurs, dit Tom, on fait le travail dans l’immense majorité des cas : un très gros contraste, ou se fondre dans l’élément. Du bord, il ne va pas se trimballer avec cinq Balam ; deux, « ce n’est pas du luxe ». Le piège, c’est le mot « naturel » : un vert clair disparaît dans certaines eaux, un marron dans d’autres. Les coloris vert flashy des grands lacs deviennent presque invisibles dans une eau verdâtre d’été, alors qu’un transparent liseré de blanc fait un halo visible de loin. Il faut juger la couleur dans l’élément, pas dans la boîte.
Niveau bas : les leurres pour gros brochets du bord quand l’eau est basse
Premier cas : la rivière est basse, peu de débit, herbiers presque en surface. Tom pêche des zones de 50 cm à 2 m de profondeur, parfois 2 m d’eau et 1 m d’herbier, donc 1 m pour faire passer le leurre. Tout ce qu’il sort doit évoluer au maximum à un mètre sous la surface, plutôt aux coups du matin et du soir en période chaude.
Le stickbait Z-Claw : faire monter et faire du bruit
Tom attaque très souvent en surface avec un Z-Claw en taille originale, auquel il demande une sonorité sourde, une tenue horizontale et une nage correcte avec un fluorocarbone de 70 centièmes, ce que toutes les références ne font pas. Pourquoi pas plus gros ? Il a essayé, avec moins de résultats : un stick plus lourd pénètre davantage dans l’eau à l’impact, et sur une pellicule mince au-dessus des herbiers, c’est l’accrochage assuré. Si les herbiers affleurent, il passe à la frog sans débat ; sinon le stick prospecte plus large et rate moins de touches. Le dossier sur le brochet à la frog couvre l’autre option.
L’I-Jack : la subsurface qui fait « péter un plomb »
Quand un brochet suit le stick, fait un remous derrière et refuse d’éclater la surface, cinq centimètres plus bas il l’aurait pris. C’est le moment du Megabass I-Jack : la moitié du corps sous l’eau, le dos qui dépasse, et il plonge si vous accélérez. Début septembre, quand un petit espace se dégage entre herbiers et surface, Tom le juge « vraiment fatal ».
Ce qui le distingue : une bavette à 90 degrés, un corps très flottant et anguleux, et un système sonore où une tige terminée par une bille vient claquer les flancs à chaque oscillation. Ramené lentement, le bruit est lent ; accélérez, et le rythme sonore s’emballe en même temps que les flancs brillent plus vite. Cette combinaison déclenche énormément de poissons à cette période, et après un stick puis un I-Jack, Tom n’a toujours pas pris le moindre risque d’accrocher ni de « flinguer le spot ». Deux coloris : un plein, un transparent.

Le glidebait i-Slide 187 pour pêcher sur place
Après un suivi ou un raté près d’un obstacle, Tom passe un peu plus bas avec un glidebait de précision : le Megabass i-Slide 187. Bien maîtrisé, il s’anime trois ou quatre fois sur un mètre carré, coule tout doucement, et c’est vous qui décidez à quelle profondeur le faire démarrer. Quand vous voulez jouer sur les nerfs d’un poisson localisé, c’est l’outil : lentement sur des poissons qui mangent, agressivement sur des apathiques pour déclencher une touche de réaction. Sa limite : il ne tient pas le courant.
Le Mag Draft : la valeur sûre quand on ne sait plus quoi mettre
Des poissons chauds qui ratent sur les mouvements saccadés prennent très bien un leurre qui avance tout droit. Pour Tom, c’est le Megabass Mag Draft, le premier leurre avec lequel il a fait un métré dans la Loire. « Quand je suis en panique et que je ne sais plus quoi mettre, je mets ça. » En Loire, c’est le 8 pouces qui passe le mieux, sous la surface sans modification ; le 10 passe trop bas sauf gros débit. L’animation : une seule vitesse, et dès que le paddle bouge, vous ne faites rien de plus.
Il excelle en limite de courant, là où une cassure se forme avec le début des herbiers. La technique de Tom : lancer légèrement en amont dans le courant, laisser le leurre nager mal, un peu couché, puis au moment d’entrer dans le remous, baisser la canne et accélérer un peu pour qu’il se stabilise et se mette à nager. Il a pris « un nombre de brochets comme ça » dans la Loire.

Montage anti-herbe et analyse GoPro des attaques
À niveau bas, le triple ventral du Mag Draft accroche en permanence. Tom le retire et le remplace par une petite chaînette Xorus, l’Ulti Shallow Rig, dont le triple se plante dans le dos du leurre : vous pouvez frotter les herbiers avec le ventre et ça pêche quand même. Il ne rate pas plus de poissons, « je dirais même presque un peu moins ». Ses images GoPro l’expliquent : au ralenti, le brochet arrive sur le côté, double légèrement le leurre et ouvre la gueule une fois la queue dépassée pour aspirer la tête en premier, celle qui glisse sans déplier d’épines. Les traces de dents sont autour de la tête, et la position du triple a peu d’incidence en eau peu profonde.
Le Balam : tailles et secrets de lestage
Dernier leurre du cas « niveau bas » : le Balam. En Loire, Tom utilise le 200 quand il faut poser entre les branches toute la session, et le 245 sur les courants linéaires et les grands plateaux d’herbiers. Sur le lestage, la réponse surprend : en rivière peu profonde, il ne leste pas. Le Balam est flottant, il pêche juste sous la surface comme une subsurface géante, et sur les pauses il plonge en montrant ses flancs, gagne une vingtaine de centimètres puis remonte. Parfait pour zigzaguer entre les herbiers.
Quand il faut lester, le 300 accepte un lest devant, sur l’anneau du triple ventral, ou déporté sur un émerillon baril type Power Roll pour pêcher en traction. Sur le 245 et le 200, jamais en tête, ça casse la nage : sur l’anneau du triple ventral, le plomb placé entre le ventre et le triple pour que celui-ci garde toute sa mobilité à la touche. « C’est un petit détail, mais c’est un truc auquel je fais gaffe. »

Niveau haut : lire les remous et les bras morts
Deuxième cas : le débit est monté. Un herbier excellent à 5 ou 8 m³ n’a plus grand intérêt à 80. Les poissons blancs sont plaqués contre le bord, dans les zones d’amorti qui étaient inintéressantes à bas niveau : l’eau y rentre, immerge de la nourriture, et les brochets sont derrière. Dans un bras mort, ils se tiennent entre le courant qui longe l’entrée et les blancs à l’intérieur, pas loin du remous : stressés par le manque d’oxygène tout l’été, ils restent près des zones brassées tant que l’eau est chaude. On pêche donc les limites courant / zone calme, en priorité là où du poisson blanc est rassemblé.
Le Jointed Claw et le Jointed Claw Magnum
Dès qu’il y a du courant, l’i-Slide ne tient plus. Tom le remplace par un glidebait plus fuselé, le Gan Craft Jointed Claw, qui pêche moins bien sur place mais tient le courant et prospecte les remous en plein jus. Tom préfère la taille Magnum (23 cm) ; sur une rivière plus petite ou un canal, il prendrait le 178, la taille originale, celle que Yann affectionne pour sa nage en S sans esbroufe. Pour aller plus loin, lisez l’avis sur le Gan Craft Jointed Claw.
Condition commune à tous ces leurres durs : un minimum de visibilité, pour qu’un brochet embusqué voie passer le leurre à un mètre de lui. Si vous ne voyez plus votre leurre à 20 cm sous la surface, autant aller chercher le sandre, concluent les deux compères.
Pourquoi pêcher gros, et à quel rythme
Quand des milliers de petits poissons sont regroupés dans un amorti, imiter leur taille revient à se noyer dans la masse ; un leurre un peu gros qui dénote « rapporte rapidement des touches ». La sélection de Tom ne change d’ailleurs pas avec le débit : Mag Draft 8, Balam 245, Jointed Claw Magnum. Un leurre de 18 à 23 cm est pour lui passe-partout ; la taille n’est pas liée au débit mais à la hauteur à laquelle on passe. Son rythme est rapide : il sait où se forment les remous quand la Loire monte, passe un quart d’heure sur chacun avec un ou deux leurres différents, puis change. Jamais plus de dix à quinze minutes au même endroit, sauf s’il enchaîne les touches. Cette approche contraste avec celle décrite dans l’article sur le big bait du bord en petits milieux, où les longs lancers répétés ont leur place.
La canne pour pêcher le brochet du bord avec une seule canne
Un Jointed Claw se fait agrafer en bord de gueule, dans des chairs fines, et une canne trop raide l’arrache, surtout sur une attaque dans les pieds. Tom privilégie donc une canne assez souple : la sienne annonce 28 à 112 g, de quoi lancer autant un Z-Claw qu’un Balam 245. Une XH d’environ 2,20 m, talon court pour rester maniable sous les branches et en wading, et surtout une pointe très souple, medium fast au maximum, idéalement vers le regular. « Tu t’en décroches beaucoup moins, vraiment. » Le bas de ligne est en fluorocarbone de 70 centièmes minimum ; notre guide pour choisir son bas de ligne à brochet détaille les options.
Les lunettes polarisantes, l’accessoire qui fait la différence
Tom utilise des Wiley X en voyage et des Big Fish, plus accessibles, en deux teintes : un verre bleuté pour la pleine lumière, un verre jaunâtre pour les zones ombragées et les journées couvertes. Voir un brochet suivre puis faire demi-tour, changer de leurre et le reprendre, « c’est les lunettes qui font ça ». Voir les herbiers pour savoir où passer, aussi, sans oublier la sécurité face aux branches et au collègue qui lance derrière vous. L’article sur les lunettes polarisantes de pêche fait le tour des verres.
Le matériel utilisé dans l’épisode
Tout tient dans une sacoche en bandoulière, avec une seule boîte. La Meiho VS 3020 NDDM (255 x 190 x 60 mm) est assez profonde pour des gros poissons nageurs. La pince longue est une Spro Pistol Grip Pliers de 28 cm, à poignée pistolet. S’y ajoutent une toise, une épuisette et du fluorocarbone en 70 centièmes.
Côté leurres : le stickbait Xorus Z-Claw en taille originale pour la surface, puis le Megabass I-Jack (10,8 cm, 27 g) en subsurface. Le glidebait de précision est le Megabass i-Slide 187 (18,7 cm, 65 g). Le swimbait souple est le Megabass Mag Draft en 8 pouces, soit 20 cm, dont le triple ventral cède la place à la monture Xorus Ulti Shallow Rig dans les herbiers. Le Balam 245 (24,5 cm, 104 g), ou le 200, est pêché flottant et sans lest. Pour le courant, le Gan Craft Jointed Claw Magnum (23 cm, 113 g) remplace l’i-Slide. L’émerillon baril Power Roll sert au lestage déporté du Balam 300 en lac.

Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour un gros brochet du bord en rivière ?
Selon Tom Couchoud, la transition entre la fin de l’été et le début de l’automne, souvent de fin août à début octobre selon les années. Les premiers coups d’eau et de fraîcheur relancent les gros poissons, qui montent encore volontiers en surface. Un lâcher de barrage qui fait monter une eau fraîche et claire est, pour lui, le signal le plus fiable.
Quels leurres pour pêcher le brochet du bord dans les herbiers ?
Des leurres qui évoluent en surface ou juste dessous : un stickbait de taille moyenne, une subsurface comme l’I-Jack, un glidebait qui coule lentement, un swimbait souple monté avec un armement dorsal, ou un gros swimbait flottant comme le Balam pêché sans lest. L’objectif est de passer dans le mètre d’eau libre au-dessus des herbiers sans accrocher.
Faut-il lester un Balam pour le brochet ?
Pas forcément. En rivière peu profonde, Tom le pêche flottant, sans lest, comme une grosse subsurface. S’il faut lester un 245 ou un 200, il place le plomb sur l’anneau du triple ventral, entre le ventre et le triple, jamais en tête, qui casse la nage. Le 300 accepte un lest en tête pour une descente rapide, ou déporté sur un émerillon pour pêcher en traction.
Quelle canne pour pêcher le brochet du bord avec une seule canne ?
Tom utilise une canne casting XH d’environ 2,20 m annonçant 28 à 112 g, pour lancer aussi bien un stickbait qu’un Balam 245. Le point clé est une pointe souple, medium fast au maximum, voire proche du regular, parce que les leurres durs piquent souvent en bord de gueule et qu’une canne raide les arrache.
Combien de temps rester sur un poste quand on pêche le brochet du bord ?
Dix à quinze minutes, pas plus, selon Tom. Il passe un ou deux leurres différents sur chaque remous ou amorti, puis il change de poste. Il ne reste que s’il enchaîne les touches, et il repasse rarement deux fois au même endroit dans la session.
Pour aller plus loin
Une seule canne, une boîte divisée par deux, et une règle simple : passer au bon niveau au-dessus des herbiers, le reste est affaire de conditions et de rythme. Les vidéos de pêche en Loire de Tom Couchoud illustrent chaque leurre en action. Si vous aimez qu’on vous ouvre des boîtes sans vous vendre douze couleurs du même leurre, Friture sur la Ligne, la newsletter des pêcheurs passionnés, arrive le jeudi soir dans votre boîte mail, celle qui ne craint ni les chutes ni les herbiers.
Le matériel cité dans l'épisode
- Boîte Meiho VS 3020 NDDMVoir
- Pince Spro Pistol Grip Pliers 28 cmVoir
- Megabass I-JackVoir
- Megabass i-Slide 187 R IntermediateVoir
- Megabass Mag Draft 8 pouces (20 cm)Voir
- Monture Xorus Ulti Shallow RigVoir
- Balam 245Voir
- Balam 200Voir
- Gan Craft Jointed Claw Magnum SSVoir
- Gan Craft Jointed Claw 178 SSVoir
- Émerillon Decoy Power Roll Ring PR-12Voir
