Leurres Bim Tackle : la boîte d’ouverture de Matthias Lothy
Matthias Lothy, créateur de Bim Tackle, ouvre sa boîte d'ouverture : spinnerbait Tiger Pike, Shallow Cruiser, Crazy Rabbit, Chacha Mini et lame Francis. Une journée déroulée dans l'ordre, du slow rolling du matin au chatterbait planant au ras du fond.
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Quels leurres Bim Tackle sortir le jour de l’ouverture du brochet, et dans quel ordre ? Pour ce neuvième épisode de « Ouvre-moi ta boîte » sur La Grange de Tom Sawyer, Yann reçoit Matthias Lothy, créateur de la marque alsacienne Bim Tackle et de ses leurres à poils qui ne ressemblent à rien d’autre. Pas de catalogue récité : Matthias déroule sa journée d’ouverture leurre après leurre, et explique pourquoi celui-là, à ce moment-là.
Le décor, c’est un retour aux sources en Alsace, sur deux milieux opposés : les grands polders strasbourgeois, peu profonds et pleins d’herbiers, et les gravières profondes aux cassures marquées. Une logique qui tient en une phrase : commencer large et agressif, finir lent et au ras du fond quand la pression retombe.
Si vous avez lu le portrait de Matthias Lothy, vous connaissez le personnage : un concepteur qui pêche avant tout et qui aime les choses « interdites ». La vidéo ci-dessus en est la preuve.
Leurres Bim Tackle pour l’ouverture : la journée type de Matthias
Première surprise : Matthias n’aime pas l’ouverture, trop de monde. Il envisage une contre-ouverture en mer le jour J, puis d’aller vraiment pêcher en mai, quand la pression redescend. Sa sélection vise donc des poissons qui ont déjà vu passer des leurres. Et sa boîte suit un scénario : le matin, un spinnerbait pour ratisser les poissons actifs ; ensuite un gros hybride pour racler les têtes d’herbier ; au creux de midi, quand tout le monde est à l’apéro, les leurres à poils pêchés lentement entre herbier et cassure ; si le vent se lève, les chatterbaits ; et en toile de fond, une lame vibrante qui ne quitte jamais sa boîte.
Le spinnerbait Tiger Pike : la base qui ramasse tout
« Qui dit ouverture dit spinner, il n’y a pas de sujet. » Matthias ouvre avec le spinnerbait Tiger Pike, le modèle brochet de la marque. Ce qu’il met en avant, c’est l’armature : un fil fort, fermé à l’avant, qui encaisse un brochet comme un silure de passage, de plus en plus fréquent sur ses eaux. Il accepte aussi une agrafe.

Les palettes Colorado et Willow servent son animation préférée, le slow rolling. Là où beaucoup balancent le spinnerbait dans la bordure et le ramènent vite, lui le pêche bas et lentement, dans le bas des cassures. La grosse Colorado prend beaucoup d’eau, donc elle tourne même à vitesse réduite et continue de s’activer à la descente. Un spinnerbait, résume-t-il, « tu pêches partout et tout le temps ».
Côté coloris, il reste basique : un naturel et un « pétard » pour l’eau claire des gravières, et une palette gold avec une silver, parce que le contraste entre les deux suffit. Notre guide chatterbait et spinnerbait complète ce passage.
Shallow Cruiser : le gros leurre pour racler les têtes d’herbier
Deuxième leurre, le Shallow Cruiser, la nouveauté : un hybride à tête époxy, jupe et grand grub, autour de vingt centimètres pour un peu moins de 100 g, livré armé. Une vidéo complète lui est consacrée sur la chaîne.

Son terrain, ce sont les grands flats des polders. Matthias le lance au-dessus des herbes dans très peu d’eau, en bordure de cassure, pour faire réagir les poissons qui sont « la gueule en haut » : il pousse énormément d’eau et présente une grosse bouchée. Il ne sort pas dans les premières heures : d’abord le spinnerbait, puis le Shallow Cruiser quand l’excitation du matin retombe. Pour la canne qui va avec ce genre de poids, voyez notre article sur le big bait pour débuter.
Crazy Rabbit Junior et standard : les poils du creux de la journée
Quand le milieu de journée arrive, qu’il fait beau et que l’activité est « crevée », Matthias passe au poil, en commençant par le Crazy Rabbit Junior en coloris pétard. Le raisonnement va contre ses habitudes : il déteste les coloris flashy, mais le Crazy Rabbit vibre très peu malgré sa petite palette ventrale, alors il compense par un visuel agressif. Celui-là est différent de tout ce qui est passé depuis le matin : voyant, mais discret dans l’eau.

L’animation mélange prospection et pêche lente : linéaire soutenu au-dessus des herbiers, puis, en sortie d’herbier, on lâche tout et on laisse descendre doucement vers le fond. Quelques petites animations, on remonte la cassure, on relance. Notre avis complet sur le Crazy Rabbit explique ce qui le distingue d’un bucktail classique.
Si le vent se lève, il monte d’un cran avec le Crazy Rabbit standard, une bouchée plus grosse, pêché pareil mais en insistant sur le bas de la cassure. Le schéma qui déclenche le mieux selon lui : démarrer sur le plateau d’herbier, sortir de l’herbe et laisser couler. Accrocher une herbe, l’arracher d’un coup de canne et laisser redescendre fait souvent partir l’attaque sur des poissons « pénibles et sur off ». C’est l’idée forte de l’épisode : le poil fait la différence quand les brochets se posent au fond en fin d’activité, au moment où plus personne ne pêche.
Chatterbait : le Chacha Mini pour les perches, la technique d’Hervé en gravière
L’après-midi, avec du vent, Matthias ressort ses chatterbaits, le Chacha Bait Mini et le Chacha Bait Junior. La différence tient à la taille et au poids : le Mini est nettement plus petit, avec un seul hameçon, alors que le Junior en porte deux. Sur le Mini, une agrafe permet de changer l’hameçon ou de monter un trailer souple.

Dans les polders, c’est du strike pur : lancer, mouliner, taper dans l’herbe et les obstacles. C’est la déviation du leurre qui déclenche, un principe que vous retrouverez dans notre test du Chacha Bait.
En gravière profonde, avec une cassure nette, il fait un « truc complètement tordu » qu’Hervé, un pêcheur de son entourage, lui a montré : le chatterbait au ras du fond, avec une animation à peine suffisante pour activer la palette, puis reposé. Matthias a d’abord refusé d’y croire, mais ça fait des scores, surtout en début de saison. Il le pratique décalé en bas de cassure, par quatre ou cinq mètres, quand les poissons sont sur off. Le leurre se comporte comme une écrevisse qu’on pose et décolle, et dès que la vibration s’éteint il plane comme un streamer.
Le Mini a une autre fonction : les perches. À l’ouverture, « il n’y a pas que le brochet », rappelle Matthias, et on prend très souvent une grosse perche sans la chercher.
Francis la lame : le leurre qui ne quitte jamais sa boîte
Le dernier leurre, c’est « mon ami Francis », une lame vibrante que Matthias a « partout, tout le temps, en mer comme en eau douce », pas encore en magasin au moment de l’épisode. Deux versions existent.
Le Francis Bladed porte une palette, mais ce n’est pas un tailspinner (une tête plombée avec une palette derrière, qui reste dans l’axe). Il fonctionne d’abord comme une lame, qui vibre en traction comme un lipless ; la palette, très fine, tourne et flappe en même temps sans prendre le pas sur la lame. Résultat, un flash et une vibration « hérétique », jamais la même, exactement ce qu’il cherche pour rendre folles les perches.
Le Francis Slim est la version fine, avec une vibration très serrée et une portance moindre : la lame remonte moins, ce qui compte en rivière, sur le Rhin par exemple, ou en mer. Matthias la réserve aux perches, aux aspes dans les forts courants et au bar. Il refuse en revanche de viser le sandre à l’ouverture : « vous les laissez tranquilles, c’est cool, on pêche autre chose ».
Un brochet pris à la lame n’est pas un hasard non plus. Avec un petit bas de ligne titane et une spinning légère, c’est une pêche à part entière : ça sélectionne peu et ça ramasse tout, du bord, pour pas cher, et c’est facile pour les enfants. Yann confirme : avec une lame, on n’est jamais à la mauvaise profondeur.
Ce qu’on retient pour le jour J
Matthias n’a pas de secret, dit-il. Il a commencé par le spinnerbait parce que c’est un leurre bon marché, facile et assez anti-obstacle pour qu’on puisse le laisser couler sans stress : la fameuse chance du débutant, c’est souvent simplement d’avoir mis le bon leurre. Sans ce coup de chance initial, ajoute Yann, il aurait sans doute arrêté la pêche, un thème creusé dans l’épisode sur les guides de pêche qui abandonnent.
Le vrai message tient en un mot : partage. L’ouverture est le jour où l’on croise un copain perdu de vue, un papi avec deux flotteurs posté en plein sur votre dérive, et où l’on finit par casser la croûte ensemble. On prépare sa boîte trois mois à l’avance, on se fait des films, et souvent on est déçu. La pêche « pour de vrai », en solo, avec six cannes de chaque côté du bateau, c’est pour les semaines d’après.
Le matériel utilisé dans l’épisode
Tous les leurres présentés sont des Bim Tackle. Les fiches sont liées plus haut, voici les specs utiles :
- Tiger Pike : spinnerbait brochet de 32 g (tête de 20 g), palettes Colorado et Willow
- Shallow Cruiser : hybride de 23 cm, 96 g à sec, tête époxy et grub VV Cruiser, un mètre atteint en cinq secondes environ
- Crazy Rabbit Junior : 20 cm, 22 g à sec (environ 28 g mouillé), nage entre un et quatre mètres
- Crazy Rabbit Shallow (standard) : 29 cm, 33 g à sec, sans palette
- Chacha Bait Mini : 20 cm, 18 g à sec, un hameçon ; Chacha Bait Junior : 20 cm, 29 g, deux hameçons
- Francis Bladed et Francis Slim : pas encore disponibles au moment de l’enregistrement
Questions fréquentes
Quel leurre Bim Tackle choisir pour débuter ?
Dans l’épisode, Matthias commence par le spinnerbait Tiger Pike, qu’il décrit comme bon marché, anti-obstacle et facile : on lance, on mouline, on laisse couler si besoin. Pour un second achat, le Crazy Rabbit Junior reste léger et se lance avec une canne brochet ordinaire.
Le Crazy Rabbit est-il un chatterbait ?
Non. Le Crazy Rabbit est un leurre à poils dont la vibration est volontairement très faible, voire absente sur la version Shallow. La version Junior porte une petite palette ventrale qui « vibrote » légèrement. Les chatterbaits de la marque sont les Chacha Bait, dont le Mini et le Junior présentés dans la vidéo.
Comment pêcher au chatterbait en gravière profonde ?
Matthias décrit une pêche au ras du fond, décalée en bas de cassure : une animation minimale pour activer la palette, puis on repose le leurre, comme on le ferait avec une écrevisse. Entre deux impulsions, le leurre plane comme un streamer. C’est une approche pour poissons calés et inactifs, pas une pêche de prospection.
Peut-on prendre un brochet à la lame vibrante ?
Oui, et ce n’est pas un hasard selon Matthias. Avec un petit bas de ligne titane et une canne spinning légère, la lame sélectionne peu et prend tout, perches, aspes, bars et brochets. Il cite des pêcheurs qui finissent la journée devant tout le monde avec cette seule famille de leurres.
Conclusion
Une boîte courte, six familles de leurres, et une journée déroulée dans l’ordre : spinnerbait pour ouvrir le bal, Shallow Cruiser pour racler les herbiers, poils pour le creux de midi, chatterbait quand le vent se lève, lame pour tout le reste. Ce qui rend l’épisode utile, c’est le raisonnement derrière chaque changement de leurre. S’il ne fallait garder qu’une idée : le jour de l’ouverture, pêchez moins, parlez plus.
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