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Leurres bar du bord en été : Yann vide sa sacoche de pêche de nuit

Yann vide la sacoche qu'il traîne chaque soir dans les rochers pour le bar du bord l'été : leurres souples, lames, surface, têtes plombées et attractants. Avec le leurre qui fait la majorité de ses poissons et les règles de sécurité pour pêcher la mer de nuit.

13 min de lecture

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Quels leurres pour le bar du bord en été, quand l’eau est claire comme du gin, que la plage est noire de monde jusqu’à 20 h et que les poissons ne se décident qu’à la nuit tombée ? C’est la question que Yann se pose quatre ou cinq soirs par semaine en ce moment, et il y répond de la façon la plus honnête possible : en vidant sur la table la sacoche qu’il avait encore la veille dans les rochers, sans rien trier ni ranger.

Dans cet épisode solo de La Grange de Tom Sawyer, à regarder dans la vidéo ci-dessus, Yann laisse les brochets tranquilles le temps de la canicule et détaille ce qu’il emmène pour la pêche du bar du bord l’été : les leurres souples qui prennent tout, les lames qui partent loin, les leurres de surface pour le coup du soir, les têtes plombées, les attractants, la colle et les agrafes. Il dit lesquels font les poissons en ce moment, lesquels dorment dans le compartiment qu’il n’ouvre jamais, et pourquoi.

Cet article reprend l’épisode dans l’ordre de la sacoche, avec la logique derrière chaque choix. Si vous pêchez le bar du bord à une autre saison, le même exercice existe pour la boîte de Yann en automne et pour les leurres du bar en hiver avec Ludovic Bigot.

Le contexte : des bars de nuit dans moins de six mètres d’eau

Toute la sacoche découle du terrain. L’été, l’eau est très claire et le littoral est saturé : baigneurs, paddles, bateaux. Trouver un bon poste en pleine journée devient compliqué, donc Yann a décalé ses sorties : son créneau de choix court de 21 h à 2 h du matin.

Les postes sont ceux du pêcheur du bord classique : têtes et pointes rocheuses, moulières, parcs à huîtres, sur des profondeurs comprises entre zéro et cinq ou six mètres maximum. Quand la nuit tombe, on entend les bars taper en surface, parfois on les voit à la frontale : c’est pour cela que les leurres de surface tiennent une place à part dans sa sacoche. La pêche du bar en mer de nuit est autorisée, mais elle demande une vraie préparation, et Yann y revient en fin de vidéo.

Côté cannes, des modèles de 2,10 m à 2,80 m, en puissances 3-14 g et 5-25 g pour l’essentiel. Le fluorocarbone est fin : 28, 25 ou 22 centièmes, le 25 étant son diamètre principal.

La sacoche et ce qui pend à la ceinture

Le contenant, c’est une sacoche Ultimate Fishing, déjà présentée dans un épisode avec Ludovic Bigot, et qui pèse son kilo. À la ceinture, une épuisette raquette Fox aimantée : une vingtaine d’euros, et un vrai gain de sécurité quand on jongle dans les rochers avec le sac, la canne, le poisson et les vagues.

Deux accessoires sans glamour reviennent plusieurs fois. Le tube de super glue : dès que les bars tapent, les corps souples se déchirent, et un point de colle à la jonction tête-corps prolonge nettement la vie d’un Black Minnow ou d’un Sandy Andy. Les agrafes : des Sakura 18 kg en taille 3, à choisir selon les leurres, parce que sur certaines lames l’œillet enfoncé dans le corps rend l’agrafe pénible à passer.

Les leurres souples : le cœur de la sacoche

Les finesse pour l’eau claire : Spindle Worm, Easy Shiner, One Up Shad

La pochette avant regroupe les leurres fins pour canne légère et eau limpide. Le Megabass Spindle Worm en 4 pouces ouvre la liste : il lui a fait toute une saison il y a deux ans, et son coloris favori est l’Ayu, celui avec la petite tache jaune, qui passe tout seul dans l’eau claire. Le Keitech Easy Shiner 4 pouces vient ensuite, pour sa vibration très légère, le blanc prenant le relais dès que l’eau se salit un peu après un coup de vent.

Le Sawamura One Up Shad 4 pouces en coloris bleu est qualifié d’arme absolue. Quand les petites sardines arrivent le long des côtes, ce shad compact et bleuté fait, selon ses mots, « juste régalade ». Dans la même pochette dort un Keitech Rock Vibe 3 pouces Pearl White, embarqué à chaque sortie et jamais utilisé.

Leurre souple Westin Sandy Andy, imitation de lançon avec tête plombée intégrée
Le Westin Sandy Andy, le leurre qui fait la majorité des bars de Yann en ce moment.

Le leurre du moment : le Westin Sandy Andy

Yann le garde pour la fin de la vidéo, mais c’est lui qui sort le plus souvent et qui fait la majorité des poissons depuis plusieurs semaines : le Westin Sandy Andy. Il avoue ne pas le trouver beau et avoir longtemps refusé de l’acheter. Le leurre est rudimentaire, une imitation de lançon avec une tête bien conçue, un poil lourd à son goût.

Il utilise les trois tailles mais le 12 g est celui qui lui prend le plus de poissons du bord, le 22 g servant plutôt en bateau ou les jours de gros vent, parce qu’il plonge vite. Ses coloris : le blanc à paillettes, le lançon, et un bleu sardine qu’il aime beaucoup. Étonnamment, la petite version lui donne beaucoup moins de résultats. Le point faible est connu : le corps casse juste derrière l’hameçon quand on enchaîne les poissons. Corps et têtes se vendent désormais séparément, et Yann recommande vivement de les coller, sinon c’est un bourbier.

Black Minnow et Crazy Paddle : le duo Fiiish

Il n’y a pas un pêcheur de bar qui n’en ait pas dans sa boîte, et Yann ne fait pas exception : le Fiiish Black Minnow est là, en deux coloris seulement, le bleu et le kaki. Sa règle est simple : le kaki quand il pêche dans la roche et sur des eaux un peu mâchées, le bleu quand l’eau devient très claire ou que les bars sont sur les sardines. La queue de son exemplaire a été arrachée la veille, ce qui en dit long.

Le Fiiish Crazy Paddle est, pour Yann, l’un des meilleurs leurres souples pour le bar et il ne comprend pas qu’on en parle si peu. Il descend plus doucement que les autres shads, vibre fort, et les bars comme les vieilles en sont friands. Il le pêche en tirées très amples en accompagnant la redescente, parce que c’est souvent à ce moment que ça vient, et pas pour plaisanter. Par courant fort ou gros vent, la vibration signale sa présence et le leurre tient bien.

Leurre souple Fiiish Crazy Paddle Tail 120 monté sur sa tête plombée, coloris bleu nacré
Le Crazy Paddle, un shad qui descend lentement et vibre fort, sous-estimé selon Yann.

Les shads de bordure : Nitro Shad, Master Shad, Breizh Shad, Raglou

Le Nitro Shad 90, sur têtes de 5, 7 ou 10 g, était dans le top 5 de Yann en début de saison ; depuis quelques semaines il « fait la tête », sans explication. Le Master Shad 3 pouces plaît sur canne fine mais son hameçon est trop léger pour un gros bar ; le 4 pouces est taillé pour la mer et vibre fort.

Le Sakura Breizh Shad, en test, ressemble au Nitro de loin, mais la vibration dans la canne n’est pas du tout la même : Yann y voit une bonne alternative. Le Raglou, enfin, est le leurre des petites proies : bars sur les alevins, chinchards ou maquereaux près de la côte. La petite version d’environ 8,5 cm descend vite et nage bien, et Yann promet un épisode dédié à ce leurre légendaire.

Tube, écrevisse et petits formats pour les bars qui grattent

Deux leurres couvrent les bars qui fouillent le fond sous les parcs à huîtres. Le Sakura Tube Flow, avec sa tête plombée dédiée, est en test et marche bien : pêche au tube, imitation de gobie, six leurres par pochette. La Panthera 65, petite écrevisse aux appendices vibrants, imite une grosse crevette ou un petit crabe ; indispensable quand les bars grattent la roche, au prix de quelques hameçons laissés dans les cailloux.

Dans la rubrique mini-leurres, un mini rubber jig Keitech sur lequel Yann monte justement une petite Panthera, et le Megabass Hazedong, pêché sous-plombé sur une tête de 3,5 g environ, en blanc, phospho ou noir : il le laisse partir dans le courant, l’anime, le laisse repartir. C’est son leurre des bars tatillons, ceux qu’on a ennuyés pendant des heures. Un One Up Curly sur tête de 5 g joue le même rôle de temps en temps.

Pour compléter : un Dark Sleeper que Yann utilise peu, un Slipper Gill tout juste sorti sur les conseils de Nicolas Cadiou (lancer-ramener, pas encore de poisson), un petit shad Decathlon solide et bien armé qui figurait dans son top 5 du début de saison, et le Sakura Chabio, déjà traité dans un épisode dédié au Chabio. Sur le bar, Yann le pêche en blanc et en rouge écrevisse, en tirées amples suivies d’une dérive dans le courant plutôt qu’en animation nerveuse.

Têtes plombées, attractants et colle

Deux têtes plombées se partagent la sacoche. La Decoy SV67, effilée, est celle des pêches légères : hameçon un chouïa fin, prix discutable, mais elle fait le travail. La Decoy VJ36, évoquée avec Nicolas Cadiou, est la tête anti-herbe à hameçon texan pour passer dans le bazar sans accrocher. Pour choisir le grammage selon la profondeur et le courant, le guide shad et tête plombée en mer complète utilement l’épisode.

Côté attractants, Yann en traîne trois. Le Halco Scratch Scent (il a la version eau douce, il en existe une pour la mer) est son favori, redoutable sur les pêches lentes ou dans le courant, là où le poisson a le temps d’analyser le leurre. Le Bait Fuel distribué par Flashmer, un tube façon dentifrice qu’on tartine sur le leurre, lui a déjà fait quelques poissons, avec un avertissement vécu : par forte chaleur, ça fond dans la voiture. Le Gulp parfum crevette est le troisième, en test lui aussi.

Les lames : lancer loin, un argument décisif du bord

Du bord, la distance de lancer fait souvent la différence entre une soirée blanche et trois bars, et les lames vibrantes sont les reines de l’exercice. L’Illex Runner Blade en 7 et 9 cm est la référence de Yann : au-dessus, c’est un peu gros pour la pêche du bord, sauf si vous avez de la profondeur chez vous. Son défaut pratique : les trois trous d’accroche sont enfoncés dans le corps et l’agrafe passe mal.

La lame Sakura, en test, part « comme une fusée » ; plus massive, elle a un anneau d’attache gros et dégagé, inratable avec une agrafe. Le Nitro Slim, tout petit, vibre très fort, trop à son goût en eau claire ; il le réserve au courant ou à l’eau teintée. Un petit vibration Trefle conçu par Hiroshi, un Divola si sa mémoire est bonne, complète le rayon : il nage vite, se lance très loin et accepte la traction comme le lancer-ramener.

Pour approfondir, la lame en mer pour le bar détaille animations et montages.

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Les leurres de surface pour le coup du soir

Leurre de surface Xorus Asturie 130, stickbait flottant pour le bar
L’Asturie 130, le leurre de surface que Yann garde malgré l’existence de tailles plus petites.

Puisque Yann arrive au coucher du soleil, la deuxième boîte est dédiée à la surface. Le Xorus Asturie 130 est l’incontournable, probablement le leurre de surface le plus vendu en France pour le bar. Le 110 est très bien du bord, mais Yann préfère le 130 et prévient qu’il ne veut pas en débattre. Certains soirs l’Asturie a été fou ; l’avant-veille, il n’a récolté que des refus et des suivis. C’est la surface : ne lâchez rien.

Le Xorus Patchinko a longtemps été l’un de ses leurres favoris avant de finir au placard. Il l’a ressorti après son échange avec Nicolas Cadiou, et le Patchinko fait à nouveau des poissons : il reste dans la boîte et on ne le bouge plus. Le Heddon Super Spook est là parce qu’il mérite sa place, mais il est plus lourd et Yann n’a pas toujours la canne pour l’envoyer confortablement du bord.

Le Xorus Z Claw est sans doute le leurre avec lequel Yann a pris le plus de bars en surface par le passé, et il l’a ressorti lui aussi. Il part comme une fusée ; Nicolas Cadiou l’anime très doucement, Yann plutôt vite, les deux marchent.

Deux leurres complètent la panoplie. Le Bonnie 95 Silent, un stickbait sans billes, est l’alternative aux leurres bruyants qu’on possède tous : au coucher du soleil, sur une eau très claire à peine ridée, le silence fait la différence sur des poissons méfiants. L’Illex Water Monitor est un stickbait coulant qui avance vite à la récupération, dont l’œillet à encoches permettait de modifier la nage. Attention, il ramasse tout, orphies comprises.

Sécurité : la mer, ce n’est pas la rivière

Yann termine sur un sujet qu’il juge plus important que n’importe quel leurre. Il habite face à la mer et voit régulièrement les sauveteurs partir chercher des gens qui ont fait n’importe quoi. Il y a quelques semaines, il est parti sous grand ciel bleu ; en trois minutes, le ciel a noirci et les vagues sont montées. Ses règles : anticipez, prévenez vos proches de l’endroit où vous êtes et de l’heure de retour, prenez votre téléphone.

Regardez la météo marine heure par heure, et surtout les vagues : un simple changement de direction du vent peut transformer une pointe abritée en zone battue. Regardez la marée : on se retrouve vite seul sur son rocher avec deux mètres d’eau et un courant de folie derrière soi. Si vous ne connaissez pas la mer, pêchez à la descendante et arrêtez quand elle remonte ; la montante se pêche quand on connaît le poste et ses plans de secours. Et le gilet de sauvetage gonflable est sa recommandation la plus insistante.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Les leurres souples qui travaillent le plus en ce moment : le Westin Sandy Andy (12 g en priorité, 22 g par gros vent), le Fiiish Crazy Paddle et le Fiiish Black Minnow en bleu et en kaki. Pour la finesse en eau claire, le Megabass Spindle Worm 4 pouces, le Sawamura One Up Shad 4 pouces en bleu et le Keitech Easy Shiner 4 pouces en blanc. Le Sakura Chabio complète les pêches planantes dans le courant.

Les montages reposent sur deux têtes plombées Decoy : la SV67 pour les pêches légères et la VJ36 anti-herbe pour les zones encombrées, en 5, 7 ou 10 g du bord. En surface, le trio Xorus (Asturie 130, Patchinko, Z Claw), plus un Bonnie 95 Silent pour les soirs calmes. Les fiches de chaque produit sont regroupées dans la liste du matériel sous la vidéo.

Questions fréquentes

Quel leurre pour le bar du bord en été ?

En eau claire et par faible profondeur, les leurres souples compacts montés sur des têtes de 5 à 10 g sont la base : Sandy Andy, Crazy Paddle, Black Minnow, Spindle Worm ou One Up Shad. Ajoutez une lame pour lancer loin et un ou deux leurres de surface pour le coup du soir. Yann fait la majorité de ses poissons de l’été au Sandy Andy 12 g.

Quelle couleur de leurre pour le bar en eau claire ?

Yann privilégie les teintes naturelles et translucides quand l’eau est limpide : Ayu, bleu sardine, lançon. Le blanc et le kaki prennent le relais dès que l’eau se trouble après un coup de vent ou dans la roche. Deux coloris par modèle suffisent largement, inutile de collectionner.

Peut-on pêcher le bar de nuit du bord ?

Oui, la pêche du bar en mer de nuit est autorisée, et c’est le créneau que Yann préfère l’été, entre 21 h et 2 h du matin, quand la côte se vide et que les bars viennent chasser dans peu d’eau. Elle impose en revanche de connaître le poste, de surveiller la marée et les vagues, et de porter un gilet gonflable. Pour les leurres souples adaptés, voyez aussi les leurres souples pour pêcher le bar de nuit.

Quelle tête plombée pour le bar du bord ?

Du bord, dans zéro à six mètres d’eau, Yann pêche presque toujours entre 5 et 10 g. Il utilise une tête effilée classique (Decoy SV67) pour les pêches légères et une tête anti-herbe à hameçon texan (Decoy VJ36) dès que le fond est encombré de goémon ou de roches. Plus lourd, le leurre plonge trop vite pour ces profondeurs.

Faut-il un attractant pour le bar au leurre ?

Ce n’est pas indispensable, mais Yann y croit sur les pêches lentes et dans le courant, quand le poisson a le temps d’examiner le leurre. Il utilise le Halco Scratch Scent et teste le Bait Fuel et le Gulp crevette. Un conseil pratique issu de l’épisode : ne laissez pas le tube dans la voiture en plein été, il fond.

À vous de vider votre sacoche

Une sacoche d’un kilo, une dizaine de leurres qui travaillent vraiment et une poignée de remplaçants : voilà la pêche du bar du bord l’été chez Yann. Pour recevoir ce genre d’inventaire sans filtre et les tests terrain qui suivront (il est dans les cailloux quatre soirs par semaine, autant que ça serve), inscrivez-vous à Friture sur la Ligne, la newsletter des pêcheurs passionnés. Un e-mail le jeudi soir, lu de préférence avant d’aller mettre un Sandy Andy à l’eau, et aucune colle qui fond dans votre boîte mail.

Le matériel cité dans l'épisode

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Bar Mer

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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