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Brochet

Pêche du brochet à l’ouverture en rivière : la méthode rapide de Morgan Favard

Morgan Favard explique comment il prospecte une rivière à l'ouverture : bordures, végétation naissante, leurres de réaction ramenés vite et coloris flashy. Cinq familles de leurres et un débat sur les couleurs avec Yann.

10 min de lecture

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La pêche du brochet à l’ouverture en rivière pose toujours la même question : on part avec quoi, et on lance où ? L’eau est encore fraîche, souvent claire, la végétation commence à peine à repousser, et les poissons sortent de la fraie. Le réflexe habituel consiste à pêcher lentement, avec des pauses, parce qu’il fait froid. Morgan Favard fait exactement l’inverse.

Morgan pêche la Charente du bord et travaille chez Fox Rage. Dans cet épisode de La Grange de Tom Sawyer, il ouvre ses boîtes avec Yann et détaille sa méthode : prospecter vite, lancer des leurres de réaction en coloris flashy, ne pas s’attarder sur un poste. Cinq familles de leurres, deux ou trois lancers par spot, un chest pack et une pince. La vidéo ci-dessus montre tout ça en main ; l’article reprend la méthode dans l’ordre, postes puis leurres.

Pêche du brochet à l’ouverture en rivière : où chercher les poissons

Morgan décrit un contexte que l’on retrouve dans la plupart des rivières françaises à cette période : une eau transparente, pas encore chaude, et des brochets qui ont fini de frayer et qui, selon ses mots, « ont un peu la dalle ». Le poisson post-fraie a besoin de se refaire et il se cale là où la nourriture se concentre.

Ce qu’il cible en priorité, ce sont les premières pousses de végétation : potamots et nénuphars qui sortent, une branche immergée, tout ce qui au fond porte encore un peu d’herbe. La végétation naissante abrite les petits poissons, les petits poissons attirent les brochets. Dans une rivière encore nue, ces zones sont rares, donc faciles à repérer.

Yann ajoute les bras morts où les brochets remontent pour frayer : à l’ouverture, soit ils y sont encore, soit ils gravitent autour. Il les repère à l’avance sur une vue satellite.

Pêcher la bordure, pas le milieu

Morgan ne lance pas au milieu de la rivière. Il cherche la bordure, la structure : un herbier ou une branche, il lance dessus ou juste au-delà et ramène vers le large. Autre détail : en début de saison, il attaque d’abord la bordure qui prend les premières heures de soleil.

Prospecter une rivière à l’ouverture : la logique de la vitesse

C’est le cœur de la méthode de Morgan. À l’ouverture, il pêche vite. Il n’insiste pas sur un poste : cinq lancers, parfois deux ou trois, et il avance, avec des leurres qui déclenchent une attaque réflexe plutôt que des leurres à faire « travailler » longuement.

Son explication tient en une phrase : le brochet ne réfléchit pas. Quand quelque chose passe vite au-dessus de sa tête, son premier instinct est de le saisir, qu’il ait faim ou non. Le poisson suiveur qui vient voir deux fois sans prendre ? Morgan repasse plus vite, et il part dessus. Yann résume : on n’a pas faim, mais quand le paquet de bonbons passe, on en prend un.

Cette approche se discute, et Yann le dit lui-même : d’autres défendent une pêche plus lente en début de saison. Si vous préparez plutôt une ouverture en lac, la boîte de début de saison d’Arnaud Landrieu donne un point de vue complémentaire.

Les leurres de Morgan pour l’ouverture, dans l’ordre où il les sort

Morgan présente sa sélection dans l’ordre d’une matinée d’ouverture, de l’aube jusqu’au soleil haut.

Le jerk ou le slider : premier leurre de la journée

Il fait encore presque nuit. Morgan commence par un jerkbait de type slider, en coloris flashy, au-dessus des herbiers et sur les bras morts. Deux ou trois lancers par point, récupération rapide, et on avance. Il préfère les versions coulantes, qui pêchent un peu plus creux quand il le faut.

Yann complète avec sa propre boîte. Le Salmo Slider coulant se lance loin, ne s’abîme pas et il est silencieux, un vrai avantage sur les zones surpêchées. Le Westin Swim, petit, lourd mais qui coule peu, est un bel outil pour débuter au jerk. Le Buster Jerk reste la référence, avec le Buster Swim qui descend plus vite. Et pour les eaux françaises, Yann cite le Guppie junior, qu’il qualifie de redoutable.

Leurre dur Salmo Slider coulant de 10 cm, jerkbait silencieux pour le brochet
Le Salmo Slider coulant : lancer loin, ramener vite, passer au-dessus des herbiers.

Premier désaccord : le bruit. Morgan garde un jerk à billes qu’il passe en second sur une zone déjà pêchée au slider silencieux, pour « réveiller » les poissons. Yann ferait l’inverse : le bruiteur d’abord, le furtif ensuite quand le poste a vu passer trois ou quatre pêcheurs. Les deux prennent du poisson : ayez les deux dans la boîte.

Yann sort aussi le Salmo Fatso, difficile à classer : il se lance comme un missile et nage tout seul, en roulant sur lui-même plutôt qu’en glissant en S. Pour prospecter sans se poser de question d’animation, c’est une alternative sérieuse.

Spinnerbait et chatterbait : passer dans la végétation naissante

Deuxième famille : les leurres métalliques, réservés aux zones où l’herbe et les branches commencent juste à sortir. Un spinnerbait passe dedans sans s’accrocher. Et Morgan surplombe volontairement : modèle un peu plus lourd que nécessaire, il lance, compte une ou deux secondes sans forcément toucher le fond, et ramène vite. Ce leurre qui tombe puis repart déclenche l’interception.

Spinnerbait Fox Rage de 20 g à deux palettes feuille de saule
Le spinnerbait Fox Rage en 20 g : une tête plombée, deux palettes, et un passage propre dans les herbiers qui repoussent.

Sur les palettes, Yann cherche une Colorado devant et une willow derrière, par habitude. Morgan n’a pas de préférence pour le brochet, mais tient à une palette noire sans flash pour le black-bass. Côté chatterbait, Yann donne son montage pour les canaux et rivières : dans 1,50 m d’eau, une tête de 20 g environ et un shad de 15 cm derrière. Pour creuser, le guide chatterbait et spinnerbait pour les carnassiers détaille les montages.

Le gros shad articulé quand le soleil monte

Quand la matinée avance et que les poissons descendent un peu, Morgan passe au shad, et plus précisément au Replicant articulé. En rivière, il reste sur du 18 cm, 20 cm au maximum. Les gros formats, il les réserve à l’automne, quand les brochets font du gras avant l’hiver ; en été, il descend même vers 15 cm. À l’ouverture, un leurre moyen pêché vite fait selon lui plus de touches qu’un monstre pêché lentement.

Leurre souple Fox Rage Jointed Replicant de 20 cm, shad articulé pour le brochet
Le Jointed Replicant en 20 cm : la taille maximale que Morgan sort en rivière à l’ouverture.

Il l’assume : son but, c’est de faire des touches, pas de lancer un leurre de 40 cm pendant cinq heures pour une seule attaque. Deux astuces de Morgan sur le shad. D’abord il surplombe, encore : un Replicant 18 lourdement lesté dans deux mètres d’eau ne le dérange pas, parce qu’il ramène vite. Ensuite, il retire parfois le triple ventral : il ne reste que la plombée interne et l’hameçon dorsal, le leurre passe au-dessus des herbiers sans accrocher et tient toujours le poisson. Un épisode entier avec Sylvain Legendre est consacré à ce leurre, et le guide technique du Replicant sur pesketaer en fait le tour.

La grosse virgule en texan à palette

Dernier leurre, et le seul gros volume que Morgan sort à l’ouverture : une grande virgule souple de type anguille. Imposante, mais elle brasse très peu d’eau. Il la monte en texan avec une palette sous l’hameçon : le texan passe entre les branches sans accrocher, la palette ajoute un signal sous le leurre. C’est le seul leurre de sa sélection qu’il pêche un peu plus lentement.

Dans le même esprit, il aime les shads à palette, queue coupée et palette fixée derrière, ou palette vissée sous le ventre : à l’ouverture, un peu de brillant sous un leurre souple fait la différence. Pour les amateurs de poils, Yann signale le Crazy Rabbit de Bim Tackle.

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Flashy ou naturel : le débat des couleurs

Les deux boîtes posées sur la table ne se ressemblent pas. Celle de Morgan est jaune, verte, fluo. Celle de Yann est brochet, gardon, perche, avec une touche de jaune ici et là. Et pourtant, tous deux pêchent des eaux claires.

Morgan assume le flashy, surtout en eau transparente. Le jaune, pour le brochet comme pour la truite en début de saison, lui paraît indispensable : un flash que le poisson repère de loin. Yann s’y met depuis quelques années, mais son réflexe reste le naturel, un leurre qui ne se voit pas trop, puisque les poissons sont, eux, de la couleur de l’eau. Même sur le Replicant, il choisit le coloris le moins criard, dos noir et flancs brillants.

La leçon n’est pas qu’une approche a raison : la couleur relève beaucoup de l’habitude et de la confiance. Si vous n’avez jamais essayé le jaune flashy en eau claire, testez. Et si vous débutez, les meilleurs leurres pour débuter le brochet donnent une base saine.

Le matériel utilisé dans l’épisode

Morgan part avec deux cannes, ou une seule canne à tout faire : une Fox Rage de la gamme TR en 20 à 90 g. Elle lance les jerks de type Salmo, un Replicant 18 passe, un Replicant 15 passe largement, un chatterbait de 20 g avec son shad aussi. Il précise qu’une vraie canne à tout faire n’existe pas et qu’on galère toujours à un bout de la plage, mais qu’on pêche propre avec. Pour choisir dans cette gamme de puissance, le comparatif des meilleures cannes à brochet vous aidera.

Sur le bas de ligne, les deux sont d’accord : en pêche de réaction, ils ne se prennent plus la tête. Morgan monte tresse et bas de ligne solide, point. Yann a longtemps passé deux heures sur des montages discrets pour finir par les casser, et il est passé à l’acier ou au titane sur ses pêches au jerk. Moins de casse, moins de nœuds, et un leurre qui passe à pleine vitesse ne laisse pas au brochet le temps d’examiner le montage. Pour choisir en connaissance de cause, le guide pour choisir son bas de ligne à brochet compare les options.

Les leurres cités sont liés dans le corps de l’article, au moment où chacun entre en scène. Pour les repères : le Salmo Slider coulant en 10 cm pèse 46 g, le Buster Jerk 15 cm 75 g, le Westin Swim 8 cm 19 g, le Guppie Tail Junior 70 g, le spinnerbait Fox Rage 20 g et le Jointed Replicant 20 cm 120 g.

Questions fréquentes

Quel leurre pour le brochet à l’ouverture en rivière ?

Dans l’épisode, Morgan Favard commence par un jerkbait de type slider en coloris flashy, passé vite au-dessus des herbiers. Il enchaîne avec un spinnerbait ou un chatterbait dans la végétation naissante, puis un shad articulé de 18 à 20 cm quand le soleil monte. Le point commun : des leurres de réaction, ramenés rapidement, sur des postes précis.

Faut-il pêcher lentement le brochet à l’ouverture ?

Pas forcément. C’est la pratique courante parce que l’eau est encore fraîche, mais Morgan fait l’inverse en rivière claire du bord : il pêche vite, insiste peu et compte sur l’instinct du brochet qui saisit ce qui passe rapidement au-dessus de lui. Les deux approches prennent du poisson ; l’important est de tester les deux sur une même sortie.

Où trouver les brochets juste après la fraie en rivière ?

Autour de la végétation qui commence à repousser (potamots, nénuphars), des branches immergées et des zones de fond encore herbeuses, parce que c’est là que se tiennent les petits poissons. Les bras morts et annexes où les brochets ont frayé sont aussi à prospecter en priorité, ainsi que les bordures ensoleillées en début de journée.

Quelle couleur de leurre pour le brochet en eau claire au printemps ?

Morgan privilégie des coloris très flashy, jaune et vert fluo, même en eau transparente, parce que le flash se repère de loin et déclenche des attaques réflexes. Yann préfère des coloris naturels (gardon, perche, brochet). Les deux prennent du poisson : la couleur relève autant de l’habitude que de la règle, et le jaune mérite au moins un essai.

Quelle canne pour prospecter le brochet du bord à l’ouverture ?

Une canne polyvalente d’environ 20 à 90 g couvre l’essentiel de la sélection de Morgan : jerks lourds, spinnerbaits, chatterbaits avec shad et Replicant jusqu’à 18 cm. Il part avec une ou deux cannes, un chest pack, deux boîtes et une pince, parce que sa méthode repose sur la marche et le nombre de postes couverts.

Pour aller plus loin

La méthode de Morgan tient en trois mots : bordures, vitesse, flash. Elle ne remplace pas la pêche lente que d’autres défendent en début de saison, mais pour une ouverture elle fait couvrir du terrain et comprendre vite où se tiennent les poissons. Regardez l’épisode pour voir les leurres en main, puis allez vérifier sur votre rivière.

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Le matériel cité dans l'épisode

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Technique

Par yann

Yann Nabusset pêche depuis toujours, des rivières normandes aux destinations lointaines. Il anime Tous des Tom Sawyer, le podcast qui raconte la pêche française par ceux qui la font.

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