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Brochet

Xorus Dango : avis et conseils d’animation du nouveau shallow runner à brochet

Nicolas Cadiou raconte les coulisses du Xorus Dango, un gros crank shallow runner conçu pour le brochet européen. Fiche technique, animation, coloris, saisons et comparaison franche avec le Hijack.

9 min de lecture

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Un crank shallow runner de 12 cm et une cinquantaine de grammes, pensé d’abord pour le brochet et non pour le black-bass : c’est la promesse du Xorus Dango, le nouveau leurre dur de la marque maison d’Ultimate Fishing. Pour en parler sans langue de bois, Yann a reçu sur La Grange de Tom Sawyer Nicolas Cadiou, qui travaille chez Ultimate Fishing et qui a pêché plusieurs demi-journées avec les prototypes avant la commercialisation.

L’épisode (la vidéo ci-dessus) raconte les coulisses du développement : le nom, cette forme de « patate » ultra flottante, ce qui le différencie vraiment d’un Hijack, sa profondeur de nage selon la position de la canne, et un conseil de prospection que Nicolas applique de plus en plus.

Si vous pêchez des étangs, des canaux ou des rivières lentes de moins de deux mètres cinquante de fond, voici la fiche technique, le mode d’emploi et les points qui restent à confirmer.

Xorus Dango : la fiche technique du shallow runner

Le Dango est un crankbait flottant à bavette courte, conçu pour nager de la surface à quelques dizaines de centimètres sous l’eau. Il mesure 12 cm pour 52 g selon la fiche produit (Nicolas parle d’« une cinquantaine de grammes »), avec deux triples Decoy YF33 retenus après essai de plusieurs références, et une grosse bille unique.

  • Longueur : 12 cm
  • Poids : 52 g (fiche produit)
  • Action : flottant, très forte flottabilité
  • Profondeur de nage : de la surface à environ 60 cm selon la vitesse et la hauteur de canne
  • Hameçons : Decoy YF33
  • Coloris : 8 référencés chez le marchand (Perch, Redfin Perch, Mat Albino, Mat Tiger, Odoryat Chart, French Pearl, Ablette, Ochi Ayu)
  • Cibles : brochet en priorité, black-bass
Crankbait Xorus Dango 120 SR vu de profil, corps ventru et bavette courte
Le Dango 120 SR : un corps large, une bavette courte, un leurre taillé pour pousser de l’eau.

Le nom vient d’une spécialité japonaise, une brochette de boulettes de riz qui a à peu près la forme et la taille du leurre : cohérent avec la gamme et prononçable à l’international.

Un leurre pensé pour le brochet européen, pas pour le bass

C’est le point central du discours de Nicolas. Les cranks shallow runner sont légion, mais les marques connues visent les marchés américain et japonais, où le poisson roi est le black-bass : tout est calibré pour lui, puis adapté au brochet « parce que ça en prend plein ». Le Dango prend le problème à l’envers, le brochet d’abord, le bass ensuite.

Et pour le brochet, un classique s’impose selon lui : les leurres qui poussent beaucoup d’eau font bouger les gros poissons. Le cahier des charges tenait en une ligne, déplacer plus d’eau que tous les shallow runners du marché. D’où une flottabilité extrême, « une balle de tennis avec une bavette » qui remonte très fort, et dont la poussée combinée à la largeur du corps déplace l’eau à la récupération.

Yann joue l’avocat du diable : il ne possède pas de Hijack et ses deux gros cranks peu plongeants ne sortent jamais de la boîte. Nicolas répond par la réalité du terrain : les vidéos montrent des grands lacs et des poissons de 1,20 m, mais la vraie vie de la majorité des pêcheurs, c’est l’étang d’à côté avec 2,50 m au plus profond, le canal, la rivière lente, du bord, en wading ou en float tube. Là, un leurre qui prospecte vite dans moins d’un mètre d’eau a toute sa place.

Est-ce juste un Hijack en plus gros ?

Yann pose la question dès le début pour « casser le truc ». Nicolas reconnaît le point commun de forme et de profondeur de nage avec le Hijack, qu’il connaît bien puisque sa maison le distribue. Mais la fonction diffère. D’abord la vitesse. Un Hijack décroche quand on le ramène très vite. Le Dango accepte d’aller « deux fois plus vite » tout en continuant de pousser de l’eau, et c’est en accélérant franchement que Nicolas l’a trouvé le plus convaincant. Bavette et équilibrage n’ont rien à voir.

Ensuite le son. Le Hijack a un système unique, une bille au bout d’un drapeau qui claque les parois à chaque bascule, d’où un bruit sourd « du tonnerre ». Le Dango embarque une grosse bille classique, bien audible sous l’eau, mais sans ce « boum ». C’était voulu : l’idée était de compléter la gamme avec un leurre qui nage plus vite et insiste moins sur un gros son localisé, pas de refaire la même chose.

Comment animer le Dango : profondeur, vitesse et hauteur de canne

Un crank, rappelle Nicolas, s’anime au moulinet, pas à la canne : c’est la manivelle qui fait le travail. Trois leviers règlent la profondeur du Dango.

La récupération : du sillage de surface au ras du fond

En récupération moyenne, le Dango évolue environ 30 cm sous la surface. Canne basse et récupération rapide, il descend vers 60 cm. Si vous ralentissez vraiment, il reste au ras de la surface et crée un sillage : la nage que Nicolas trouve la plus « sexy », avec des attaques spectaculaires, au point qu’on est tenté de ne faire que ça. Son conseil est de ne pas s’y enfermer, le leurre est vraiment fort quand on accélère.

La hauteur de canne pour ajuster au poste

À vitesse égale, la position de la canne affine la profondeur : canne haute, le Dango passe au ras de la surface sur un plateau ; canne basse, il plonge un peu plus pour passer une fosse. On suit ainsi le relief d’un poste sans changer de leurre ni de vitesse. L’article sur la pêche du brochet en linéaire détaille les bases de cette animation au moulinet.

Jusqu’où faire monter les poissons ?

Le Dango n’est pas fait pour chercher le fond. Nicolas le juge efficace jusqu’à 2 m d’eau : passé 1 m ou 1,50 m au-dessus des poissons, le déplacement d’eau suffit à les faire décoller. Dans de bonnes conditions, il n’exclut pas de faire monter des brochets depuis 6 m, sans l’avoir testé lui-même. Une piste, pas une promesse.

Le conseil de Nicolas Cadiou : nettoyer un poste avant de partir

Tout le monde classe ce type de leurre dans la prospection en éventail : power fishing, couverture rapide et méthodique du terrain. C’est juste. Mais Nicolas pratique de plus en plus un second usage, moins répandu.

Le scénario : un poste que vous connaissez, qui donne régulièrement, abordé en finesse avec un petit shad discret. Rien, ou une touche manquée. Avant de partir, accordez deux minutes au Dango. Peut-être une fois sur dix, dit Nicolas, il reste un poisson que vous aviez laissé : quand vous lanciez à gauche il était à droite, puis l’inverse, et l’approche discrète ne l’a jamais sollicité. Un leurre qui pousse autant d’eau va le chercher. Quand il a confiance dans le poste et qu’il est dans un créneau d’activité, Nicolas « nettoie le poste » ainsi avant de changer de secteur.

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Les coloris : perche, blanc, chartreuse et dos jaune transparent

Nicolas annonce une dizaine de coloris ; la fiche produit en liste huit. Il montre encore des prototypes dans l’épisode, mais les teintes donnent une bonne idée de la série : deux perches, l’une vert-bleu, l’autre dorée, un blanc, un « ayu » adapté à nos eaux acides, un poisson blanc brillant, un chartreuse pétant, le classique Mat Tiger de la gamme, et un dos jaune transparent à fines rayures argentées que Nicolas adore par forte lumière. Pour aller plus loin sur les couleurs, voyez le guide pour choisir son leurre à brochet.

Xorus Dango 120 SR coloris chartreuse Odoryat Chart
Le coloris chartreuse, un jaune pétant qui se voit de loin en eau teintée.

Quand sortir le Dango : saisons et gros vent

Nicolas l’aime en début et en fin de saison. À l’ouverture du brochet, les poissons sont encore sur les zones peu profondes après la reproduction, et un leurre qui passe vite dans 30 à 60 cm d’eau est dans son élément. En fin de saison, il attend les dépressions et les coups de vent de sa Bretagne : des conditions de chasse préférentielles, où peu de leurres permettent de pêcher propre dans peu d’eau avec une ligne tendue.

La bavette joue alors un rôle inattendu : le Dango tire bien sur la canne et garde la bannière tendue, comme un chatterbait par gros vent, avec un corps dense qui se lance bien. Dans des conditions rudes, Nicolas l’a trouvé « vraiment hyper bien » dans moins d’1,50 m d’eau. Pour ces périodes, l’article sur le brochet entre été et automne éclaire le positionnement des poissons.

Et pour les carnassiers exotiques, le bass et le bar ?

Le Dango fait penser aux leurres emmenés pour l’aïmara, remarque Yann. Nicolas ne promet rien : la résistance de l’armature reste à vérifier sur peacock bass, aïmara ou dorado. Sur le brochet, c’est validé ; sur le black-bass, des poissons ont été pris sans souci. Quant au bar, Nicolas compte bien essayer, lui qui en a pris avec tous les autres leurres de cette famille. Ceux qui connaissent ses conseils pour le bar à vue ne seront pas surpris.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Le leurre au centre de la discussion est le Xorus Dango 120 SR, 12 cm, 52 g, flottant, annoncé à 24,90 € sur sa fiche : le complément naturel d’un jerkbait et d’un gros shad pour les petits milieux.

Pour le jerk, Nicolas cite le Xorus Deviant, 15 cm pour 82 g, une forme classique revisitée avec un son et une densité différents. Côté mer, Xorus s’est bâti une réputation avec deux stickbaits de surface que Nicolas place parmi les plus vendus d’Europe de l’Ouest, l’Asturie 150 et le Patchinko 125. Le Hijack, point de comparaison tout au long de la vidéo, est évoqué sans être utilisé.

Pour bâtir une boîte cohérente autour de ce type de leurres, le guide des meilleurs leurres pour débuter le brochet est un bon point de départ.

Questions fréquentes

À quelle profondeur nage le Xorus Dango ?

En récupération moyenne, il évolue autour de 30 cm sous la surface. Canne basse et récupération rapide, il descend vers 60 cm. Canne haute et récupération lente, il reste au ras de la surface et crée un sillage. Nicolas Cadiou le juge efficace sur des postes allant jusqu’à 2 m de fond, puisque le déplacement d’eau fait monter les poissons.

Quelle différence entre le Dango et le Hijack ?

Les deux sont des cranks shallow runner de forme et de profondeur voisines, mais le Dango est plus gros, plus flottant, et supporte une récupération beaucoup plus rapide sans décrocher. Son système sonore est aussi différent : une grosse bille classique, là où le Hijack utilise une bille au bout d’un drapeau qui claque les parois avec un son sourd.

Quelle canne pour pêcher avec un crank de 50 g ?

Un crank de 12 cm et 52 g qui tire fort sur la bavette demande une canne dont la plage de puissance couvre ce poids, avec une action plutôt progressive pour ne pas décrocher les poissons sur une récupération continue. Pour choisir, l’article sur la meilleure canne à brochet détaille les critères.

Le Dango fonctionne-t-il sur le black-bass ?

Oui, des poissons ont été pris pendant les tests et le bass est cité comme cible secondaire. Le leurre a toutefois été conçu avec le brochet comme priorité, ce qui explique sa taille et sa poussée d’eau supérieures aux cranks orientés bass du marché.

Quelle est la meilleure saison pour un shallow runner à brochet ?

Selon Nicolas Cadiou, l’ouverture du brochet, quand les poissons sont encore sur les hauts-fonds après la fraie, et la fin de saison par temps venteux. Dans les deux cas, le leurre pêche propre dans peu d’eau avec une ligne tendue, ce que peu de leurres permettent par gros vent.

Un gros crank qui pousse de l’eau, et une bonne raison de regarder l’épisode

Le Dango ne remplace ni votre jerk ni votre shad préféré. Il comble un créneau que beaucoup de pêcheurs de brochet négligent : le gros crank peu plongeant, ramené vite, qui déplace une masse d’eau sur les milieux de moins de deux mètres. Les explications de Nicolas Cadiou sur chaque choix, la comparaison franche avec le Hijack et le conseil des deux minutes valent largement les 35 minutes de vidéo.

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Le matériel cité dans l'épisode

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Leurre

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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