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Débuter la pêche et faire pêcher ses enfants : la méthode de Jean Desqué

Jean Desqué, champion du monde de pêche au coup, livre une méthode simple pour débuter la pêche et faire prendre leurs premiers poissons aux enfants. Petit plan d'eau, canne télescopique, flotteur de 1 gramme, amorce et pinkies : tout pour avoir des touches dans le quart d'heure.

10 min de lecture

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Débuter la pêche, pour soi ou pour un enfant, bute toujours sur la même question : par où commencer sans se ruiner ni passer l’après-midi à décrocher la ligne des arbres ? Après la table ronde sur la place des jeunes dans la pêche, beaucoup d’entre vous ont demandé une méthode concrète. Yann a donc rappelé Jean Desqué, champion du monde de pêche au coup, pour un épisode de La Grange de Tom Sawyer entièrement tourné vers les conseils techniques.

Le résultat, c’est la vidéo ci-dessus : un b.a.-ba de la pêche au coup (ou pêche au bouchon), de la carte de pêche au choix de l’appât, avec une canne qui coûte le prix d’une pizza. L’objectif de Jean : des touches dans le quart d’heure, parce qu’un enfant qui ne voit pas son flotteur bouger ne reviendra pas. Cet article reprend sa méthode dans l’ordre, avec le pourquoi de chaque réglage.

Débuter la pêche : viser petit, c’est la règle numéro un

Le premier conseil de Jean ne concerne ni la canne ni l’appât, mais le lieu. Un petit canal, une petite rivière, un plan d’eau communal, une mare : plus le milieu est réduit, plus les poissons sont faciles à localiser et à regrouper. Sur un plan d’eau de plusieurs hectares, même avec « toutes les combines les meilleures du monde », il faut parfois une heure pour rassembler le poisson sur l’amorce. Un enfant n’attendra pas une heure. Le petit étang communal est, selon lui, le spot idéal : souvent empoissonné par l’association locale, facile d’accès, et avec assez d’eau en bordure pour que les poissons s’y tiennent.

La carte de pêche d’abord

Avant d’acheter quoi que ce soit, il faut une carte de pêche. Les enfants bénéficient souvent de tarifs spéciaux, certaines associations les exonèrent, et le détaillant vous dira ce qui s’applique chez vous.

Première canne à pêche enfant : une télescopique de 3 ou 4 mètres

Pas de moulinet, pas d’anneaux, pas de frein à régler. Jean recommande une petite canne télescopique en fibre de verre de 3 ou 4 mètres, vendue entre 10 et 20 euros en magasin de pêche, avec la ligne fixée au bout du scion. Si vous ne savez pas la monter, demandez au magasin de vous fixer une ligne adaptée.

Le choix entre 3 et 4 mètres dépend de la profondeur. Avec 3 mètres, on a environ 2 mètres de fil sous le scion : parfait entre 50 centimètres et 1,50 mètre de fond. Entre 1,50 et 2,50 mètres d’eau, le fil ne suffit plus pour lancer correctement le flotteur : il faut passer à 4 mètres. Même choix en eau très claire, où les poissons se tiennent moins au bord et où une canne plus longue atteint la zone sombre où ils se sentent en sécurité. Quand l’envie de passer au leurre viendra, l’article sur le choix d’une première canne avec Numa Marengo prendra le relais.

Un flotteur d’environ 1 gramme, parfaitement équilibré

C’est le point que Jean martèle le plus. La ligne doit porter un flotteur à quille d’environ 1 gramme, pas la petite boule des lignes à truite trop grossières qu’on trouve en rayon. Un gramme, c’est assez lourd pour être lancé facilement et assez léger pour qu’un gardon accepte l’appât sans sentir de résistance.

Équilibrer, ça veut dire que seule l’antenne dépasse de l’eau, pas un tiers du corps du flotteur. Sinon le poisson qui prend l’asticot sent une résistance, lâche, et vous ratez la touche. Si la ligne achetée n’est pas équilibrée, demandez au vendeur de rajouter un plomb, ou faites-le vous-même avec une petite boîte de plombs à pincer.

Boîte individuelle de plombs à pincer extra doux Garbolino
Quelques plombs doux suffisent pour ajuster le flotteur jusqu’à ce que seule l’antenne dépasse.

Hameçon 18 ou 20, fil de 10 à 12 centièmes

Pas de gros hameçon. Jean préconise un hameçon de 20 ou de 18 monté sur du 10 centièmes, 12 au maximum. Plus fin ne sert à rien pour un débutant : avec une télescopique à scion direct, sans élastique amortisseur, on casse facilement sur la première accroche ou le premier poisson correct.

Sonder son coup pour trouver la bonne profondeur

La sonde est une petite pince en plomb que l’on accroche sur l’hameçon. On la lance à l’endroit où l’on va pêcher : si le flotteur ressort, il y a trop de fond ; s’il reste sous l’eau, pas assez. On ajuste jusqu’à ce qu’il soit à fleur d’eau, et on connaît la profondeur exacte du poste. Jean règle ensuite la ligne « à ras du fond ou légèrement décollé », environ 5 centimètres au-dessus, parce que c’est là que l’amorce va travailler. Deux minutes qui conditionnent toute la partie.

Apprendre la pêche à un enfant : l’amorce, 1 kilo pour un demi-litre d’eau

C’est la spécialité de Jean, et il simplifie à l’extrême. Au rayon amorce, prenez un paquet d’un kilo marqué « étang » si vous pêchez en étang : il suffit largement pour une après-midi. Pour la mouiller, la règle qui ne trompe jamais : un kilo d’amorce, un demi-litre d’eau (jusqu’à trois quarts de litre si elle colle beaucoup, ou ce qu’indique le dos du paquet). On mélange, on laisse gonfler cinq minutes, et c’est prêt.

La texture recherchée : une boulette qui se compacte à la main mais se désagrège au contact de l’eau pour créer un petit nuage. Si c’est de la bouillasse, il y a trop d’eau. Pas besoin de tamiser pour débuter, ni de seau de marque : une vieille cuvette et une bouteille d’un demi-litre remplie à l’étang comme doseur. Pour approfondir, l’article sur l’amorçage à l’anglaise détaille la logique du rappel.

Pinkies ou asticots dans l’amorce et à l’hameçon

Dans l’amorce mouillée, Jean ajoute l’équivalent d’une cuillère à soupe de pinkies, de préférence un mélange rouge, blanc, jaune. Le pinky est un asticot plus petit, adapté à un hameçon de 18 ou 20, qui permet de ne pas rater les petits poissons. Un quart de litre suffit pour la journée, dans une boîte d’un demi-litre pas trop serrée.

À l’hameçon, on pique le pinky par le milieu. S’il s’est vidé en le piquant, il ressemble à une vieille chaussette et perd son attractivité : on le change. Jean déconseille le ver de vase (meilleur, mais trop technique à escher) et le blé, qui demande d’amorcer le coup deux ou trois soirs d’avance. Un paquet d’amorce, un asticot dedans, un asticot à l’hameçon : « les gardons ne vont pas résister ».

Amorcer au bon endroit, puis rappeler sans excès

L’amorce ne sert que si l’on pêche dessus. Jean conseille de lancer d’abord la ligne pour voir où le flotteur va pêcher, puis de jeter l’amorce 50 centimètres en retrait de ce point, « quoi qu’il se passe » : trop loin, on ne la rattrape plus ; trop près, on raccourcit toujours. Au départ, trois ou quatre boulettes de la taille d’une mandarine, un peu en retrait de la pente si le fond descend.

Ensuite vient le rappel : une boulette de la taille d’une noix toutes les 5 à 10 minutes. Avec un kilo, on fait une cinquantaine de boulettes, largement de quoi tenir la journée. L’erreur classique est de tout jeter d’un coup : on ne peut plus corriger, et on n’a plus rien pour entretenir le coup. Le rappel attire plutôt les petits que les gros, mais au début on veut des touches, et un flotteur qui s’enfonce crée de l’émotion quelle que soit la taille du gardon.

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Choisir sa place selon la saison

En pêche au coup, on s’installe et on reste, donc la place compte. Jean donne trois repères. Au printemps, les poissons fraient dans les zones peu profondes : la queue d’étang est la meilleure place. En été, ils sont partout ; sur une petite mare, on se met au milieu de la ligne droite. En hiver, le poisson gagne la zone la plus profonde, en général près de la digue, là où l’eau ressort du plan d’eau.

Les herbiers de bordure servent de caches aux petits poissons, donc pêcher à côté est payant. Mais pas dedans : un débutant qui lance dans l’herbe accroche, perd l’hameçon et la partie tourne au calvaire. Jean recommande de se placer à gauche ou à droite de l’herbier, en zone ouverte. Même raisonnement pour les arbres : excellents pour le poisson, redoutables pour celui qui ne lance pas encore droit.

Horaires, chaleur et zones d’ombre

Les horaires importent peu, sauf en pleine canicule : les poissons mordent moins, se réfugient à l’ombre, et le matin comme le soir deviennent meilleurs. Mais hors période très chaude, le poisson recherche au contraire les zones ensoleillées, où l’eau est plus chaude. Ce qui compte avant tout pour un débutant, selon Jean, c’est un poste dégagé, quitte à avoir un peu moins de poisson.

Le matériel utilisé dans l’épisode

La liste de base tient dans un seau, et Jean le dit lui-même : il n’y en a pas pour cher. Une canne télescopique, une ligne montée, une sonde, un dégorgeoir, un siège (ou un seau avec couvercle retourné), un seau pour l’amorce, un doseur d’un demi-litre, une boîte pour les pinkies, une serviette, une épuisette à manche au cas où, et une bourriche pour photographier les prises avant de les relâcher. Sur ce dernier point, voyez l’article sur la bourriche de pêche au coup ; celui sur la station de pêche au coup servira à ceux qui voudront s’installer plus confortablement par la suite.

Sur la canne, Jean parle d’une télescopique en fibre de verre à 10 ou 20 euros en magasin. Si vous préférez un modèle en carbone composite plus durable, la Garbolino Jungle Tele en 3,60 mètres (255 grammes, 5 brins, 98 centimètres repliée) ou la Garbolino Atlas Telepower Compact en 3,80 mètres (300 grammes, 5 brins) correspondent aux longueurs qu’il recommande et tiennent dans un coffre de voiture.

Canne télescopique Garbolino Jungle Tele de 3,60 mètres
Une télescopique de 3,60 mètres couvre la plupart des petits plans d’eau entre 50 centimètres et 1,50 mètre de fond.

Pour le dégorgeoir, un modèle classique à quelques euros fait le travail. Une pince dégorgeoir Rapala de 19 centimètres, avec ciseaux intégrés pour couper le fil, est une alternative pratique si l’on compte aussi s’en servir sur d’autres pêches.

Pince dégorgeoir Rapala en acier inoxydable avec ciseaux intégrés
Le dégorgeoir permet de retirer l’hameçon sans blesser un gardon ou un rotengle.

Les erreurs de débutant à éviter

Jean résume les causes d’échec : une ligne trop grossière ou un flotteur mal équilibré, et les touches sont manquées ; trop d’amorce au départ, impossible de corriger ; un poste encombré, on passe l’après-midi à décrocher ; un plan d’eau trop grand, les touches arrivent trop tard et l’enfant décroche, lui aussi.

Il ajoute un conseil qui n’a rien de technique : comptez vos poissons, même seul, ça maintient l’attention. Et pour les parents : ce ne sont pas les gros poissons qui font rêver les enfants, mais un rotengle aux nageoires rouges, une ablette au dos vert, un goujon et ses points sur les flancs. Chaque prise est l’occasion d’expliquer où vit le poisson et pourquoi on le pêche au fond ou en surface. C’est comme ça que le virus prend. Quand il aura pris, le guide pour débuter la pêche au brochet sera la suite logique.

Questions fréquentes

Quelle canne acheter pour débuter la pêche ?

Une canne télescopique en fibre de verre de 3 ou 4 mètres, sans moulinet, vendue entre 10 et 20 euros en magasin de pêche. La longueur dépend de la profondeur : 3 mètres jusqu’à 1,50 mètre de fond, 4 mètres au-delà ou en eau très claire. Demandez au détaillant de monter une ligne équilibrée avec un flotteur d’environ 1 gramme.

À quel âge un enfant peut-il commencer la pêche ?

La vidéo ne fixe pas d’âge, mais la méthode de Jean Desqué est pensée pour qu’un enfant voie son flotteur s’enfoncer dans le quart d’heure : petit plan d’eau, ligne fine, amorce et pinkies. Renseignez-vous auprès du magasin de pêche pour la carte : les enfants bénéficient souvent de tarifs réduits ou d’exonérations selon les associations.

Comment mouiller son amorce pour la pêche au coup ?

Un kilo d’amorce pour un demi-litre d’eau, c’est la règle qui ne trompe jamais selon Jean Desqué. Mélangez, laissez gonfler cinq minutes, puis ajoutez une cuillère à soupe de pinkies. La boulette doit se tenir en main et se désagréger au contact de l’eau. Si c’est liquide, il y a trop d’eau.

Faut-il une carte de pêche pour un enfant ?

Oui dès que l’on pêche en eau libre ou sur un parcours géré par une association. Les tarifs enfants sont réduits et certaines AAPPMA exonèrent les plus jeunes. Seule une mare privée totalement fermée peut se pêcher sans carte, mais Jean conseille de la prendre pour accéder à un maximum de parcours.

Quel appât utiliser pour débuter la pêche au coup ?

L’asticot ou le pinky, piqué par le milieu sur un hameçon de 18 ou 20. Ils se trouvent dans tous les magasins de pêche et se conservent quelques jours au frais dans une boîte aérée. Le blé et le ver de vase fonctionnent, mais demandent une préparation ou une technique d’eschage qui ne convient pas aux premières sorties.

Pour aller plus loin

Un petit étang, une canne à 15 euros, un flotteur équilibré, un kilo d’amorce et un quart de litre de pinkies : la recette de Jean tient sur un ticket de caisse. Regardez l’épisode pour voir les gestes, puis racontez en commentaire la première réussite que ces conseils vous auront apportée. Et si vous aimez qu’on vous parle pêche sans vous vendre un sondeur hors de prix, inscrivez-vous à Friture sur la Ligne, la newsletter des pêcheurs passionnés : un e-mail le jeudi soir, l’heure idéale pour préparer la sortie du week-end ou pour tremper les pinkies. Au choix.

Le matériel cité dans l'épisode

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Coup Nos conseils

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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