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Entretien bass boat : les conseils de Renaud Theis

Moquette, gelcoat, huile d'embase, roulements de remorque : Renaud Theis, importateur Bass Cat, détaille l'entretien d'un bass boat qui ne décote pas. Avec le vinaigre blanc et la mousse à raser en vedettes, et les règles de sécurité qui vont avec.

13 min de lecture

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Entretien bass boat : deux mots qui font la différence entre un bateau qui perd la moitié de sa valeur en quelques saisons et un bateau qui se revend presque au prix d’achat. Moquette grise de terre séchée, calcaire sur le tableau arrière, vivier qui sent le fond de seau, roulement de remorque qui lâche un dimanche soir : tout cela se prévient avec quelques habitudes et des produits qui tiennent dans une main.

Pour cet épisode de La Grange de Tom Sawyer, Yann reçoit Renaud Theis, fondateur de Providence Boating, importateur des bass boats Bass Cat en France, qui voit passer des coques de toutes conditions. La vidéo ci-dessus fait suite à une première interview plus large ; ici, on parle technique, de la moquette aux roulements, en passant par la sécurité à bord. Cet article reprend ses conseils dans l’ordre et explique le pourquoi de chaque geste, et l’essentiel s’applique aussi à un pneumatique ou un petit aluminium.

Pourquoi l’entretien d’un bass boat conditionne sa valeur de revente

Renaud pose le constat dès le départ : contrairement à une voiture, un bass boat bien tenu ne décote presque pas, et un bateau acheté d’occasion récent et entretenu avec soin peut se revendre à un prix très proche du prix d’achat. Chaque tache incrustée, chaque auréole de savon, chaque gelcoat blanchi, c’est de l’argent qui s’évapore à la revente. La bonne nouvelle : la méthode qui marche est aussi la moins chère.

La règle numéro un : ne pas salir le bateau

Avant de parler de nettoyage, Renaud insiste sur la routine qui évite d’avoir à nettoyer. Sur un bass boat entièrement moquetté, tout ce qui se trouve sous une semelle finit dans les fibres et y reste. Il raconte en riant les invités aux chaussures propres qui marchent dans la boue de la mise à l’eau juste avant d’embarquer. Sa solution : une paire de chaussures qui ne sert qu’au bateau et qui y reste. Yann avoue être le même genre de capitaine agaçant sur son pneumatique.

Même logique pour le casse-croûte : en été, la moquette chauffe fort et un morceau de chocolat tombé s’y infuse immédiatement. Renaud liste ce qui tache durablement (huile, beurre, chocolat, vin rouge) et ce qui part sans problème : bière et soda ne s’accrochent pas. Dernier point, moins évident : jamais de vieux leurres souples oubliés au fond d’un coffre ou dans un porte-gobelet, leur plastifiant ronge le plastique du bateau.

Nettoyer la moquette d’un bass boat : aspirateur, vinaigre blanc et mousse à raser

Laisser sécher, puis aspirer

Dans l’épisode, Renaud estime qu’un bon aspirateur eau et poussière règle à lui seul la grande majorité des situations. De la rosée, de la terre, quelques brins d’herbe : on ne fait rien, on laisse sécher, et on aspire une fois que c’est sec. Frotter une moquette humide, c’est étaler ; attendre qu’elle sèche, c’est récupérer la saleté en poudre. C’est le premier achat à faire, d’autant que l’aspirateur servira aussi à récupérer l’eau de rinçage.

Jamais de savon

Le conseil le plus répété de la vidéo : aucun savon sur la moquette, ni liquide vaisselle ni détergent. Impossible à rincer complètement, il reste dans les fibres et laisse des auréoles au séchage. Pas de produit spécial non plus : de l’eau, et un seul allié.

Le vinaigre blanc, le produit qui fait tout

Renaud recommande d’avoir à bord un pulvérisateur de vinaigre blanc ménager, légèrement dilué, sans parfum ajouté. Il nettoie le sang, le mucus, la terre, les herbes séchées, et dissout le calcaire. Pour une moquette vraiment sale : humidifier, pulvériser, brosser doucement avec une brosse pas trop dure, rincer, puis aspirer l’eau et le vinaigre. C’est ce dernier passage qui sort réellement la saleté des fibres au lieu de la déplacer.

L’astuce de la mousse à raser

C’est le conseil que Renaud dit n’avoir jamais vu donné en France : pour retrouver une moquette douce et souple comme au premier jour, on la nettoie à la mousse à raser premier prix (la moquette se moque des versions peau sensible). On humidifie, on applique par zones là où c’est nécessaire, on brosse gentiment, on mouille, on aspire. Le résultat est spectaculaire, mais c’est du travail, et si vous respectez les étapes précédentes, vous pouvez ne jamais avoir à le faire.

Pourquoi éviter le nettoyeur haute pression

Renaud déconseille le nettoyeur haute pression sur la moquette : le jet arrache une partie des produits qui imprègnent les fibres, et la moquette se compacte ensuite beaucoup plus vite. Si vous en avez un, tenez-le très loin. Il préfère un simple pistolet d’arrosage pour le grand nettoyage annuel. En eau douce, pas besoin de rincer à chaque sortie comme Yann le fait en mer : l’aspiration à sec suffit presque tout le temps.

Le grand ménage annuel : vider les coffres et faire le tri

Le nettoyage complet est aussi l’occasion de vider les coffres, au moins une fois par an : un vêtement de pluie oublié peut moisir, et la pochette de leurres qui dort là depuis deux saisons servira aussi peu l’année prochaine. Un bateau plus léger est un bateau plus performant.

Entretenir la coque : aluminium, fibre et gelcoat

Pour la coque, aluminium ou fibre, le plus simple selon Renaud est la station de lavage, après un tour du bateau au pulvérisateur de vinaigre pour attaquer le calcaire sur le moteur et le tableau arrière. Sur les lacs très calcaires, prévient-il, les traces blanches reviendront quoi qu’on fasse.

Le vrai piège sur une coque en fibre, c’est le produit à vitres bleu. Son alcool dessèche le gelcoat et en retire certains composants ; pendant un an ou deux rien ne se voit, puis le gelcoat réagit aux UV et blanchit. C’est rattrapable à la polisseuse orbitale, mais Renaud chiffre ça à une dizaine d’heures de travail.

Côté protection, il existe des produits pour garder la fibre brillante et des traitements nanocéramiques déperlants, rien d’obligatoire. Quant au covering, pas d’entretien particulier selon Renaud : c’est lui qui s’use dans les branches et encaisse les UV, et quand on le retire, on retrouve le bateau d’origine. La pose, elle, est un métier.

L’intérieur et le vivier : éponge, chiffon et encore du vinaigre

Sous le pontage, une éponge ou un chiffon humide suffisent. La moquette est traitée anti-pourrissement : un bateau laissé bâché et humide pendant des mois ressort sans moisissure, alors que le sweat oublié dans un coffre est blanchi. Le problème vient de ce qui s’accumule, pollen, poussière, feuilles, qui finit par pourrir et sentir l’humidité. Le vivier mérite la même attention : le mucus des poissons sèche mal, et plusieurs mois de macération donnent des champignons là où on remettra des poissons vivants. Un coup d’éponge, une pulvérisation de vinaigre (antibactérien), un coup de chiffon.

Entretien bass boat côté moteur hors-bord : révision annuelle et huile d’embase

Renaud n’est pas motoriste, mais il rappelle la règle préconisée : une révision toutes les 100 heures ou une fois par an, le premier des deux atteint, et deux fois par an si vous naviguez beaucoup. Le contenu ressemble à celui d’une voiture : huile moteur, filtre à huile, filtre à essence et thermostat, la pièce qui pilote le refroidissement.

La différence, c’est l’embase, la partie immergée où la puissance est transmise à l’hélice par une pignonnerie qui baigne dans l’huile. Cette huile se change au même rythme, et Renaud insiste : si l’embase perd de l’huile, on pollue ; si de l’eau la remplace, les pignons tournent dans un liquide qui ne lubrifie plus rien. Pour le moteur avant et l’électronique, le choix du matériel compte : notre guide pour choisir un moteur électrique de bateau et notre test du Humminbird Mega Live 2 en parlent.

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La remorque : surveiller les roulements avant qu’ils ne lâchent

Les remorques actuelles, avec feux à LED et moyeux à bain d’huile, supportent très bien l’immersion. La pièce d’usure reste le roulement de roue, et Renaud fait une observation paradoxale : plus on roule, moins on le change. Celui qui a une mise à l’eau au bout de son jardin usera ses roulements plus vite que celui qui fait de la route, parce qu’un roulement qui tourne fait circuler sa graisse et se protège de la rouille.

Le contrôle prend deux minutes : remorque sur cric, une main de chaque côté de la roue, et on la fait bouger. Au moindre soupçon de jeu, on commande le kit de moyeu tout de suite, parce que selon les fabricants l’attente peut atteindre un mois. Attendre que la roue tremble, c’est risquer de casser sur la route un dimanche soir à une heure du matin au fin fond du Massif central, comme le résume Renaud.

Respecter son matériel : la sécurité à bord d’un bass boat

Garder l’attitude du débutant

Renaud le dit à ses clients avec une formule volontairement exagérée : il faut avoir un peu peur de son bateau. Un bass boat va vite, et une souche ou un banc de sable inconnu suffit à casser une hélice. Il cite son père, pilote d’avion : les accidents arrivent aux pilotes chevronnés, le débutant suit sa checklist même quand il sait que tout est en ordre. Après un échange d’anecdotes de chocs d’hélice, Renaud conclut avec une formule de marin pêcheur : ceux qui n’ont jamais d’accident en bateau, ce sont ceux qui ne sortent jamais et les menteurs.

Le gilet et le coupe-circuit

Renaud porte un gilet au minimum pendant les déplacements, et préfère les gilets en mousse aux gonflables ; il le laisse à la console, en position de conduite. Yann, qui pêche en mer, ne retire jamais le sien. Encore plus important : le coupe-circuit, la cordelette rouge reliée au poignet. Sans elle, un pilote qui tombe à l’eau voit son bateau tourner en rond autour de lui pendant des heures, impossible à fuir à la nage. L’oncle de Renaud, marin expérimenté, en a fait l’expérience avec un équipage aguerri : une vague à l’entrée du port, un appui raté, un homme à l’eau. Le gilet n’est pas réservé aux débutants.

Le bouchon de nable, l’oubli qui arrive à tout le monde

Renaud l’avoue : oublier le bouchon de nable lui arrive au moins une fois par an. Sur un bass boat tout est ponté, on ne voit rien venir jusqu’aux pieds mouillés, et contrairement à un aluminium à tableau arrière plat, le nable est généralement inaccessible. Il existe des nables commandés de l’intérieur par câble, montables après coup, mais Renaud les trouve rarement étanches. Et la pompe de cale ne gagne pas contre un nable ouvert : déjauger permet de vider par gravité, mais la vraie solution reste de retourner à la berge.

Les indispensables à garder dans son bateau

Au-delà de l’équipement obligatoire, que Renaud refuse de lister parce qu’il change avec le temps et d’un pays à l’autre, il garde trois objets qui lui ont rendu service des dizaines de fois.

Des lunettes de sécurité de chantier, d’abord. À une dizaine d’euros, elles sauvent les retours à la nuit tombante, quand il fait trop sombre pour les lunettes de soleil : un moustique dans l’œil à pleine vitesse n’a rien d’agréable, et les yeux pleurent dès qu’on accélère. Pour la journée, on reste sur de vraies lunettes polarisantes. Un ou deux ponchos de poche ensuite, pour la famille embarquée un dimanche sans équipement de pluie. Enfin, un grand parasol de pêche au coup : un orage d’été qui tombe en cascade pendant vingt minutes transperce le meilleur vêtement de pluie, alors qu’à l’abri on attend en grignotant. Par forte chaleur, dix minutes à l’ombre changent aussi la journée.

Yann en ajoute deux : une petite trousse de secours (antiseptique, pansements) et une pince coupante, parce que si un triple se plante dans un doigt et qu’il faut piloter pour rentrer, couper le leurre pour ne garder que l’hameçon change tout. Dans le même esprit, pas de pieds nus sur son bateau : il traîne toujours un hameçon quelque part.

Retirer un hameçon planté : la technique de la tresse

Renaud a utilisé cette technique après qu’un crankbait décroché d’une branche est revenu à pleine vitesse sur le dos de sa main. On passe un morceau de tresse assez long dans la courbure de l’hameçon, en double tour, puis on appuie sur l’œillet pour le plaquer contre la peau et on tire la tresse d’un coup sec, à plat, dans la direction opposée à la pointe, comme si on arrachait l’hameçon de la bouche d’un poisson. Renaud assure que c’est sans douleur. Il faut deux mains, donc de l’aide si c’est la vôtre qui est touchée.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Cette vidéo parle surtout de produits ménagers : aspirateur eau et poussière, vinaigre blanc, brosse souple, mousse à raser, lunettes de chantier, poncho et parasol de pêche au coup. Rien de tout cela ne se trouve dans un rayon pêche, et c’est bien le propos.

Trois choses relèvent du matériel de pêcheur. Pour la pince coupante de Yann, une pince à longs manches comme la pince coupante Fox Rage Side Cutters 28 cm coupe un triple sans forcer en gardant les doigts loin des pointes. Plus compacte, la gamme pinces Daiwa Prorex comprend une micro pince coupante de 11,4 cm qui se glisse dans la trousse de secours. Notre guide pour choisir une pince à long bec complète le sujet.

Pince coupante rouge et noire à longs manches Fox Rage Side Cutters
Une pince coupante solide : l’un des deux ajouts de Yann à la liste des indispensables du bateau.

Pour le gilet, Renaud préfère la mousse ; si vous optez pour un gonflable à porter en permanence, un modèle comme le gilet de sauvetage Crewsaver Crewfit 165N Sport (déclenchement manuel, sans harnais) reste discret en action de pêche.

Gilet de sauvetage gonflable Crewsaver Crewfit 165N Sport
Gilet en mousse ou gonflable, l’essentiel est de le porter dès que le bateau roule.

Enfin, le bateau. Renaud importe les Bass Cat, et le Bass Cat Pantera Classic illustre le genre de coque dont il parle : un bass boat compact aux performances d’un vingt pieds, pont avant de 2,30 m, coffre à cannes de 255 cm, jackplate de série, puissance conseillée de 150 à 200 ch, sur commande via Providence Boating. Pour débuter la pêche du black-bass, l’épisode avec Jean-Christophe David est un bon complément.

Bass boat Bass Cat Pantera Classic vu de profil sur sa remorque
Le Pantera Classic, un bass boat compact importé par Providence Boating.

Questions fréquentes

Comment nettoyer la moquette d’un bass boat ?

Laissez sécher, puis aspirez avec un aspirateur eau et poussière : cela règle la grande majorité des cas. Pour une tache, humidifiez, pulvérisez du vinaigre blanc dilué, brossez doucement, rincez et aspirez l’eau. Pour retrouver une moquette comme neuve, la mousse à raser premier prix fonctionne très bien. N’utilisez jamais de savon, impossible à rincer.

Peut-on utiliser un nettoyeur haute pression sur un bass boat ?

Mieux vaut l’éviter sur la moquette. Le jet retire une partie des produits qui imprègnent les fibres, et la moquette se compacte ensuite plus vite. Un pistolet au bout d’un tuyau d’arrosage suffit pour le grand nettoyage annuel, et la station de lavage convient pour la coque.

À quelle fréquence entretenir le moteur hors-bord d’un bass boat ?

Toutes les 100 heures ou une fois par an, le premier des deux atteint, et deux fois par an si vous naviguez beaucoup. La révision comprend l’huile moteur, le filtre à huile, le filtre à essence, le thermostat et, spécifique au hors-bord, l’huile d’embase, dont le remplacement est essentiel puisque cette partie est immergée.

Comment savoir si les roulements de la remorque sont à changer ?

Mettez la remorque sur cric, posez une main de chaque côté de la roue et faites-la bouger. Si elle est parfaitement solide, tout va bien. Au moindre jeu, commandez le kit de moyeu sans attendre : selon les fabricants, le délai peut atteindre un mois.

Un bass boat bien entretenu se revend-il bien ?

Oui, c’est tout l’argument de Renaud Theis : un bass boat entretenu décote très peu et peut se revendre à un prix proche de son prix d’achat, y compris lorsqu’il a été acheté d’occasion. L’acheteur regarde d’abord l’état de la moquette, du gelcoat et de l’ensemble, avant les heures moteur.

Pour aller plus loin

Un pulvérisateur de vinaigre, un aspirateur, une bombe de mousse à raser et un peu de discipline aux pieds : la recette de Renaud Theis tient en une phrase et vaut cher à la revente. Le reste, c’est un gilet, une cordelette rouge au poignet et un bouchon de nable qu’on vérifie deux fois. Dans la même veine, l’interview de Numa Marengo, dont Renaud égratigne les chaussures dans la vidéo, vaut le détour.

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Le matériel cité dans l'épisode

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Bateau

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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